KATE SANS FIN

La slam­meuse an­glaise dé­gaine un nou­veau ta­lent par an : vi­ve­ment 2020 et son expo de sculp­ture sur glace.

Stylist - - Culture - A.J.-C.

C’était en 2014, à l’oc­ca­sion de la sor­tie d’eve­ry­bo­dy Down, son pre­mier album, que le pu­blic fran­çais dé­cou­vrait Kate

Tem­pest, la reine mère du spo­ken-word lon­do­nien. Avec sa bouille d’ange et ses boucles blondes, elle slam­mait tout le tra­gique des illu­sions per­dues et de la so­li­tude des grandes villes. Un autre album, trois re­cueils de poé­sie et

un ro­man plus tard, l’his­toire a ten­dance à ou­blier qu’à ses dé­buts, la poé­tesse s’était

aus­si es­sayée au théâtre. Mis en scène par Ga­briel Du­fay, Fra­cas­sés (Was­ted en VO) dé­cline les thèmes de pré­di­lec­tion de Kate Tem­pest : la dou­lou­reuse sor­tie de l’ado­les­cence, les rêves bri­sés et la rage de ré­en­chan­ter le monde cy­nique qui nous est li­vré comme al­lant de soi. Dix ans après la mort de l’un d’entre eux.elles, trois ami.e.s se re­trouvent. La ville qui avait été le té­moin de tous leurs désirs de gran­deur a chan­gé de vi­sage et ne leur ren­voie plus que le mi­roir dé­for­mé de leur pe­ti­tesse. Dans une scé­no­gra­phie vo­lon­tai­re­ment sobre, quelques éclats de néons en si­rène et un usage mi­ni­mal de la vi­déo, une mu­sique lan­ci­nante et des corps en bra­sier : un écrin par­fait à la puis­sance du verbe.

Fra­cas­sés de Kate Tem­pest, mis en scène par Ga­briel Du­fay, du 11 au 15 décembre à la Grande Halle de la Villette.

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