Ce qui est le plus im­por­tant…

Stylist - - Edito - Par Cé­line Mollet

… c’est ce qui est écrit en mi­nus­cule

EN MI­NUS­CULE

Vous êtes de ces es­prits in­sou­ciants qui se fé­li­citent de ne ja­mais lire ni pack ni no­tice ? Grosse er­reur.

ULA NO­TICE

Vous avez dé­jà es­sayé de mon­ter un meuble Ikea sans lire le mode d’em­ploi ? Bien sûr que oui. Et vous vous rap­pe­lez très bien com­ment ça s’est (mal) ter­mi­né.

C’est où : par­fois sur le tube, par­fois sur le pot, mais elle est le plus sou­vent im­pri­mée à l’in­té­rieur des boîtes ou sur un li­vret à part. Pour la trou­ver, cher­chez un lo­go re­pré­sen­tant une main et un livre ou­vert.

C’est quoi : un mode d’em­ploi, qui dé­crit com­ment, quand et à quelle fré­quence uti­li­ser le pro­duit concer­né. La no­tice in­dique aus­si les pré­cau­tions d’usage, par exemple le fait que cer­taines sub­stances comme le to­luène doivent être te­nues hors de por­tée des en­fants ou que cer­tains aé­ro­sols conte­nant du gaz pro­pul­seur doivent être éloi­gnés des sources de cha­leur ou des flammes.

Ça sert à quoi : à com­prendre le fonc­tion­ne­ment du pro­duit que vous ve­nez d’ache­ter. Ça a l’air bête oui, pour­tant c’est la moindre des po­li­tesses. En plus, c’est éga­le­ment là que vous trou­ve­rez les co­or­don­nées du ser­vice client si ja­mais vous vou­liez les contac­ter pour pleur­ni­cher (ce qui ne de­vrait pas ar­ri­ver si vous li­sez ce pa­pier jus­qu’au bout). Pour­quoi c’est im­por­tant : parce que c’est là qu’on vous dira la vé­ri­té sur les ver­tus de la for­mule. En ef­fet, si elles sont ré­di­gées par les ser­vices mar­ke­ting, elles sont en­suite re­lues par les ser­vices ju­ri­diques. Sous-texte : chaque fait im­pri­mé doit pou­voir être prou­vé. Et peu im­porte l’en­droit où vous ache­tez votre soin, la no­tice – et donc les pré­cau­tions d’usage – est tou­jours tra­duite dans dif­fé­rentes langues.

Entre les lignes : si vous voyez les mots « évi­ter l’ex­po­si­tion au so­leil », com­pre­nez : « ne vous ex­po­sez sur­tout pas au so­leil mal­heu­reuse, non mais vous êtes folle ou quoi ? ». Ça veut dire que cer­tains ac­tifs sont pho­to­sen­si­bi­li­sants, comme le ré­ti­nol, cer­taines huiles es­sen­tielles (celles de ci­tron vert ou de cé­le­ri, par exemple), ou cer­tains ex­traits vé­gé­taux no­tam­ment de mille­per­tuis ou d’an­gé­lique. Si votre soin en contient, sor­tez cou­verte d’un SPF 50 PA+++ pour li­mi­ter les risques de pro­blèmes pig­men­taires.

Post-it men­tal : « Sur une no­tice, il ne peut pas y avoir de claim men­son­ger », Jean-claude Le Jo­liff, pré­sident de la Cos­mé­to­thèque.

L’IN­TER­NA­TIO­NAL NOMENCLATU­RE

Une re­cette de cui­sine cos­mé­tique, in­dis­pen­sable pour les cy­niques et les al­ler­giques.

C’est où : sur la boîte en car­ton, vous sa­vez, celle que vous je­tez im­mé­dia­te­ment sans ja­mais la re­gar­der. Pour les for­mats trop pe­tits, comme un crayon ou un rouge à lèvres, elle peut être in­sé­rée sur une éti­quette (vous sa­vez, celle que vous… Oui, c’est bon, on a com­pris là).

C’est quoi : four­nie par les for­mu­la­teurs, l’in­ter­na­tio­nal Nomenclatu­re of Cos­me­tics In­gre­dients (INCI) liste les in­gré­dients qui com­posent le pro­duit. Elle est obli­ga­toire en Eu­rope de­puis la fin des 90’s.

Ça sert à quoi : hmmm… À pas grand-chose, si ce n’est d’iden­ti­fier les 26 al­ler­gènes lis­tés par l’union eu­ro­péenne. Aux États-unis, le Personal Care Pro­ducts Coun­cil (la fé­dé­ra­tion des industries cos­mé­tiques amé­ri­caines) re­met à jour cette liste ré­gu­liè­re­ment. Ici, la ré­pres­sion des fraudes et l’agence na­tio­nale de sé­cu­ri­té du mé­di­ca­ment et des pro­duits de san­té peuvent contrô­ler les INCIS fi­gu­rant sur chaque pro­duit.

