LE MÂLE DU SIÈCLE

Stylist - - Le Gb -

Le point com­mun entre Ch­ris­tiane Tau­bi­ra et Se­re­na Williams ? Pas seule­ment leur cha­risme, mais aus­si le fait qu’elles se re­trouvent cette an­née dans la sé­lec­tion des « hommes de l’an­née » des GQ fran­çais et amé­ri­cans, res­pec­ti­ve­ment. Ar­tre­view et Ya­hoo In­dia ont aus­si en­freint leurs propres règles et fait de la place dans leur clas­se­ment des per­son­na­li­tés in­fluentes de l’an­née pour Me­too en tant que mou­ve­ment, tan­dis que Time Ma­ga­zine vient de ré­com­pen­ser – en plus du pre­mier mort de son his­toire, le jour­na­liste as­sas­si­né Ja­mal Kha­shog­gi – l’en­semble des « guar­dians » de la li­ber­té de la presse. Est-ce la fin de l’homme de l’an­née ? Pour Mark Cris­pin Miller, pro­fes­seur de mé­dia et com­mu­ni­ca­tion à l’uni­ver­si­té de New York, « cette tra­di­tion des clas­se­ments d’in­fluence se ré­sume en un seul pa­ra­doxe : ce­lui d’être un concept sou­vent cen­tré sur les hommes et donc au­jourd’hui dé­pas­sé, et en même temps un for­mat par­fait pour le Web, puisque les listes sont le graal du click­bait. Ain­si, les ma­ga­zines ont gar­dé le prin­cipe du clas­se­ment sans y ré­pondre de ma­nière lit­té­rale. Ça a l’air d’une bonne nou­velle mais ce genre d’ini­tia­tive ne donne qu’une im­pres­sion de pro­gres­sisme. » Pour­quoi ? « Parce que ces clas­se­ments sont le fruit des opi­nions des per­sonnes qui en sont à l’ori­gine, et ne re­pré­sentent pas for­cé­ment la réa­li­té des évo­lu­tions so­ciales. On peut pen­ser que ces choix non conven­tion­nels sont faits pour des rai­sons de mar­ke­ting, dans l’es­poir d’at­ti­rer le lec­to­rat. »

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