RO­MAN BÉATIFIÉ

Pêche et bow­ling : le plus à la coule des potes de Ke­rouac est ve­nu avec sa Beat ge­ne­ra­tion et son cou­teau.

Stylist - - Culture -

Large mous­tache, sou­rire ai­mable, yeux pé­tillants, des titres qui sentent les di­manches pei­nards : La Pêche à la mouche en Amé­rique, Willard et ses tro­phées de bow­ling… à cô­té des chiens fous de la Beat ge­ne­ra­tion, Ri­chard Brau­ti­gan semble bien sage. Moins connu en France que ses ca­ma­rades, le poète et ro­man­cier n’en est pas moins, comme eux, un mo­dèle d’in­dis­ci­pline qui ac­cor­da sa voix au chaos dé­man­geant l’amé­rique pro­prette des an­nées 50 et 60. Sous ses titres pla­cides (et ils ne le sont pas tou­jours : L’avor­te­ment, une his­toire ro­ma­nesque), c’est un orage qui couve. C’est le cas de Un gé­né­ral

su­diste de Big Sur qui, après une sé­rie d’évé­ne­ments far­fe­lus, hé­site à s’ache­ver et pro­pose trois fins dif­fé­rentes. Ou alors,

Un pri­vé à Ba­by­lone et son hé­ros, dé­tec­tive à San Fran­cis­co, as­sailli par des rê­ve­ries qui le trans­portent dans la ci­té an­tique. Même chose avec Re­tom­bées de

som­bre­ro, dont une par­tie de l’his­toire se si­tue dans la pou­belle où un hu­mo­riste a je­té les pre­mières pages d’un ro­man qui conti­nue de s’écrire sans lui. Vous ne tien­drez ja­mais un seul ro­man de Brau­ti­gan dans les mains : cha­cun de ses livres en contient plu­sieurs. Les édi­tions Bour­gois n’ar­rangent rien en en re­pu­bliant trois d’un coup. P.-E.P

Un gé­né­ral su­diste de Big Sur, Un pri­vé à Ba­by­lone, Re­tom­bées de som­bre­ro de Ri­chard Brau­ti­gan, trad. de l’an­glais (États-unis) par Marc Ché­ne­tier et Ro­bert Pé­pin, éd. Bour­gois.

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