Sur le pont pour le ré­veillon

Tendance Ouest Rouen - - NEWS - Au­ré­lien De­la­vaud

Le soir du ré­veillon, de nom­breux rouen­nais font le choix du dî­ner au res­tau­rant ou du dî­ner-spec­tacle pour vivre une soi­rée dif­fé­rente.

Si les convention­s col­lec­tives ne le pré­voient pas for­cé­ment, les pa­trons font un ef­fort fi­nan­cier pour leurs em­ployés mo­bi­li­sés le soir du ré­veillon.

Ces soi­rées spé­ciales sont sou­vent pri­sées. Par exemple, chez Gill, toutes les tables étaient ré­ser­vées plus d’un mois avant le ré­veillon.

Moins dans la lu­mière, de nom­breux pro­fes­sion­nels sont ré­qui­si­tion­nés pour la soi­rée du ré­veillon, comme dans les trans­ports ou à l’hô­pi­tal.

En cui­sine, à la barre ou sur scène, ils se­ront à pied d’oeuvre le 31 dé­cembre pour pro­po­ser de belles soi­rées.

Le re­pas de fête, les douze coups de mi­nuit, les em­bras­sades en trin­quant, une coupe à la main... Ce cé­ré­mo­nial tra­di­tion­nel du ré­veillon du jour de l’an, de nom­breux rouen­nais ont l’ha­bi­tude de le vivre en centre-ville, dans des res­tau­rants, des boîtes de nuit ou des salles de spec­tacles qui mettent les pe­tits plats dans les grands pour l’oc­ca­sion. Pour of­frir un ré­veillon ex­cep­tion­nel à leurs convives, cer­tains sa­cri­fient le leur.

“Au dé­but, ça me fai­sait un peu mal, ad­met William Beique, ar­tiste trans­for­miste au ca­ba­ret Les en­fants ter­ribles d’El­beuf. Mais main­te­nant je n’y fais plus at­ten­tion, c’est de­ve­nu comme un sa­me­di soir clas­sique.” Si les in­vi­ta­tions ont conti­nué à af­fluer dans les pre­mières an­nées, ses proches ont main­te­nant aban­don­né l’idée de le comp­ter par­mi eux à cette oc­ca­sion. “Et en­core, j’ai la chance de vivre avec une per­sonne conci­liante sur ce plan-là, qui sait que je m’éclate au bou­lot”, sou­ligne l’ar­tiste.

L’ab­sence de ses proches, c’est l’une des mo­ti­va­tions de Ja­cky De­fline. Le 31 dé­cembre, il se­ra pour la sixième an­née d’af­fi­lée à la barre de L’Es­ca­pade, l’un des ba­teaux de croi­sières de Bo­de­ga&Co. “Ça me per­met d’être quand même dans une am­biance fes­tive, avec le reste de l’équipe et avec les clients. C’est tou­jours une soi­rée très agréable”, ap­pré­cie le ca­pi­taine.

La pres­sion du dé­compte de mi­nuit

For­cé­ment, aus­si fes­tive qu’elle soit, cette soi­rée reste pro­fes­sion­nelle. Avec une pres­sion, puisque les convives mettent sou­vent le

prix pour vivre un mo­ment ori­gi­nal. C’est le cas des clients du res­tau­rant deux étoiles Gill, qui at­tendent

des plats d’ex­cep­tion. “En plus nous avons beau­coup d’ha­bi­tués qui re­viennent d’une an­née sur l’autre, donc il faut tou­jours ré­flé­chir à des nou­velles choses pour les sur­prendre”, pré­cise le chef, Gilles Tour­nadre, qui mi­se­ra cette an­née sur du ho­mard, du pi­geon et quelques sur

prises. Pour lui, cette soi­rée ne pré­sente pas de “pres­sion par­ti­cu­lière, car le dé­rou­le­ment est fa­ci­li­té par un me­nu unique”.

Aux En­fants ter­ribles, William Beique, dans un rôle de maître de cé­ré­mo­nie, re­con­naît qu’il “re­garde l’heure

toutes les cinq mi­nutes”. L’ob­jec­tif est clair : que le re­pas soit ter­mi­né et que chaque convive ait sa coupe de cham­pagne pour trin­quer

à mi­nuit. “Si on res­pecte ça, la soi­rée est réus­sie”, ré­sume l’ar­tiste. Pour Ja­cky De­fline, la pres­sion est si­mi­laire. Dans sa boucle sur la Seine, le pi­lote veut “pas­ser de­vant la ca­thé­drale au mo­ment où

sonnent les 12 coups”. Un pe­tit plus pour les quelque 70 par­ti­ci­pants du dî­ner-croi­sière. Ce n’est qu’une fois de re­tour sur le quai qu’il s’au­to­ri­se­ra une pe­tite coupe de cham­pagne, avec ses col­lè

gues. Car jus­qu’au bout de la nuit, cette soi­rée doit res­ter dif­fé­rente.

“C’est vrai qu’il y a des sa­cri­fices, pour nous et nos proches, mais ça fait par­tie du mé­tier. Et hon­nê­te­ment, quand le spec­tacle est fi­ni et que les gens vous ap­plau­dissent long­temps, vous sou­rient... On se dit qu’on est bien ré­com­pen­sé”, conclut

William Beique.

Dé­jà ha­bi­tué à l’ex­cel­lence dans son res­tau­rant dou­ble­ment étoi­lé, le chef Gilles Tour­nadre se­ra en­core plus at­ten­tif aux dé­tails pour ses convives du 31 dé­cembre.

Aux com­mandes de L’Es­ca­pade, Ja­cky De­fline est avant tout at­ten­tif à la sé­cu­ri­té des pas­sa­gers.

Sur la scène des En­fants ter­rible, le ti­ming de la soi­rée doit être res­pec­té.

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