RO­MAN TORTUE GÉNIALE

À la té­lé comme en bou­quins, le pré­nom Phoebe est dé­ci­dé­ment rat­ta­ché à la fo­lie.

Stylist - - Culture -

U

n crâne à la main, Ham­let contemple les ver­tiges de l’exis­tence. Une tortue morte dans la paume, le nar­ra­teur du nou­veau livre d’éric Che­vil­lard en fait au­tant. Ou presque. Car rien n’est ja­mais très sé­rieux chez cet au­teur. À com­men­cer par le sé­rieux même. Dans L’ex­plo­sion de la tortue, un homme re­trouve à son re­tour de va­cances sa tortue ago­ni­sante. La mo­ri­bonde ins­pire à Éric Che­vil­lard une suite de mé­di­ta­tions

dé­so­pi­lantes. De di­gres­sions en di­va­ga­tions, le des­tin de Phoebe (le pré­nom du rep­tile) se lie à ce­lui de Louis-constan­tin No­vat,

écri­vain du XIXE siècle tom­bé dans l’ou­bli et dont notre pro­ta­go­niste se trouve être l’unique spé­cia­liste. Un ca­davre de tortue dans une main, un livre d’un ro­man­cier mé­diocre dans l’autre : le voi­ci pé­ro­rant sur la fi­ni­tude de toute vie, tout en tra­vaillant pour la pos­té­ri­té d’un écri­vaillon. Cher­chez l’er­reur… Com­plè­te­ment bar­ré, L’ex­plo­sion de la tortue est, de loin, le ro­man le plus drôle de cette ren­trée hi­ver­nale – on di­rait à mou­rir de rire, si ce­la ne man­quait de res­pect à la pauvre Phoebe. P.-É.P. L’ex­plo­sion de la tortue d'éric Che­vil­lard, éd. de Mi­nuit, 256 p., 18,50 €, dès le 3 jan­vier.

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