HIGH LIFE CLAIRE DE­NIS

(7 NO­VEMBRE 2018)

Technikart - - SELECTOR - HÉ­LÈNE RO­BERT

Vous connais­sez la vé­ri­té scien­ti­fique du mo­ment ? Un se­cond cer­veau se ni­che­rait dans notre ventre. Alors il suf­fit qu’un spec­ta­teur à l’es­to­mac fra­gile vo­misse de­vant un film pour qu’une oeuvre soit éti­que­tée « nau­séa­bonde ». Il n’y a pour­tant rien de bien af­freux ou dé­goû­tant dans le der­nier film de Claire De­nis. Le pitch : des cri­mi­nels em­pri­son­nés dans l’es­pace, co­bayes d’une mis­sion spa­tiale gou­ver­ne­men­tale, at­tendent une is­sue à leur sort (la mort ou la Terre). Ori­gi­na­li­té de fond et de forme, ma­chia­vé­lisme des si­tua­tions, quête phi­lo­so­phique déses­pé­rée fa­çon Stal­ker, High Life en­voûte. La faute à qui ? Ju­liette Bi­noche, gé­niale en Dr Dibs, alias « la cha­mane du sperme », prê­tresse mé­de­cin et cou­sine de Me­lis­sandre dans Game of Th­rones. Prête à tout pour don­ner la vie en or­bite, elle mè­ne­ra au contraire l’équi­page à sa perte. Même s’il est ques­tion de gros bud­get et de science fic­tion, Claire De­nis reste fi­dèle à elle-même : fil­mer le dé­sir fé­mi­nin, en­vers le sexe comme pour la ma­ter­ni­té. Vo­lon­tiers al­lu­sif et brouillon, High Life sé­duit par sa cho­ré­gra­phie des corps, son ab­sence de psy­cho­lo­gi­sa­tion et de des­ti­na­tion. Car dans la vie comme à l’écran : c’est le che­min qui prime.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.