FILM BAS LES MASQUES

Lel­louche pousse le star-sys­tem mas­cu­lin dans une pis­cine et, sur­prise, il flotte.

Stylist - - Culture -

Elle est loin, l’image d’icône GQ de Gilles Lel­louche, barbe gri­son­nante de six jours, cos­tard ha­bi­le­ment frois­sé en sor­tie de Mon­ta­na (le night-club des hommes, des vrais, aper­çu en in­tro des Pe­tits mou­choirs). Elle avait at­teint son cli­max en 2012, dans le com­pa­gnon­nage de Jean Du­jar­din qui par­ta­geait l’af­fiche des In­fi­dèles, avec à la clé une pe­tite po­lé­mique pour pos­ters in­dé­cents. Elle se trouve au­jourd’hui une sorte d’au­to-droit de ré­ponse : dif­fi­cile de ne pas voir dans Le Grand Bain, et sa pho­to de groupe de la crise qua­dra, une en­vie de lâ­cher le pa­nache vi­ri­liste pour ex­plo­rer l’op­po­sé, et ex­po­ser ses fai­blesses. Sept mâles dé­ca­tis trompent leur haine d’eux-mêmes en s’es­sayant à la na­ta­tion syn­chro­ni­sée. L’ef­fet de sketch bur­lesque est im­mé­diat : be­daines poi­lues et ruis­se­lantes, fi­gures mal­adroites. L’ef­fet de co­mé­die dé­pres­sive l’est tout au­tant, car Lel­louche y va fort. Ca­net, Poel­voorde, Amalric flirtent avec la pure fo­lie, et le film nous em­mène dans des ter­ri­toires pro­fon­dé­ment dé­ran­gés ; par­fois avec dou­leur, mais tou­jours avec à l’es­prit une ma­nière de tout gué­rir, ce qui pour­rait bien le his­ser au rang de feel good mo­vie de la fin d’an­née. Si suc­cès il y a, pour­ra-t-on es­pé­rer une suite dans la GRS, seul autre sport olym­pique ré­ser­vé aux femmes ? Hâte de voir Amalric ma­nier le cer­ceau. T.R. Le Grand Bain de Gilles Lel­louche avec Ma­thieu Amalric, Guillaume Ca­net, 1 h 58.

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