TOUCHE PAS À TES POILS !

C’EST LE MOIS DE « MO­VEM­BER », LES HOMMES LAISSENT POUS­SER LEUR MOUS­TACHE POUR SEN­SI­BI­LI­SER AUX MA­LA­DIES MAS­CU­LINES. ET SI VOUS FAI­SIEZ PA­REIL SOUS LA CEIN­TURE, MES­SIEURS ?

Technikart - - OPENER - MARGUERITE VAN PEEBLES

Pa­ra­doxe mo­derne : ce qu’on au­to­rise dé­sor­mais aux femmes, on com­mence à l’in­ter­dire aux hommes. De­puis plu­sieurs an­nées, le poil fé­mi­nin fait son come-back, il est dé­sor­mais ten­dance. Après des an­nées à nous en­cou­ra­ger à nous trans­for­mer en ac­trice por­no, avec le choix entre une coupe « ti­cket de mé­tro » ou une « Yul Bryn­ner », la presse fé­mi­nine (et pas mal de co­pines) nous en­cou­ragent au­jourd’hui à faire le contraire. On s’épile si on veut. On ne laisse plus qui que ce soit nous dire comment en­tre­te­nir notre corps. Le poil, c’est sexy. Bon sens ? Es­sor du fé­mi­nisme ? Un mé­lange des deux ? Les femmes sont en­fin dé­cul­pa­bi­li­sées par rap­port à leurs poils pu­biens – une très bonne chose, on est d’ac­cord. On nous lâche la grappe, alors que chez les amis du sexe op­po­sé…

Ces temps-ci, chez l’homme, le poil dis­pa­raît ! Et ça nous laisse son­geuses. En­tre­te­nir la chose, c’est bien, mais point trop n’en faut. En la ma­tière, la par­ci­mo­nie reste le maître-mot. Un con­seil, mes­sieurs ? « Si tu dé­brous­sailles trop, tu vas prendre un râ­teau ! » Rien ne jus­ti­fie l’épi­la­tion à ou­trance. Ce se­ra tou­jours sus­pect. Et laid aus­si. Pour quelles rai­sons s’in­fli­ger cette épreuve ?

J’ai deux hy­po­thèses plu­tôt sca­breuses (mais à étu­dier quand même). La pre­mière : cet homme a un pe­tit sexe. Il a cru lui don­ner du vo­lume en éra­di­quant les poils tout au­tour. L’in­ten­tion est louable. Mais le masque tombe vite, peut être plus ra­pi­de­ment que pré­vu… La deuxième : un pas­sage ré­cent de mor­pions.

NÉO-IMBERBES

Si­non, dans la ma­jo­ri­té des cas, il s’agit d’un mal­en­ten­du : le mâle im­berbe au­ra cru que c’était peut-être co­ol, et sor­ti le ra­soir dans la fou­lée.

Une faute de goût pas­sa­gère. L’er­reur se­ra ré­pa­rée au bout de quelques jours et l’hon­neur, qua­si-sauf. Mais d’autres per­sistent…

Les plus ra­di­caux étant tou­jours les plus ré­cem­ment conver­tis, il faut se mé­fier de ces néoim­berbes. L’homme qui s’épile au poil près pour res­sem­bler à un pe­tit gar­çon es­ti­me­ra sur­ement que la femme lui doit la pa­reille. Au choix, se croyant sub­til, il se pa­va­ne­ra en mode « je suis mieux en­tre­te­nu que toi » ou il vous fe­ra pas­ser pour une né­gli­gée. La so­lu­tion ? Dire merde aux mecs coin­cés qui nous poussent à nous ra­ser – tout en les em­pê­chant d’al­ler tailler sous leur propre slip. Et nous connaî­trons en­fin la pa­ri­té du poil…

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