La col­lec­tion de De­peaux aux Beaux-arts.

Tendance Ouest Rouen - - LA UNE -

Pour Nor­man­die im­pres­sion­niste, le Mu­sée des Beaux-Arts de Rouen inau­gure une ex­po­si­tion dé­diée à ce col­lec­tion­neur d'art.

Di­rec­teur gé­né­ral de la sai­son Nor­man­die im­pres­sion­niste sur le ter­ri­toire de la Mé­tro­pole de Rouen, Syl­vain Amic, di­rec­teur du Mu­sée des Beaux-Arts, nous pré­sente cette nou­velle ex­po­si­tion.

Qui fut Fran­çois De­peaux ?

C'était un in­dus­triel rouen­nais. Sur­nom­mé “Le Char­bon­nier”, il fait for­tune grâce à ses mines de char­bon au Pays de Galle. Mais ce fut sur­tout un ama­teur d'art éclai­ré, qui col­lec­tionne très tôt les pein­tures im­pres­sion­nistes alors que le mou­ve­ment pic­tu­ral est en­core loin d'être ac­cep­té. À Rouen, il a joué un rôle ma­jeur, car il fait don de 53 ta­bleaux au Mu­sée des Beaux-Arts de Rouen en 1909. C'est la troi­sième do­na­tion d'une col­lec­tion im­pres­sion­niste à un mu­sée d'État après le legs Caille­botte et le legs Moreau-Ne­lat­ton. Et c'est sur­tout grâce à lui qu'on a pu cons­ti­tuer la col­lec­tion du Mu­sée des Beaux-Arts, qui est tou­jours la prin­ci­pale col­lec­tion im­pres­sion­niste de pro­vince.

Quels étaient les goûts de ce col­lec­tion­neur d'art ?

Cette ex­po­si­tion tout à fait inédite per­met de re­cons­ti­tuer l'évo­lu­tion de sa col­lec­tion au fil du temps. Fran­çois De­peaux aime vendre et ache­ter. C'est avant tout un homme d'af­faires et il va contri­buer à lan­cer cer­tains peintres, même si cer­tains de ses pa­ris au­da­cieux se soldent par un échec. Il a, par exemple, échoué à pro­mou­voir la pein­ture du Rouen­nais De­lattre au-de­là des fron­tières nor­mandes. C'est en 1890 qu'il com­mence sa col­lec­tion et c'est dans cette pé­riode qu'il achète des Mo­net et Sis­ley, avant que leur côte ne flambe consi­dé­ra­ble­ment. Dans sa col­lec­tion, on constate une nette pré­di­lec­tion pour la pein­ture de Mo­net, Sis­ley, Pi­sar­ro, mais aus­si Le­bourg et Fré­chon.

Comment s'or­ga­nise l'ex­po­si­tion ?

80 toiles sont ex­po­sées. Toutes ont tran­si­té dans les mains de ce col­lec­tion­neur. Par­mi les 600 toiles qui ont, à un mo­ment ou à un autre, fait par­tie de sa col­lec­tion, on en a iden­ti­fié près de la moi­tié. Forts de ces in­for­ma­tions, nous avons sou­hai­té or­ga­ni­ser cette ex­po­si­tion de ma­nière ré­tros­pec­tive, afin de com­prendre comment s'est consti­tuée cette col­lec­tion au fil du temps. L'ex­po­si­tion com­mence donc avec la do­na­tion de 1909 puis, de salles en salles, on re­vient sur les achats an­té­rieurs de De­peaux. Ce­la nous per­met de com­prendre comment, au fil du temps, il a consti­tué sa col­lec­tion. En 1901 il fait dé­jà du tri dans ses toiles et se dé­fait par exemple de sa col­lec­tion d'oeuvres de Tou­louse Lau­trec. L'ex­po­si­tion per­met aus­si d'étu­dier sa re­la­tion avec l'An­gle­terre et la re­la­tion très forte qu'il en­tre­te­nait avec Sis­ley, ori­gi­naire du Pays de Galles. Mais grâce à cette ex­po­si­tion, on com­prend aus­si le rôle mo­teur de De­peaux dans la créa­tion de l'École de Rouen. Dans la chro­no­lo­gie de sa col­lec­tion, 1906 est une date ma­jeure. C'est un mo­ment tra­gique, car, à cause de son di­vorce, il est contraint de vendre sa col­lec­tion. Mais grâce à l'en­tre­mise du mar­chand d'art Du­rand-Ruel, il par­vient à la re­cons­ti­tuer en par­tie.

Pra­tique. Du 11 juillet au 15 no­vembre. Mu­sée des Beaux-Arts de Rouen. 8 à 11 €. mba­rouen.fr

Fran­çois De­peaux fut l'un des plus grands col­lec­tion­neurs et, sur­tout, le plus grand do­na­teur im­pres­sion­niste. Il a joué un rôle ma­jeur pour la pro­mo­tion du mou­ve­ment.

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