À fond la forme “JE PENSE QUE C’EST BRILLANT, PARCE QUE JE NE L’AI PAS LU !”

Stylist - - Sommaire - Joa­chim Ron­cin Di­rec­teur Ar­tis­tique

C e mo­ment de l’an­née où il m’in­combe d’écrire l’édi­to, comme un ca­deau de Noël pour vous chers lec­teurs. Je ne suis pas sûr de vous sa­tis­faire to­ta­le­ment. Était-ce vrai­ment né­ces­saire que je me donne ce mal ? Es­sen­tiel de me pous­ser à écrire quelque chose ? On me dit que oui, c’est main­te­nant une « tra­di­tion ». On me vend presque que cet édi­to est at­ten­du. Non clai­re­ment, per­sonne ne tré­pigne, même pas ma mère qui ne sait tou­jours pas où trou­ver le ma­ga­zine, en­core moins ma fille qui ne sait pas en­core lire. Alors voi­là, j’ignore pour­quoi j’écris, « je jette une bou­teille à la mer » comme chan­tait Nou­ga­ro (pour les plus jeunes, mer­ci d’an­nu­ler et rem­pla­cer par So­pra­no). Di­sons que j’écris pour l’in­con­nu (et ça tombe plu­tôt pas mal, parce que, in­croyable ! c’est la thé­ma­tique de ce nu­mé­ro spé­cial illus­tra­tion). J’ai honte. Je pique la place de quel­qu’un qui a cer­tai­ne­ment des choses cent fois plus im­por­tantes à dire. Ce qui est dingue, c’est que j’écris ça pour des in­con­nus et que ma ré­dac­trice en chef ne sait rien de ce que j’écris et pense sin­cè­re­ment que je vais ba­lan­cer un truc chan­mé qui mé­rite d’être pu­blié. Je vous ras­sure, le reste du ma­ga­zine n’est pas comme ça. C’est brillant, en­fin, je pense que c’est brillant, parce que je ne l’ai pas lu. En­core une zone in­con­nue. Mais quoi de mieux que de par­tir à la re­cherche de ce qu’on ne connaît pas (p. 40). Même si, réel­le­ment, on ne connaît rien. Fi­na­le­ment je ne sais rien. La seule chose que je sais, c’est que je n’ai rien à dire. Je brode ? D’un point de vue lit­té­raire cer­tai­ne­ment, d’un point de vue gra­phique, je crée un beau gris qui donne de la consis­tance à la page, parce que hor­mis es­sayer de dé­mon­trer que la forme est aus­si im­por­tante que le fond, et que, j’es­père ne pas vous avoir per­du en route, au fond, je suis meilleur sur la forme. Clai­re­ment. Mais cette page avec ce texte qui n’existe que pour lui don­ner de la conte­nance for­melle, se­rait bien dé­mu­nie si je dé­ci­dais pour prou­ver mon pro­pos xxxxx xxxxxx xxxxxx xxxxxx xxxxxxxx xxxxxx xxxxxx xxxxxx xx xxxxxxxxxxxx xxxxxxxx xxxxxxxxxxxxxx xxxxxxxxxxxx xxxxx xxxxxx xxxxxx xxxxxx xxxxxxxx xxxxx xxxxxx xxxxxx xx xxxx xxxxxxxx xxxxx xxxxxx xxxxxx xx xxxx xxxxxxxx !!

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