Le crime par­fait de Ger­ma­nier

Ce n’est pas parce qu’on connaît dé­jà le cou­pable qu’il ne faut pas en­quê­ter

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Mel­vin Zöl­ler. « C’est ma deuxième paire de mains. Mon amie suisse Lau­ra qui fait aus­si par­tie de l’équipe me l’a pré­sen­té et il est de­ve­nu em­ployé. Mais je n’aime pas trop ce terme. Ger­ma­nier, c’est d’abord une team. On avance en­semble et j’aime à croire que tout le monde est au même ni­veau.» Ger­ma­nier re­dé­fi­nit les codes de l’es­thé­tique sus­tai­nable et pro­pose, grâce à l’up­cy­cling et la ré­cu­pé­ra­tion, des vê­te­ments fé­mi­nins et élé­gants éla­bo­rés à base de ma­tières des­ti­nées à la des­truc­tion (perles, ro­cailles, tulle, co­ton, base de chaus­sures).

Une femme ci­ta­dine au look so­phis­ti­qué et à

la conscience éco­lo­gique dé­ve­lop­pée, qui est là pour prou­ver que quand on veut por­ter de la mode sus­tai­nable, on n’est pas obli­gé de res­sem­bler à un vase en cé­ra­mique re­cou­vert de ma­cra­mé. Le genre de fille qui connaît l’histoire de la mode, res­pecte le pas­sé (haute cou­ture), est consciente du pré­sent (fast-fa­shion) mais vit dé­jà dans le tur­fu (fast-cou­ture). Pas l’time ! Ke­vin Ger­ma­nier, 26 ans. D’ori­gine suisse, le créa­teur, tou­jours pas­sion­née à l’idée de dé­ve­lop­per une mode du­rable, élé­gante et éla­bo­rée, est pas­sé par l’école de mode Cen­tral Saint Mar­tins à Londres.

« La tête dans les nuages : c’est une salle de vi­deo-ga­ming à Pa­ris. J’y vais pour jouer à The

Dancing Ma­chine. Ça pa­raît un peu naïf mais ça colle éga­le­ment à mon univers di­gi­tal et fu­tu­riste. » Et si Ke­vin avait in­ven­té le meilleur cross-over du siècle en mé­lan­geant Pro­ject Run­way et Danse avec les Stars ? LES AVEUX « Ma jour­née type, c'est prendre une douche, ap­pe­ler ma mère, boire un grand va­nilla latte ex­tra shot, man­ger un crois­sant, et après c’est la sur­prise. Je lis mes mails et fais en en fonc­tion : je pense que quand on tra­vaille dans la mode, il faut être ex­trê­me­ment flexible et sa­voir s’adap­ter à n’im­porte quelle si­tua­tion.» Le Cur­ry Tux, comme le nomme avec hu­mour la team Ger­ma­nier : un en­semble com­po­sé d’une veste tailleur homme cin­trée à la taille et d’une mi­ni-jupe, com­plè­te­ment bro­dé de perles prin­ci­pa­le­ment jaunes, blanches et argent. « Ger­ma­nier est une marque sus­tai­nable. De ce fait, mon ins­pi­ra­tion prin­ci­pale part tou­jours des res­sources que j’ai à dis­po­si­tion, des li­mites qu’elles m’im­posent et des com­pro­mis qui en dé­coulent. Ça me convient car j’adore trou­ver des solutions aux pro­blèmes.» Oui, les pro­blèmes, y en a as­sez !

En­core étu­diant, Ke­vin Ger­ma­nier rem­porte le Eco­chic De­si­gn Award 2014/15

Cette an­née, la marque est sé­lec­tion­née par­mi les quatre fi­na­listes pour le prix de L’ANDAM 2019 du la­bel créa­tif.

Grande fan de Ger­ma­nier, Björk s'est fait ha­biller par la marque pour la po­chette de son der­nier al­bum et pour son concert à We Love Green.

Dès la ren­trée, la marque se­ra ven­due en ex­clu­si­vi­té sur mat­ches­fa­shion.com LE LIEU DU CRIME « Dans mon stu­dio à Pa­ris dans le 4e ar­ron­dis­se­ment. C’est un lieu confor­table, mo­deste. J’aime tra­vailler dans un en­droit as­sez neutre, ce­la m’aide à me concen­trer sur les vê­te­ments uni­que­ment et à ne pas me lais­ser me dis­traire.»

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