MA­NU PAYET : « LE GROGNARD, C’EST ROCK’N ROLL ! »

MER­LOT EN AMPHORES ET CU­VÉES DE FANTASSIN… POUR L’HU­MO­RISTE MA­NU PAYET, LES BOR­DEAUX SONT COMME SON NOU­VEAU SPEC­TACLE EM­MA­NUEL : UN VOYAGE QUI DÉ­POTE ET RAL­LUME LA LU­MIÈRE DE L’IN­TÉ­RIEUR ! MOR­CEAUX CHOI­SIS ENTRE DEUX INVOLTINIS AU SPECK.

Technikart - - TENDANCE - PHO­TO SID­NEY CARRON

Votre pre­mière fois avec un Bor­deaux, c’était quand ?

Cet été ! Je me suis lais­sé sur­prendre par un Châ­teau Grand-Puy Du­casse (60% Ca­ber­net Sau­vi­gnon, 40% Mer­lot), un vin du Mé­doc fan­tas­tique en ap­pel­la­tion Pauillac. Vrai­ment ex­cellent avec une poê­lée de cèpes, des oeufs co­cottes ou une ome­lette aux truffes, par exemple. Et pour­tant, ce n’était pas ga­gné ! Je suis ar­ri­vé là-bas plein de mé­fiance. Me di­sant : « je suis sûr que je ne vais pas ai­mer, ça va être trop pré­ten­tieux, etc. » Et bien, pas du tout, c’était juste su­per bon. On peut même dire que c’est le Grand-Puy Du­casse qui m’a conver­ti à l’Aqui­taine… Bon, c’est vrai qu’avant, dans la ré­gion, je connais­sais mieux la vie noc­turne que ses vi­gnobles…

Votre der­nier Bor­deaux pour la soi­rée ?

La cu­vée Jean Le Grognard (80% Mer­lot,

20% Ca­ber­net Sau­vi­gnon) ! Un vin de fantassin en bio­dy­na­mie et ven­dan­gé à la main par Lu­do­vic et Lio­nel Barthe, des vi­gne­rons de 7ème gé­né­ra­tion à Nau­jan-et-Pos­tiac (Nou­velle Aqui­taine). C’est vif, frui­té, en­so­leillé… Et très Rock’n Roll ! Si j’ai bien com­pris, Jean Le Grognard, l’an­cêtre des frères Barthe, était donc dans la Grande Ar­mée. Et il a pu ache­ter ce do­maine au sud de Saint-Émi­lion grâce aux 600 francs at­tri­bués par Na­po­léon à tout sol­dat à la re­traite qui se ma­rie­rait le 22 Avril 1810 (20 jours après le re­ma­riage avec Ma­rie-Louise d’Au­triche) avec une fille de sa com­mune... J’avoue que ça m’a fait rire. Ca a par­ti­ci­pé à mon kiff ! Et puis il faut re­con­naître qu’avec les Involtinis du chef Ta­mir Nah­mias (res­tau­rant Fren­chie), c’était jo­li­ment ser­vi.

Votre Bor­deaux pré­fé­ré pour ma­ter Em­ma­nuelle (le film éro­tique de Just Jae­ckin, à l’ori­gine du titre de son nou­veau spec­tacle ?

Em­ma­nuel*)

Pour­quoi pas un Entre-deux-Mers de Lu­do­vic Barthe jus­te­ment ? Un Bor­deaux blanc Châ­teau

Grand Bi­reau (30% Sau­vi­gnon blanc, 30% Sé­millon, 10% Sau­vi­gnon gris, 10% Mus­ca­delle) avec une belle robe claire et do­rée… Mais je pense tout de même que ça fait par­tie de ces films où l’on dé­guste un verre de vin avant, pas pen­dant ( rires).

Quel Bor­deaux of­frir à sa fian­cée après un en­ter­re­ment de vie de gar­çon (EVG) comme dans le film Bu­da­pest (avec Mon­sieur Poulpe, Alice Be­laï­di, Jo­na­than Co­hen, etc) ?

Un Te­ha ! Un 100% Mer­lot ex­trê­me­ment frui­té en ap­pel­la­tion Ca­dillac Côtes de Bor­deaux que j’ai bien ai­mé au Dî­ner des At­ta­blés à la Mai­son Bré­guet (Pa­ris 11ème). C’est un vin confi­den­tiel (seule­ment 1200 bou­teilles), éle­vé pour moi­tié en amphores et moi­tié en bar­riques, pro­duit sur une toute pe­tite par­celle au nord de Châ­teau de Chain­chon (Cas­tillon La Ba­taille) par le vi­gne­ron Pa­trick Ere­sue qui lui a don­né le nom de sa pe­tite-fille (Te­ha). Alors, si je de­vais me faire par­don­ner par ma femme d’être par­ti trop long­temps en­ter­rer la vie de gar­çon d’un pote, je la pren­drais par les sen­ti­ments en lui di­sant : « Bah voi­là, ce vin porte le nom de la pe­tite fille du gars qui l’a fait ». Là, j’em­balle le truc et je pense qu’on peut s’en sor­tir...

* Em­ma­nuel les 23 et 24 No­vembre 2018 au Ca­si­no de Pa­ris.

EN­TRE­TIEN HUGUES PASCOT & O.M.

« AVANT, DANS LA RÉ­GION AQUI­TAINE, JE CONNAIS­SAIS MIEUX LA VIE NOC­TURNE QUE SES VI­GNOBLES... »

PHO­TO THO­MAS SMITH

ONE MAN SHOW — Ma­nu Payet sa­vou­rant un vin de Bor­deaux la vi­gne­ronne Cé­cile Mal­lié-Ver­dier (Châ­teau Bre­thous) et un ami ; sur scène pour une re­prise im­pro­vi­sée de « Red red wine » de UB40.

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