Lutte contre le vi­rus : ré­vo­lu­tion dans nos ha­bi­tudes

La guerre de tous contre l'épi­dé­mie im­plique un chan­ge­ment ra­di­cal dans les com­por­te­ments et les idées, en tous do­maines.

Tendance Ouest Rouen - - FRANCE MONDE -

70 mil­lions de Fran­çais as­si­gnés à ré­si­dence chez eux : le confi­ne­ment est la seule arme, comme le prouvent la chute des conta­mi­na­tions en Chine et les pre­miers signes de re­flux en Ita­lie. Mais te­nir ain­si plu­sieurs mois im­pose une ré­vo­lu­tion : dans les ha­bi­tudes pri­vées, et dans les normes éco­no­miques et po­li­tiques…

Sur le plan des com­por­te­ments per­son­nels et fa­mi­liaux, le seuil du chan­ge­ment a été fran­chi di­manche soir après le spec­tacle de mil­liers de gens flâ­nant au mé­pris des consignes de sé­cu­ri­té. Mar­di à mi­di, le pays a changé d'état d'es­prit avec le confi­ne­ment. Plus de dé­pla­ce­ments sauf pour l'in­dis­pen­sable : al­ler tra­vailler – si le té­lé­tra­vail est im­pos­sible ; ache­ter des vivres ou des mé­di­ca­ments ; voir un mé­de­cin ; prendre un en­fant en garde al­ter­née – et en ayant ré­di­gé une attestatio­n vé­ri­dique sur l'hon­neur, sous peine d'amende in­fli­gée par quelque 130 000 po­li­ciers et gen­darmes… Cette nou­velle exis­tence à do­mi­cile, avec les en­fants pri­vés d'école, est une ex­pé­rience in­édite pour nos contem­po­rains. D'au­tant que l'in­ter­net risque d'être lui aus­si contin­gen­té…

So­brié­té sur in­ter­net

Pré­sident de la Fé­dé­ra­tion fran­çaise des té­lé­coms, Ar­thur Drey­fuss ap­pelle à la “res­pon­sa­bi­li­té nu­mé­rique” : “Nous en­trons dans une ère de dis­ci­pline so­ciale et de res­pon­sa­bi­li­té nu­mé­rique, in­di­vi­duelle et col­lec­tive.” Pour évi­ter la sa­tu­ra­tion des ré­seaux, les opé­ra­teurs vont donc “prioriser” cer­tains usages et en bri­der d'autres. Place au té­lé-tra­vail et à l'école à dis­tance ; so­brié­té re­quise pour les loi­sirs et le di­ver­tis­se­ment. Et prière “de se mettre en wi­fi – ré­seau fixe – pour té­lé­pho­ner” ! Ain­si pa­rents et en­fants vont de­voir ré­in­ven­ter entre eux une vie moins in­di­vi­dua­liste, avec d'autres rythmes et d'autres dis­trac­tions : “ce se­ra le re­tour des jeux de so­cié­té dans les fa­milles”. À quelque chose mal­heur est bon.

Le confi­ne­ment oblige la po­pu­la­tion à de nou­velles ha­bi­tudes. Plus de dé­pla­ce­ments sauf pour l'in­dis­pen­sable, comme pour al­ler ache­ter des vivres.

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