LA FÊTE NOIRE

Stylist - - CULTURIST -

«Pa­ris est une fête. » Un re­frain qui a pu ras­su­rer au len­de­main d’une nuit trau­ma­ti­sante, mais dif­fi­cile de croire que le slo­gan n’ap­pa­raî­tra pas dé­fi­ni­ti­ve­ment usé à la lec­ture de Tris­mus, pre­mier ro­man cin­glant de Mat­thieu Peck. Dès les pre­mières pages, re­tour de soi­rée la­bo­rieux avec le nar­ra­teur, Léo, 30 ans comme l’écri­vain, qui tente de faire l’in­ven­taire de ses sou­ve­nirs al­coo­li­sés avant de conclure : « Il ne me reste presque rien d’autre de cette foire. » Tris­mus est une gueule de bois dans un Pa­ris à la splen­deur écor­née. La vi­site n’a rien de gui­dée : Léo erre dans la ville et sa mé­moire, il faut le suivre sans ja­mais vrai­ment sa­voir où l’on va. On y croise des am­bi­tieux.euses de la teuf et des pau­mé.e.s du pe­tit ma­tin, des zom­bies de la nuit et des es­seu­lé.e.s du jour. Une foule de per­son­nages sur les­quels Léo peut bâ­tir des apho­rismes étranges (« Il y a des hommes qui se ma­rient et d’autres qui construise­nt des cou­rants d’air. ») Le tris­mus du titre ren­voie à une contrac­tion in­vo­lon­taire de la mâ­choire em­pê­chant l’ou­ver­ture de la bouche. Le livre grince bien des dents. P.-É.P.

Tris­mus de Mat­thieu Peck, éd. Bar­tillat, 272 p. 18 €.

Un pre­mier ro­man comme un af­ter de trop.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.