SÉ­RIES

Hap­py Val­ley : un thril­ler réa­liste et poi­gnant

TÉLÉMAGAZINE - - SOMMAIRE - PAR MAR­TINE TOUHET

Ca­the­rine Ca­wood, 47 ans, est di­vor­cée et élève tant bien que mal son pe­tit-fils, sa fille s’étant sui­ci­dée après un viol. Elle est po­li­cière dans une pe­tite ville du nord de l’An­gle­terre frap­pée par la crise, où le crime est en hausse et où la drogue cir­cule fa­ci­le­ment. Elle va se re­trou­ver à en­quê­ter sur un en­lè­ve­ment lié, sans qu’elle le sache, à son pas­sé. At­mo­sphère froide, en­gre­nage im­pla­cable, réa­lisme des si­tua­tions et psy­cho­lo­gie fouillée des per­son­nages prin­ci­paux nous font plon­ger di­rec­te­ment dans ce drame in­ti­miste sur fond d’An­gle­terre en crise. « Mais at­ten­tion, Hap­py Val­ley n’est pas un po­lar. C’est le por- trait d’une femme, Ca­the­rine Ca­wood, ex­plique sa créa­trice, Sal­ly Wain­wright. L’in­trigue est un pré­texte. Nous au­rions pu faire d’elle autre chose qu’un flic. Ça n’a guère d’im­por­tance » . Cette sé­rie re­pose prin­ci­pa­le­ment sur le cha­risme de Sa­rah Lancashire, une ac­trice certes connue outre-Manche, mais pas non plus ex­trê­me­ment po­pu­laire. Et dire qu’au tout dé­but du tour­nage, l’ac­trice dou­tait fer­me­ment de ses ca­pa­ci­tés : « Je n’ar­rê­tais pas de dire qu’ils avaient fait une er­reur, que ce rôle n’était pas fait pour moi », avoue-t-elle. Mais l’er­reur au­rait été de ne pas lui of­frir ce per­son­nage tant son ta­lent n’est pas étran­ger au ma­gné­tisme de cette fic­tion. Et au fil

du temps, Sa­rah Lancashire s’est prise d’une réelle af­fec­tion pour ce per­son

nage. « Ca­the­rine ne cède pas et elle ne cé­de­ra ja­mais, dit- elle. Elle veut la ven­geance de Be­cky mais ce que j’ad­mire le plus chez elle, c’est qu’elle ne fait pas les choses comme un po­li­cier mais plu­tôt comme une mère. Peu im­porte son mé­tier, Ca­the­rine es­saie juste de trou­ver le moyen de re­trou­ver la paix » . En par­tie ryth­mée par un kid­nap­ping, des morts et des crises fa­mi­liales, cette pre­mière sai­son nous plonge dans une suite de si­tua­tions sen­sibles et dan­ge­reuses qui ne vont pas ces­ser de s’en­tre­mê­ler, et ce, de ma­nière de plus en plus vio­lente. « C’est une sé­rie pleine d’hu­ma­ni­té et de gé­né­ro­si­té. C’est aus­si pour ce­la qu’elle porte ce titre, parce que Hap­py

Val­ley se veut aus­si drôle que tra­gique. D’ailleurs la sai­son 2 est da­van­tage

co­mique », pré­cise Sal­ly Wain­wright. En France, on dé­couvre à peine cette sé­rie. Pour­tant la créa­trice vient tout juste de confir­mer une troi­sième sai­son, mais pas avant dé­but 2019. Ce dont on est sûr est que Sa­rah Lancashire est elle aus­si par­tante pour une nou­velle aven­ture.

SHANE ZAZA ADAM LONG

KELLY HARRISON, KARL DA­VIES, DEREK RIDDELL

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