Pour­quoi c’est im­por­tant : parce qu’en la li­sant, vous choi­si­rez ce que vous ache­tez en connais­sance de cause. L’INCI ré­per­to­rie ses ac­tifs dans un ordre dé­crois­sant : de l’ac­tif en plus grande concen­tra­tion à ce­lui dont la pré­sence est une po­li­tesse for­mu­la­toire. Le soin que vous convoi­tez peut bâ­tir tout son claim au­tour d’un in­gré­dient phare… Qui n’ar­ri­ve­rait qu’en mi­lieu ou en fin de liste. At­ten­tion, pour pro­té­ger une for­mule de la concur­rence, les élé­ments dont la te­neur est in­fé­rieure à 1 % ap­pa­raissent dans un ordre to­ta­le­ment aléa­toire. Il existe des cas par­ti­cu­liers : un seul nom peut par­fois dé­si­gner plu­sieurs in­gré­dients (c’est sou­vent le cas pour les par­fums) et à l’in­verse un ac­tif peut être dé­com­po­sé en plu­sieurs dé­no­mi­na­tions, comme les pig­ments

“Le soin peut bâ­tir son claim au­tour d’un in­gré­dient phare qui n’ar­ri­ve­rait qu’en fin de liste”

en­ro­bés (le pig­ment est alors as­so­cié à ses trois ou quatre en­ro­bages). Entre les lignes :

puisque rien n’est simple, les mots uti­li­sés sont sou­vent en la­tin ou en an­glais et vous êtes à peine aus­si fluent que Google Tra­duc­tion (non, ce n’est pas un com­pli­ment). La men­tion « cas­tor oil » ne si­gni­fie donc pas huile de cas­tor mais huile de ri­cin. Le « ce­tyl al­co­hol » est un al­cool gras qui n’a rien à voir avec de l’al­cool. Le « stea­ric acid » n’est pas un acide mais un sta­bi­li­sa­teur ou un épais­sis­sant. Té­lé­char­gez les app Clean Beau­ty, qui scanne et dé­crypte les INCI, ou Cos­me­thic, qui dé­tecte les dé­ri­vés de sub­stances ani­males pour celles qui ne jurent que par le ve­gan. Post-it men­tal :

« Pré­fé­rez les for­mules avec des listes courtes et com­men­cez tou­jours votre lec­ture par la fin car les sub­stances al­ler­gènes sont très sou­vent uti­li­sées en faible quan­ti­té », Cy­rille Te­linge.

une cer­ti­fi­ca­tion, bio avec le la­bel Cos­mos par exemple. Cer­tains sont obli­ga­toires, no­tam­ment le pot ou­vert qui in­dique la du­rée d’uti­li­sa­tion après ou­ver­ture. D’autres fa­cul­ta­tifs, comme le pe­tit la­pin qui té­moigne d’une for­mule cruel­ty­free, non tes­tée sur les ani­maux. Ça sert à quoi :

à com­prendre en un re­gard à quel pro­duit vous avez à faire. Pour­quoi c’est im­por­tant : pour sa­voir ce que vous ache­tez et com­ment l’uti­li­ser. Un sa­blier in­dique la conser­va­tion du pro­duit avant ou­ver­ture. Une main sur un livre, qu’il y a des pré­cau­tions spé­ci­fiques in­di­quées sur une no­tice.

Entre les lignes : la date de pé­remp­tion après ou­ver­ture (le pot ou­vert, donc) n’est pas in­di­quée sur les condi­tion­ne­ments en spray, les for­mules sans risque de dé­té­rio­ra­tion et sur celles pos­sé­dant une date li­mite d’uti­li­sa­tion. Cette der­nière doit être clai­re­ment si­gni­fiée si elle est in­fé­rieure à trente mois par la men­tion « à uti­li­ser de pré­fé­rence avant… ». No­tez la date d’ou­ver­ture au feutre in­dé­lé­bile sur les packs des pro­duits que vous n’uti­li­sez pas quo­ti­dien­ne­ment, par exemple des scrubs et des masques. En ef­fet, cer­tains d’entre eux se pé­riment au bout de trois, six ou douze mois. Pour les adeptes du bio et du na­tu­rel, il n’y a pas que le lo­go de Cos­mos. Il existe aus­si l’al­le­mand Na­true et son pro­fil de vi­sage de femme. Et pour les ve­gans, il y a le rec­tangle EVE fran­çais et le cercle por­tant la men­tion ve­gan en Suisse, au Royaume-uni et aux États-unis.

Post-it men­tal : « En plus de tous ces lo­gos, chaque pro­duit pos­sède un nu­mé­ro de lot de fa­bri­ca­tion, in­dis­pen­sable en cas de rap­pel de for­mule », Jean-claude Le Jo­liff.

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