Im­pôts

Les en­tre­prises pa­rées

Tendance Ouest Rouen - - LA UNE - Pierre Du­rand-Gra­tian

TPE, PME ou grandes en­tre­prises, toutes ont dû se pré­pa­rer à leur ni­veau à la grande ré­forme fis­cale, qui pré­voit le pré­lè­ve­ment de l’im­pôt à la source de­puis le 1er jan­vier.

Pas de grand bug digne de ce­lui que l’on an­non­çait pour l’an 2000. La ré­forme du pré­lè­ve­ment de l’im­pôt à la source, en­trée en vi­gueur au 1er jan­vier, semble s’être dé­rou­lée, pour l’heure en tout cas, sans ac­ci­dent ma­jeur. Au mois de sep­tembre pour­tant, au mo­ment où la ré­forme était confir­mée par le gou­ver­ne­ment, les TPE et PME rouen­naises étaient en­core dans l’ex­pec­ta­tive. “C’est chiant mais c’est pas

grave”, confiait alors avec phi­lo­so­phie Em­ma­nuel Ra­tel, à la tête de la start-up Weem. Beau­coup comp­taient sur leur comp­table pour gé­rer l’ad­mi­nis­tra­tif. “On a fait beau­coup de com­mu­ni­ca­tion en­vers les confrères qui ont in­for­mé leurs clients en­tre­pre­neurs”, confirme Da­mien Char­rier, pré­sident du conseil ré­gio­nal de l’ordre des ex­perts- comp­tables de Nor­man­die.

“On n’est pas in­quiet”

“La prin­ci­pale me­sure a été de mettre en place le double af­fi­chage sur le bul­le­tin de sa­laire, comme à l’époque du

pas­sage à l’eu­ro”, ex­plique le spé­cia­liste. En clair, une si­mu­la­tion qui a été pro­po­sée dans cer­taines en­tre­prises pour que le sa­la­rié se rende compte dès l’an pas­sé de ce que son sa­laire net al­lait re- pré­sen­ter après la mise en place de la ré­forme. Reste main­te­nant à vé­ri­fier pour les comp­tables, que tous les taux qui sont ap­pli­qués pour chaque em­ployé ont bien été re­çus et sont les bons. “On a un pour­cen­tage d’ano­ma­lie su­pé­rieur à ce qu’on pou­vait an­ti­ci­per mais on n’est pas in­quiet”, ex­plique Da­mien Char­rier. Tech­ni­que­ment en tout cas, pour le paie­ment de l’im­pôt par les en- tre­prises, la mani­pu­lation est simple. Le ver­se­ment de l’im­pôt sur le re­ve­nu a été ajou­té à la Dé­cla­ra­tion so­ciale no­mi­na­tive (DSN). Cet ou­til, uti­li­sé par qua­si l’in­té­gra­li­té des en­tre­prises, re­groupe dé­jà les taux de co­ti­sa­tions ou de contri­bu­tions. “On a ra­jou­té sur cette DSN le taux per­son­na­li­sé de pré­lè­ve­ment pour l’im­pôt sur le re­ve­nu”, dé­taille Oli­vier Der­vil­lers, di­rec­teur ré­gio­nal de

l’Urs­saf. Dans les grandes en­tre­prises, le prin­cipe a été

le même. “On a mis en place une com­mu­ni­ca­tion pour ex­pli­quer le prin­cipe du pré­lè­ve­ment car on avait beau­coup de ques­tions de nos sa­la­riés”, ex­plique Flo­rence Charles, di­rec­trice des res­sources hu­maines chez SGS qui a un la­bo­ra­toire à Saint-Étien­ne­du-Rou­vray et 2 900 sa­la­riés dans le pays. Une si­mu­la­tion a aus­si été mise en place sur le sa­laire de dé­cembre, en guise de pé­da­go­gie. Une ques­tion sub­siste pour l’heure : quel se­ra l’ef­fet psy­cho­lo­gique du nou­veau sa­laire net, qui se­ra in­fé­rieur au mois de jan­vier pour tous les sa­la­riés qui payent des im­pôts ? “Dif­fi­cile à dire”, ré­pond Da­mien Char­rier, qui re­con­naît que “cer­tains com­mer­çants s’in­quiètent d’un pos­sible im­pact sur la consom­ma­tion”. Chez SGS, une so­lu­tion a été pro­po­sée aux sa­la­riés : celle de lis­ser le 13e mois dont ils bé­né­fi­cient sur l’an­née pour com­pen­ser cet ef­fet psy­cho­lo­gique. Un choix pour le­quel ont op­té 20 % des sa­la­riés. Ren­dez- vous au mo­ment de l’édi­tion des fiches de paie à la fin du mois pour la pro­chaine salve pos­sible de ques­tions sur le su­jet.

■ Da­mien Char­rier, pré­sident de l’ordre des ex­perts-comp­tables de Nor­man­die, a été sur­pris par un “pour­cen­tage d’ano­ma­lie su­pé­rieur à ce qu’on pou­vait an­ti­ci­per”.

■ La queue de­vant le centre des fi­nances pu­bliques de Rouen le 3 jan­vier 2019.

■ Ol­li­vier Der­vil­lers, di­rec­teur ré­gio­nal de l’Urs­saf Haute-Nor­man­die.

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