« J’ÉTAIS UN MAU­VAIS JOUR­NA­LISTE » ROCK !

FRAέCHE­MENT QUA­DRA, LE STAND-UPPEUR LE PLUS MUSICOS DE SA GÉ­NÉ­RA­TION (IL A COM­MEN­CÉ À ROCK SOUND) EST EN TOUR­NÉE. IN­TER­VIEW « SEXE, DROGUES ET VANNES CA­NINES ».

Technikart - - OPENER - EN­TRE­TIEN HUGUES PASCOT

Tu viens de lan­cer sur Dee­zer ton nou­veau pod­cast, 100 VDB par mi­nute, qui rem­place ton émis­sion fu­tu­riste Nos­tal­gie 2050. C’est que vous avez cla­qué tout le bud­get dans les dé­gui­se­ments ?

Tho­mas VDB : Mais non voyons ! On ne se dé­gui­sait pas pour chaque en­re­gis­tre­ment ! ( Rires.) C’était uni­que­ment pour les pho­tos pro­mo. J’ai eu des in­vi­tés ex­cep­tion­nels comme Chan­tal Lau­by, les Bri­gitte ou en­core Ju­lien Le­pers. Mais après trois sai­sons, c’est bien de se re­nou­ve­ler, non ?

Ta nou­velle émis­sion reste quand même bien ab­surde com­pa­ré à ta chro­nique heb­do­ma­daire sur France In­ter.

Les dif­fé­rentes fa­cettes que je peux mon­trer sont contras­tées. Après, je les trouve com­plé­men­taires. Sur In­ter, si tu t’ac­croches pas à l’ac­tu, tu risques de faire tâche. Alors que pour le pod­cast, ce sont les gens qui ont fait le choix de l’écou­ter sur Dee­zer.

Je sais que je peux leur don­ner un truc com­plè­te­ment barge.

En ce mo­ment, tu es en tour­née avec ton spec­tacle, Bon chien chien.

Je parle des choses de ma vie, no­tam­ment de ma pas­sion pour la mu­sique. A vrai dire, je pense que c’est mon pre­mier stand-up. Et même si c’est un spec­tacle très écrit, j’ai l’im­pres­sion de par­ler à la pre­mière per­sonne. Je ne me cache pas der­rière des ar­ti­fices comme j’ai pu le faire au­pa­ra­vant.

Le spec­tacle est pro­duit par Ka­der Aoun (co-au­teur des pre­miers spec­tacles de To­mer Sis­ley etc. lar­ge­ment pom­pés sur les stan­dup­peurs amé­ri­cains, ndlr). Il t’a pas re­four­gué des vannes ava­riées ?

J’écris mes propres shows et ne me sens pas concer­né par l’af­faire. Ça te va comme ré­ponse ?

Tu es connu pour être LE fan fran­çais des Sparks, de Wee­zer, de Na­da Surf… T’au­rais pas un groupe plus ré­cent à nous faire écou­ter ?

« DEL­PHINE ER­NOTTE NOUS A AP­PE­LÉS. »

La colle ! J’ai la fâ­cheuse ha­bi­tude de ne pas dé­cou­vrir la mu­sique au rythme de l’ac­tua­li­té. Je peux res­ter blo­qué quatre mois sur un truc sor­ti il y a cinq ans. Quand j’étais jour­na­liste, ça me fa­ti­guait d’être obli­gé d’avoir un avis sur un al­bum qui ve­nait de sor­tir. Dès que j’ai quit­té la presse, j’ai re­trou­vé un at­ta­che­ment plus spon­ta­né à la mu­sique. Bon, si tu m’obliges à te ci­ter une dé­cou­verte ré­cente, je di­rai Sloan ( groupe ca­na­dien ayant dé­mar­ré dans les an­nées 90’s, ndlr).

Comme « groupe ré­cent », ça date !

Je sais je sais…

A pro­pos de tes an­nées de jour­na­liste rock, j’ai lu qu’il t’est ar­ri­vé plu­sieurs fois de faire des in­ter­views en ou­bliant d’ap­puyer sur la touche « re­cord » de ton ma­gné­to... Pas très pro.

