L’épi­dé­mie meur­trière ex­pli­quée au CHU

Tendance Ouest Rouen - - NEWS -

B : 14, c’est le nom de la méningite à mé­nin­go­coque qui a tou­ché la Seine-Ma­ri­time et par­ti­cu­liè­re­ment l’ag­glo­mé­ra­tion de Dieppe, entre 2003 et 2013. 165 cas de méningite sont alors ré­fé­ren­cés et l’épi­dé­mie fait 20 morts. Une vac­ci­na­tion spé­ci­fique per­met de la maî­tri­ser à par­tir de 2006.

Les pre­mières ex­pli­ca­tions concer­nant cette épi­dé­mie ont été ap­por­tées par les mé­de­cins, ven­dre­di 8 juin, à Rouen. Grâce aux nou­velles tech­no­lo­gies, les cher­cheurs du CHU de Rouen, de l’uni­ver­si­té de santé et de l’ins­ti­tut Pas­teur ont pu étu­dier avec pré­ci­sion les souches de méningite por­tées par 3 522 vo­lon­taires. “On a iden­ti­fié un gène qui per­met à la bac­té­rie de cap­ter le fer qui est né­ces­saire à sa crois­sance et à sa vi­ru­lence, ex­plique le pro­fes­seur Fran­çois Ca­ron. Et la bac­té­rie est ca­pable de mettre ce gène en off.” Et le doc­teur Mu­ha­med-Kheir Ta­ha de l’ins­ti­tut Pas­teur d’ajou­ter que “lorsque le gène est al­lu­mé, la bac­té­rie peut ac­qué­rir le fer et l’in­fec­tion peut de­ve­nir très grave”. Reste qu’il est en­core im­pos­sible d’ex­pli­quer ce qui ac­tive ce gène.

Pas de fac­teur hu­main

Une ques­tion sub­siste. Pour­quoi Dieppe ? “Au­cun fac­teur hu­main ou en­vi­ron­ne­men­tal n’a été iden­ti­fié, ex­plique le pro­fes­seur Fran­çois Ca­ron. Pas de fac­teurs de fra­gi­li­té de la po­pu­la­tion, par exemple.” En France, en moyenne, 500 cas de méningite sont dé­cla­rés chaque an­née. Les mé­de­cins rap­pellent que les vac­cins sont efficaces et qu’il est es­sen­tiel de se faire vac­ci­ner contre la méningite C.

Fran­çois Ca­ron et Mu­ha­med-Kheir Ta­ha ont tra­vaillé en­semble sur l’épi­dé­mie de méningite.

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