Os­tréi­cul­teurs à la tâche

Les os­tréi­cul­teurs ra­massent leurs dé­chets. Mais pas que !

Tendance Ouest Rouen - - NORMANDIE -

L’ ave­nir ap­par­tient à ceux qui se lèvent tôt, c’est connu. Lorsque l’on parle des os­tréi­cul­teurs, l’ex­pres­sion prend en­core plus de sens.

Ha­bi­tués à ré­col­ter leurs huîtres dès l’aube, cer­tains d’entre eux ont vé­cu une ma­ti­née pas comme les autres, ven­dre­di 21 juin. Ce jour- là, ce sont les dé­chets qu’ils ont ra­mas­sés dans le Bes­sin, sur le lit­to­ral du Cal­va­dos. Une ini­tia­tive du co­mi­té ré­gio­nal conchy­li­cole.

Pots de crème fraîche, fi­lets de pêche…

12 os­tréi­cul­teurs ont rem­pli en­vi­ron 20 pa­niers en trois heures.

Bi­lan : un tiers des dé­chets sont liés à leur ac­ti­vi­té. Le res­tant étant dû à des dé­tri­tus ve­nant de la pêche ou des tou­ristes. “On a ra­mas­sé des cro­chets et poches d’os­tréi­cul­teurs mais aus­si des bou­teilles, fi­lets de pêches, couches de bé­bé, des pots en plas­tique, des jouets d’en­fants et même une se­ringue”, ex­plique, désa­bu­sé, Marc Vi­vier, os­tréi­cul­teur et membre du co­mi­té or­ga­ni­sa­teur. Cette ini­tia­tive ver­tueuse, que le co­mi­té es­père dé­ve­lop­per trois à quatre fois par an, entre dans le cadre d’une dé­marche éco­lo­gique. Les pro­fes­sion­nels savent per­ti­nem­ment que leur ac­ti­vi­té peut oc­ca­sion­ner des dé­chets. En re­vanche, les ra­mas­ser, c’est autre chose.

Et tous ne semblent pas être à la page dans le dé­par­te­ment. “80 % des gens de la profession s’en fichent. L’État et les col­lec­ti­vi­tés nous aident à re­con­qué­rir les eaux du lit­to­ral, on doit aus­si prendre nos res­pon­sa­bi­li­tés et être propres”, in­dique Chris­tophe Le­vêque.

Une amende pour les pol­lueurs ?

Si cer­tains os­tréi­cul­teurs sont sen­sibles à la ques­tion de la pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment, “car nos huîtres en sont tri­bu­taires” glisse Chris­tophe Le­vêque, d’autres ne se sentent pas concer­nés. Que faire ? “On va faire pas­ser des textes pour im­po­ser ce­la à tous les os­tréi­cul­teurs et que ceux qui ne par­ti­cipent pas payent une amende ou une taxe. Ce­la se­ra fait pour le mois de sep­tembre”, pro­met Marc Vi­vier. “Il n’est pas ques­tion que des en­fants se blessent avec nos cro­chets ou nos poches cet été”, conclut Chris­tophe Le­vêque. En tant qu’uti­li­sa­teurs et pro­fes­sion­nels du mi­lieu, ils se doivent d’être ir­ré­pro­chables. Tous.

Pra­tique. Notre re­por­tage, en pho­tos, sur ten­dan­ceouest.com

Marc Vi­vier, os­tréi­cul­teur et membre du co­mi­té ré­gio­nal conchy­li­cole. Au­tour de lui, le fruit de la col­lecte.

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