SÉ­RIES

Ne vous fiez pas au titre. Cette nou­velle sé­rie va beau­coup plus loin que le mé­tier de spea­ke­rine. Elle aborde la condi­tion de la femme dans les an­nées 1960. Ma­rie Gillain et Guillaume de Ton­qué­dec y jouent un couple per­tur­bé par les pré­mices de la li­bert

TÉLÉMAGAZINE - - SOMMAIRE - PAR MARTINE TOUHET

Spea­ke­rine : re­tour dans les an­nées 60 avec Ma­rie Gillain et Guillaume de Ton­que­dec

Will & Grace, La fête à la mai­son, Ro­seanne, Dingue de toi… Le come-back !

Quand on vous dit « spea­ke­rine », ça vous évoque quels sou­ve­nirs ?

Ma­rie Gillain : Un sou­ve­nir nos­tal­gique, car c’était un ri­tuel que j’ai­mais beau­coup. Et puis il y a eu le mo­ment où elles ont dis­pa­ru. C’était un peu comme un membre de la fa­mille qu’on a tou­jours ai­mé et qui dis­pa­raît. Les spea­ke­rines créaient un lien d’em­pa­thie, de proxi­mi­té. Guillaume de Ton­qué­dec : Je me sou­viens de leur coif­fure, de leur dic­tion et bien sûr, de la fa­meuse plante verte à cô­té. Les spea­ke­rines avaient quelque chose de l’ordre du fan­tasme avec leur cô­té gla­mour. J’ai un pe­tit re­gret. Ce se­rait formidable qu’une chaîne les remette au goût du jour.

Qu’est- ce qui vous a at­ti­ré dans cette nou­velle sé­rie ?

Ma­rie Gillain : Ce qui m’a amu­sée, c’est de faire un plon­geon dans le temps et in­car­ner des codes qui n’existent plus. Guillaume de Ton­qué­dec : La sé­rie ex­plore plu­sieurs tra­jec­toires, car on suit leur vie pu­blique, leur vie de couple et de pa­rents… Il y a aus­si beau­coup de sus­pense.

C’est plai­sant de por­ter ce look vin­tage à l’écran ?

Ma­rie Gillain : Je dois bien avouer que ça m’a fait un choc au dé­but de me voir avec cette coif­fure. Pas une mèche de tra­vers ! L’idée de ressembler à ma grand-mère, ce n’était pas évident. Guillaume de Ton­qué­dec : Je suis très fan du look de ces an­nées-là. Les femmes étaient d’une élé­gance folle. Moins on en mon­trait et plus c’était éro­tique.

Que pen­sez- vous des rap­ports hommes-femmes à l’époque ?

Ma­rie Gillain : On a de l’em­pa­thie pour ce couple. Cet homme, on ne le

« CE SE­RAIT FORMIDABLE QU’UNE CHÂINE LES REMETTE AU GOÛT DU JOUR » GUILLAUME DE TON­QUÉ­DEC

« L’IDÉE DE RESSEMBLER À MA GRAND-MÈRE, CE N’ÉTAIT PAS ÉVIDENT » MA­RIE GILLAIN

juge pas. Il ne pense fi­na­le­ment pas à mal, c’est seule­ment l’édu­ca­tion qu’il a re­çue. Mais on se dit quand même que c’était dif­fi­cile pour les femmes à cette époque ; on ne peut pas faire la po­pote, être ti­rée à quatre épingles et y trou­ver son compte. Heu­reu­se­ment, Ch­ris­tine Beau­val a de l’am­bi­tion et elle va trans­for­mer sa vie. Guillaume de Ton­qué­dec : Fran­che­ment, j’ai écla­té de rire en li­sant cer­tains pas­sages et en me di­sant :

«Ce n’est plus pos­sible de dire ça au­jourd’hui ». Heu­reu­se­ment, Pierre Beau­val n’est pas fi­gé dans son at­ti­tude pen­dant toute la sé­rie et c’est ça qui me plaît chez lui. Je le trouve tou­chant lors­qu’il es­saie de ra­me­ner l’ordre qu’il ai­me­rait voir per­du­rer. J’es­père sin­cè­re­ment que les hommes ont chan­gé de­puis.

Vous vous êtes ins­pi­ré de per­son­nages ayant exis­té ?

Ma­rie Gillain : J’ai re­gar­dé beau­coup d’ex­traits avec les spea­ke­rines. Et prin­ci­pa­le­ment Ca­the­rine Lan­geais pour son pro­fes­sion­na­lisme et De­nise Fabre pour sa dou­ceur et sa naï­ve­té. Guillaume de Ton­qué­dec : J’in­ter­prète le pa­tron de l’in­fo à la RTF et j’ai beau­coup pen­sé à Georges de Caunes pour ce per­son­nage.

On en­tend dé­jà par­ler d’un Mad Men à la fran­çaise. Flat­tés ?

Ma­rie Gillain : Il y a pire comme com­pa­rai­son. Ce­la dit, la forme n’est pas vrai­ment la même, car il y aus­si une in­trigue po­li­cière dans Spea­ke­rine.

Guillaume de Ton­qué­dec : On prend sans pro­blème. C’est vrai qu’il y a aus­si un cô­té cou­lisses et rap­ports de pou­voir très in­té­res­sant dans Spea­ke­rine.

Que pour­riez-vous dire aux té­lé­spec­ta­teurs pour qu’ils aient en­vie de re­gar­der cette sé­rie ?

Ma­rie Gillain : Ve­nez faire un jo­li plon­geon dans le temps. On parle de la fa­mille et de la li­ber­té des femmes. Et puis, on peut s’iden­ti­fier très vite aux per­son­nages. Guillaume de Ton­qué­dec : J’ai juste en­vie de leur dire qu’il y a beau­coup d’in­gré­dients dans Spea­ke­rine qui font la bonne re­cette. Cette sé­rie ne s’adresse pas qu’aux no­tal­giques du pe­tit écran dans les an­nées 1960, elle brasse plein de choses.

MA­RIE GILLAIN

BAPTISTE CARRION-WEISS, ANNE-SO­PHIE SOLDAINI ET GUILLAUME DE TON­QUÉ­DEC

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