J’étais un mau­vais jour­na­liste rock, tu sais… Ça m’est ar­ri­vé plus sou­vent que je n’ai osé le dire. Si­non mes an­ciens re­dac’ chef m’au­raient dit « Pu­tain, au­tant d’ar­ticles avec le ma­gne­to qui ne mar­chait pas ?! ». Re­garde le tien, ça t’évi­te­ra de dire n’im­porte quoi sur moi.

Bon ras­sure-moi, tu vas quand même voir des concerts ?

Je risque de te dé­ce­voir mais de moins en moins. La se­maine der­nière, j’avais no­té de­puis deux mois un concert des Mel­vins à l’Al­ham­bra. Mais le soir d’avant, je me suis dit « ah pu­tain c’est de­main ?! J’ai pas le temps de me pré­pa­rer psy­cho­lo­gi­que­ment ». Le mar­di ma­tin, je dé­cide que ce se­ra mieux d’ima­gi­ner le concert plu­tôt que d’y al­ler.

T’au­rais le temps pour­tant. On te lit moins sou­vent dans Rock’n’folk, tu n’as plus ton émis­sion sur W9 (groupe M6)...

Alors… J’écris de temps en temps pour des mags, mais rien de ré­gu­lier c’est vrai, et avec Ma­thieu Ma­de­nian on va peut être re­faire quelque chose en dé­but d’an­née. On a aus­si un pro­jet de film mais on at­tend de voir les pro­chains mois pour voir si ça peut abou­tir. Si­non je viens de fi­nir le tour­nage du film de Ma­ri­lou Ber­ry, Quand on crie au loup.

C’est tou­jours aus­si ten­du avec Del­phine Er­notte ( en 2017, la boss de France Té­lé­vi­sions met­tait fin à la pas­tille Le Mes­sage de Ma­dé­nian et de VDB et dé­cla­rait sur Twit­ter qu’elle ne les trou­vait pas drôle, ndlr) ?

Plus trop non... Elle nous a ap­pe­lés l’an der­nier, Ma­thieu et moi, nous di­sant « en fait c’était bien ce que vous faites ». Je pense qu’on a en­ter­ré la hache de guerre mais il n’y a rien de pro­gram­mé avec elle. On garde ce­pen­dant de bons rap­ports avec M6 qui a ac­cep­té de re­prendre les pas­tilles qu’on fai­sait avec Ma­thieu. C’est à eux qu’on pro­pose en pre­mier.

Mais con­crè­te­ment, il y a quoi d’in­té­res­sant à faire à la té­lé au­jourd’hui?

Que ce soit re­pris sur in­ter­net. En réa­li­té, ce se­rait in­té­res­sant de voir quelle est la pro­por­tion d’images qu’on re­garde sur in­ter­net qui pro­viennent de la té­lé. In­ter­net, c’est de­ve­nu le filtre des choses in­té­res­santes de la té­lé. Il y a peu de chose sur les grandes chaînes où tu te dis « Ah ouai faut pas que je rate ça ». Je peux pas­ser une soi­rée en­tière en re­gar­dant l’ac­cueil Net­flix et m’en­dor­mir après 2 heures de me­nu. L’opu­lence du choix a nui à ma ca­pa­ci­té à re­gar­der quoi que ce soit.

Faut te lan­cer en tant que You­tu­beur alors...

Fi­gure-toi que j’y ai pen­sé. J’ai es­sayé il y a 5 ans. Je sais pas ce que j’ai ma­gouillé… J’étais hy­per dé­ter­mi­né mais deux heures après j’ai to­ta­le­ment lâ­ché l’af­faire. C’est pour ça que j’ai un grand res­pect pour les You­tu­beurs. Quand je branche mon té­lé­phone sur l’or­di, je ne sais pas où il ap­pa­raît. Donc ima­gine pour une chaîne YouTube !

Bon chien chien à La Ci­gale le 8 dé­cembre

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