Caen, la si­tua­tion dé­raille

Après les af­fron­te­ments entre forces de l’ordre et ma­ni­fes­tants sa­me­di der­nier, Caen et ses com­mer­çants font le bi­lan.

Tendance Ouest Caen - - NEWS -

Tramway

Le chan­tier du tram a ser­vi de mu­ni­tion et de dé­fense aux ma­ni­fes­tants lors de leurs af­fron­te­ments avec les forces de l’ordre.

250

C’est le nombre d’in­di­vi­dus qui ont pris part aux af­fron­te­ments après la ma­ni­fes­ta­tion de Gi­lets jaunes qui a réuni près de 3 000 per­sonnes.

Six

C’est le nombre de per­sonnes in­ter­pel­lées. D’après une source ju­di­ciaire, les in­di­vi­dus ne font pas par­tie du mou­ve­ment des Gi­lets jaunes.

Tren­taine

C’est le nombre d’in­ter­ven­tions des pom­piers, par­ti­cu­liè­re­ment sol­li­ci­tés pour éteindre des bra­siers al­lu­més par les ma­ni­fes­tants.

Après les af­fron­te­ments dont le cen­tre­ville de Caen a été le théâtre sa­me­di 5 jan­vier, l’heure est au bi­lan. De la pré­fec­ture à l’uni­ver­si­té, en pas­sant par l’ave­nue du Six juin et la place Saint-Pierre, en­vi­ron 250 in­di­vi­dus ont mon­té, jus­qu’en dé­but de soi­rée, des bar­ri­cades face aux forces de l’ordre. Les pom­piers sont in­ter­ve­nus une tren­taine de fois sur les bra­siers al­lu­més par les ma­ni­fes­tants. Au moins un ma­ni­fes­tant et un po­li­cier ont été bles­sés.

Le chan­tier du tram im­pac­té

En pre­mière ligne : le chan­tier du tram, vé­ri­table ré­serve de mu­ni­tions pour les ma­ni­fes­tants. Bar­rières, pics de chan­tiers, dalle brû­lée, etc. “Une par­tie du chan­tier du fu­tur tramway a été im­pac­tée”, a an­non­cé lun­di 7 la com­mu­nau­té ur­baine de Caen la mer. “Les éva­lua­tions et in­ves­ti­ga­tions vont per­mettre, pro­ba­ble­ment en fin de se­maine, de dé­ter­mi­ner les éven­tuelles con­sé­quences dues aux dé­gra­da­tions”. Le mon­tant des dom­mages n’est pas en­core connu mais s’an­nonce “consi­dé­rable”, se­lon la com­mu­nau­té ur­baine. “Plu­sieurs di­zaines de mil­liers d’eu­ros” sont évo­quées. La ville de Caen et la pré­fec­ture tirent les le­çons. “Des me­sures de sé­cu­ri­sa­tion du chan­tier se­ront ren­for­cées en fin de se­maine pour évi­ter des nou­velles dé­gra­da­tions”, a an­non­cé lun­di, la com­mu­nau­té ur­baine.

L’in­quié­tude des com­mer­çants

Pris en étau par les ma­ni­fes­tants et les forces de l’ordre, les com­mer­çants si­tués aux abords de la place de la Ré­sis­tance et

Saint-Pierre ont dû ti­rer le

ri­deau. “J’ai eu très peur. J’ai à peine eu le temps de fer­mer mon com­merce et sor­tir par l’ar­rière-cour”, confie une com­mer­çante de la rue du Havre. Si pour le chan­tier, “les as­su­rances vont être sol­li­ci­tées”, les com­mer­çants dé­plorent un manque à ga­gner qui s’ajoute au bi­lan mo­rose des der­nières se­maines. “De­puis le 17 no­vembre, je ne peux plus ou­vrir le sa­me­di après-mi­di. De toute fa­çon, il n’y a plus de clients qui se dé­placent”, ajoute-t-elle. Cette der­nière es­time à 70 % de perte sur son chiffre d’af­faires pour le mois de dé­cembre. “Pour sa­me­di pro­chain, j’ai dé­ca­lé tous mes ren­dez-vous. Je ne veux pas mettre en dan­ger mes clients”, ajoute- t- elle. La com­mer­çante re­grette le manque de sou­tien de la part des au­to­ri­tés. “On

a juste l’im­pres­sion d’être

seuls”, lâche-t-elle. En marge de la ma­ni­fes­ta­tion, six per­sonnes ont été in­ter­pel­lées. Elles n’ap­par­tien­draient pas au mou­ve­ment des Gi­lets jaunes, se­lon une source ju­di­ciaire. La ma­jo­ri­té était dé­jà connue des ser­vices de po­lice pour des faits de pe­tite dé­lin­quance. Lun­di, six mois de pri­son ferme ont été pro­non­cés contre deux in­di­vi- dus ( lire page 12). À quoi s’at­tendre sa­me­di ? Sur les ré­seaux so­ciaux, cer­tains es­timent les dé­bor­de­ments né­ces­saires pour se faire en­tendre. À Caen ou dans son ag­glo­mé­ra­tion ? Ailleurs en Nor­man­die ? Lun­di 7 jan­vier, Édouard Phi­lippe a pro­mis la plus grande fer­me­té sur TF1. Dans l’Hexa­gone, 80 000 re­pré­sen­tants des forces de l’ordre se­ront mo­bi­li­sés.

Dès lun­di, les agents oeu­vraient à la re­mise en place du chan­tier. Les tra­vaux ont pu re­prendre sur une par­tie du chan­tier.

Les vi­trines des banques ont été par­ti­cu­liè­re­ment vi­sées par les ma­ni­fes­tants.

Joël Bru­neau a fer­me­ment condam­né les vio­lences qui ont eu lieu ce week-end.

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