9° Si on vous de­mande, choi­sis­sez tou­jours la tra­duc­tion « avec ca­nal »

Technikart - SuperCannes - - L'itw -

On a ren­dez-vous en fin d’aprem avec Mat­teo Gar­rone sur le roof­top du Mar­riott, et comme vous le sa­vez peut-être, si vous avez lu l’édito, on est com­plè­te­ment nul en ita­lien. L’in­ter­prète, vi­si­ble­ment une pro aguer­rie qui aime jouer cartes sur table, nous de­mande illi­co si on est en pos­ses­sion d’un « ca­nal » ou si on pré­fère « la consé­cu­tive ». Elle sau­ra s’adap­ter à notre si­tua­tion pré­fé­rée. Euh ? « Ca­nal » ? Fal­lait ame­ner une ci­bi ? Une oreillette ? Comme on n’y com­prend rien et qu’on veut quand même pas­ser pour des pros, on choi­sit la deuxième op­tion, un peu moins hi-tech. C’est celle à la­quelle on est ha­bi­tué : un ar­tiste nous parle dans une langue à la­quelle on ne pige rien et, en at­ten­dant la trad’, on prend un air su­per concen­tré pour l’en­cou­ra­ger, on se marre quand il ri­gole (il est pour­tant peut-être en train de se foutre de nous), on es­saie de ne pas trop sou­te­nir son re­gard, on joue la po­ker face en grillant clopes sur clopes. Sauf que dans le cas de Gar­rone, chaque ré­ponse dure dix mi­nutes mi­ni­mum, il ne re­garde JA­MAIS son in­ter­prète, et conclut sou­vent ses phrases par « vous avez com­pris là ? ». Oui oui, Mat­teo, tout mais on va quand même at­tendre « la consé­cu­tive » pour en être bien sûrs. Nos sour­cils fron­cés et nos rires for­cés sont de moins en moins convain­cants et notre pa­quet, vide, c’est épui­sant. A l’heure où l’on boucle on ne sait tou­jours pas à quoi res­semble un ca­nal mais l’an­née pro­chaine, c’est sûr, on vien­dra à Cannes avec.

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