L’Ély­sée cherche par où en sor­tir

18 mois après avoir cru tout chan­ger, l’équipe Ma­cron peine à sor­tir de l’im­passe.

Tendance Ouest Rouen - - FRANCE MONDE -

Iro­nie du sort : Em­ma­nuel Ma­cron et les siens, qui pen­saient de­puis 2017 avoir ré­vo­lu­tion­né le pay­sage po­li­tique fran­çais, se re­trouvent – 18 mois après leur ins­tal­la­tion – en froid avec la ma­jo­ri­té des son­dés… et contraint d’en ap­pe­ler aux par­tis du “vieux monde” pour ai­der à cal­mer la fu­reur des mé­con­tents.

Le soir du di­manche 2 dé­cembre, Édouard Phi­lippe et Em­ma­nuel Ma­cron ont consta­té que l’opi­nion pu­blique ne lâ­chait pas les gi­lets jaunes, mal­gré les scènes d’émeutes de la veille… Sur les 1 016 per­sonnes in­ter­ro­gées après ces émeutes par Har­ris In­ter­ac­tive, 72 % avaient en­core ré­pon­du : “je sou­tiens le mou­ve­ment”. Seuls 23 % ne le sou­te­naient pas, et 5 % étaient in­dif­fé­rentes. Ces chiffres n’avaient pra­ti­que­ment pas chan­gé de­puis 15 jours !

Bien en­ten­du 85 % des son­dés du 2 dé­cembre désap­prou­vaient l’évo­lu­tion vers la vio­lence. Mais ça n’em­pêche pas les sen­ti­ments : la plu­part d’entre eux per­sis­taient à trou­ver lé­gi­time le sou­lè­ve­ment des gi­lets jaunes, en dé­pit des images de chaos qui avaient dé­fer­lé sur toutes les té­lé­vi­sions. Cette ap­pa­rente sta­bi­li­té dans le sou­tien de l’opi­nion aux gi­lets jaunes, en­vers et contre tout, avait de quoi lais­ser pen­sif.

Em­ma­nuel Ma­cron a char­gé Édouard Phi­lippe de convo­quer les chefs de tous les par­tis pour étu­dier la si­tua­tion avec eux. Belle re­vanche pour ces der­niers, qua­si-pla­car­di­sés de­puis le triomphe ma­cro­niste de 2017 !

Un mo­ra­toire sur la taxe car­bone

Le 3 dé­cembre, on a donc vu à Ma­ti­gnon Oli­vier Faure, pour le PS, qui a ré­cla­mé le ré­ta­blis­se­ment de l’ISF, puis Laurent Wau­quiez, pour Les Ré­pu­bli­cains, qui a ré­cla­mé l’an­nu­la­tion de la deuxième hausse de car­bu­rant en jan­vier. Puis Ma­rine Le Pen. Puis une dé­lé­ga­tion de La France in­sou­mise. Etc… Les gi­lets jaunes, pour leur part, ont re­non­cé lun­di à se rendre à Ma­ti­gnon : les dix in­vi­tés d’Édouard Phi­lippe, tout compte fait, se dé­cla­raient peu sûrs de leur re­pré­sen­ta­ti­vi­té – et peu en­clins à “écou­ter la le­çon du Pre­mier mi­nistre”.

Au ma­tin du 4 dé­cembre : re­cu­lant sur des points im­por­tants, le Pre­mier mi­nistre a an­non­çé un mo­ra­toire de six mois sur les “taxes car­bu­rants”, un re­port de six mois du ren­for­ce­ment du contrôle tech­nique des au­to­mo­biles, et un gel des ta­rifs de l’élec­tri­ci­té et du gaz du­rant cet hi­ver.

Édouard Phi­lippe et Em­ma­nuel Ma­cron ont consta­té, le soir du di­manche 2 dé­cembre, que l’opi­nion pu­blique ne lâ­chait pas les gi­lets jaunes mal­gré les scènes d’émeutes de la veille.

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