GAME OVER

Vous pou­vez ran­ger le pape, on sait ce qu’il y a après la mort.

Stylist - - Culturist -

Avant d'al­ler plus loin, si on mou­rait ? C'est la pro­po­si­tion de Arise: A Simple Sto­ry, et elle casse dou­ble­ment les codes. D’abord parce que le jeu s’ouvre sur le tré­pas du hé­ros mais ne s’em­bar­rasse d’au­cune backs­to­ry. Pas ques­tion de dres­ser une liste de pé­chés à ra­che­ter au pur­ga­toire : ici, on ne connaît même pas le nom de l’homme à barbe blanche qui vient de ra­va­ler son ex­trait de nais­sance. En­suite parce que la mort, en jeu vi­déo, a mau­vaise ré­pu­ta­tion : on passe son temps à la fein­ter, on rin­gar­dise son concept. Sur­tout dans une ère où le die and re­try (ces jeux à vies in­fi­nies où l’on meurt fré­né­ti­que­ment jus­qu’à bou­cler le ni­veau) sa­ture le mar­ché du jeu d’aven­ture. Arise in­ves­tit ce qui se passe pen­dant et après la grande tra­ver­sée, entre le die et le re­try. À quoi ça res­semble, alors ? À un tun­nel abs­trait, ba­na­le­ment psy­ché ? Non, à un jeu de plates-formes clas­sique, voyant notre dé­funt sau­ter de cham­pis géants en ra­vins bru­meux. L’au-de­là, donc, res­semble à l’ab­so­lu du jeu vi­déo. Jo­lie ma­nière de dire que le pu­blic de ce der­nier a tort de croire qu'il trompe la mort en joi­gnant les points A et B, et en gagnant les courses contre la montre : en vé­ri­té, il ne fait ja­mais qu’ex­plo­rer sa propre mor­ta­li­té, non sans ca­res­ser comme le bar­bu d’arise un étrange et cha­leu­reux sen­ti­ment d’éter­ni­té. Y.S. Arise : A Simple Sto­ry, Ps4/xbox ONE/PC, 20 €.

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