LE CRIME PAR­FAIT

C’est pas parce qu’on connaît dé­jà le cou­pable qu’il ne faut pas me­ner l’en­quête.

Stylist - - Mode - par Pierre d'al­mei­da

1 LE COU­PABLE IDÉAL

Al­phonse Mai­tre­pierre, 24 ans. Jeune créa­teur fas­ci­né par la cou­ture à l’an­cienne (Pierre Bal­main, Cristó­bal Ba­len­cia­ga, toute la clique), an­cien sta­giaire de Jean-paul Gaul­tier et ex-sty­liste la­bel. chez Acne, dé­sor­mais à la tête de son propre

3 LE MO­BILE

« La col­lec­tion est un dia­logue entre le sa­voir-faire des 50's et la culture nu­mé­rique. L’idée était de dres­ser une liste des sté­réo­types de la haute cou­ture et de les tra­duire avec de nou­velles tech­niques. Pour re­pro­duire la bro­de­rie, nous avons dé­ve­lop­pé l’im­pres­sion di­gi­tale sur se­quins, don­nant un as­pect plus flou. En mo­tif, nous avons uti­li­sé des pho­tos d’an­ciennes clientes de la cou­ture et de stars du ci­né­ma amé­ri­cain des an­nées 50, pixé­li­sées et di­gi­ta­li­sées pour qu’elles res­semblent à de mau­vais sel­fies.»

LE LIEU DU CRIME

Un ap­part au 11E étage d’un im­meuble du 11E à Pa­ris (faites un voeu), avec une vue im­pre­nable sur la ca­pi­tale. C’est là que toutes les pièces du créa­teur sont pen­sées et pro­duites. « J’aime l’idée de la haute cou­ture où les pièces sont créées dans les ate­liers des mai­sons de cou­ture. C’est plus lent, mieux fa­bri­qué et plus en phase avec ce à quoi la mode de de­main de­vrait res­sem­bler.»

2 LE CA­SIER JU­DI­CIAIRE

▶ 2016 : Al­phonse est di­plô­mé de La Cambre, école d’art et de de­si­gn bruxel­loise.

▶ Fin 2018 : alors qu’il crée des vê­te­ments de­puis dé­jà plu­sieurs an­nées, il lance Mai­tre­pierre, la marque qui porte son nom.

▶ Sep­tembre 2019 : sa col­lec­tion P-E 2020 est pré­sen­tée dans le cadre du De­si­gners Apart­ment (SPHERE de­puis jan­vier), pro­gramme de sou­tien à la jeune créa­tion créé par la Fé­dé­ra­tion de la Haute Cou­ture et de la mode, qui dis­pose chaque fa­shion week d’un sho­wroom

au Pa­lais de To­kyo.

5 LA VIC­TIME

L’op­po­sé de la vieille âme à deux balles, pour qui « en mode, tout a dé­jà été fait ». Quel­qu’un qui sait que ce n’est pas parce que c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confi­tures qu’on ne peut pas up­da­ter la re­cette de la coing-rhu­barbe.

6 LES AVEUX

«Nous dé­mar­rons à 9h, après un ca­fé en équipe pour se dis­tri­buer les tâches de la jour­née. On coupe les pièces des­si­nées, en­toi­lées la veille pour voir si tout fonc­tionne. Jus­qu’à l’as­sem­blage fi­nal, nous tra­vaille­rons tou.te.s un peu sur chaque pièce pour être sûr.e.s qu’elle soit comme elle doit être. À mi­di un peu de vin rouge, une soupe et c’est la ligne droite jus­qu’à 20h, par­fois plus…» Rep à ça So­dexo.

4 L’ARME DU CRIME Le sac Ga­mer, « it bag di­gi­ta­li­sé, éti­ré et al­lon­gé pour res­sem­bler à une ma­nette de PS3 ». De quoi don­ner en­vie de sor­tir de chez eux.elles aux mo­deux.euses en boucle sur Red Dead de­puis trois se­maines.

LES IN­DICES Le tis­su dra­pé comme en 1953, les pièces à mi-che­min entre la scu­pl­ture et la fringue (« vê­te­ments twis­tés, jupes-tops et vo­lumes-boules dans le dos »), et le com­bo in­con­gru d’un voile de tulle trans­parent ul­tra-sexy et d’un im­pri­mé (post-)post-post-mo­derne.

LES COM­PLICES « Cette sai­son, c’est avec Co­lombe d’hu­mières que nous fai­sons les bi­joux, Mi­ra­belle Pe­rault le set de­si­gn, Sa­ra Ver­che­val pour les prints, Sa­rah Le­vy pour les cha­peaux, Loui­sa Tra­pier pour les pro­thèses de vi­sage, Alexandre Car­ril et NDA pour les vi­suels de la col­lec­tion. Sans ou­blier les mo­dé­listes/sty­listes de mon stu­dio (Alice, Csa­bi, Mé­lo­die) et mon as­so­cié Tho­mas.»

À Es­saoui­ra, dans la mai­son de son com­pa­gnon. « Après chaque col­lec­tion, c’est là que je file me res­sour­cer. J’aime l’at­mo­sphère calme et douce, prendre le temps, et com­men­cer à pen­ser à la pro­chaine.» LA PLANQUE

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