SÉ­RIE GARE AU GORILLE

Faut-il rire ou pleu­rer du de­li­rium to­ta­li­taire nord­co­réen ? La ré­ponse est dans Kim Kong (en­fin la ques­tion en tout cas).

Stylist - - Culture -

Avec ce titre en forme de jeu de mot dé­bile, on pour­rait croire à une vaste blague. Le pitch : Ma­thieu Stan­nis, un si­mi­li Luc Besson (Jo­na­than Lam­bert), est en­le­vé par le dic­ta­teur de la Corée du Nord. Pri­son­nier, il doit réa­li­ser sur place le plus grand film à la gloire du pays, un re­make com­mu­niste de King Kong. Ab­surde ? Pas vrai­ment quand on sait qu’à quelques dé­tails près, tout est vrai. En 1978, l’ac­trice Choi Eun-hee et le réa­li­sa­teur Shin Sang-ok, stars de la Corée du Sud, ont bel et bien été en­le­vés par Kim Jong-il dans le but for­cé de fon­der l’hol­ly­wood nord-co­réen (jus­qu’à leur fuite, in­es­pé­rée, dix ans après). De cet évé­ne­ment gla­çant, la sé­rie tire une mé­di­ta­tion tra­gi-co­mique, li­mite ca­far­deuse, sur la perte de sens de notre époque et l’art comme seul re­fuge. À croire qu’à l’image de Na­palm (do­cu de Claude Lanz­mann sur ses sé­jours là-bas en 1958 et 2015, en salles cette se­maine), l’ima­ge­rie nord-co­réenne pro­duit à l’écran une cu­rieuse fas­ci­na­tion du pire, une ten­ta­tion ni­hi­liste de la perte d’ego et de libre-ar­bitre, rat­tra­pée in ex­tre­mis par l’hor­reur des faits. Der­rière le kitsch du folk­lore, la ter­reur. R.C. Kim Kong de Ste­phen Ca­fie­ro avec Jo­na­than Lam­bert, Fré­dé­ric Chau, Au­drey Gia­co­mi­ni, 3 épi­sodes de 52 min., dif­fu­sion in­té­grale sur Arte le 14 sep­tembre à par­tir de 20 h 55.

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