Transport Info

L’HISTOIRE D’UNE RENAISSANC­E

Les transports Brevet s’apprêtent à prendre possession de nouveaux locaux en Saône-et-Loire. Un tournant stratégiqu­e et symbolique dans l’histoire de l’entreprise marquée par un redresseme­nt judiciaire en 2006.

- VALÉRIE CHRZAVZEZ

Trop à l’étroit à Châtenoy-leRoyal, l’entreprise de transport frigorifiq­ue Brevet, qui compte 105 camions et 190 salariés, prendra possession au mois de mars, de nouveaux locaux à Crissey (71). Ce qui lui permettra de passer de 1500 m2 d’entrepôts avec 11 portes, à 3000 m2 avec 32 portes. « Nous pourrons ainsi offrir de meilleures conditions de travail à nos équipes et chasser de nouveaux clients », justifie Nicolas Brevet, Pdg de l’entreprise. Ce sera aussi l’occasion pour la société de tourner définitive­ment une page difficile de son histoire. Tout commence en 1966, lorsque René Brevet se lance dans la collecte et la distributi­on de produits laitiers pour Candia en sud Bourgogne. L’affaire se développe et dans les années 1980, le chef d’entreprise acquiert un entrepôt Yoplait pour livrer les grossistes. « Tout allait bien jusqu’en 1990, lorsque la GMS a créé ses propres plateforme­s. Nous avons alors connu quelques années compliquée­s », se souvient Nicolas Brevet, qui se lance dans le dégroupage pour Exel afin de retrouver du business. « Ils réalisaien­t de la marge sur notre dos et ils ont fini par nous laisser un impayé hors pair, qui nous a contraints de déposer le bilan. » Brevet est alors placé en redresseme­nt judiciaire en 2006. « Je suis la preuve qu’il y a une vie après un R.J. », témoigne le transporte­ur, qui souligne avoir mis un point d’honneur à épurer toutes ses dettes. « Le dernier chèque, rédigé en juillet 2017, a été libératoir­e. Mais avant d’en arriver là, il a fallu se battre pendant dix ans. » Des années durant lesquelles le chef d’entreprise est parvenu à multiplier par deux son activité. « Nous sommes passés de 6 millions de CA en 2006, à 16 en 2017. » De cet épisode, Nicolas Brevet a tiré comme principal enseigneme­nt, qu’il ne fallait plus dépendre d’un seul client. Aujourd’hui pas un d’entre eux ne dépasse 9% de son CA, qui était de 20,6 millions l’an passé.

IMPACT LIMITÉ DU COVID

Brevet ne réalise que du transport frigorifiq­ue agroalimen­taire, ce qui lui a permis d’être moins touché que d’autres par la crise sanitaire. Il a quand même perdu 20% d’activité au plus fort de la pandémie et enregistré une baisse de son CA de 6% l’an passé. « Nous opérons pour des clients comme les sandwiches Daunat, qui ont vu leur activité chuter de 70% pendant le premier confinemen­t, ou Transgourm­et, qui a suspendu quelques lignes durant plusieurs semaines. »

En début d’année, les choses semblaient revenir à la normale et Nicolas Brevet s’étonnait même de constater que ses marges étaient meilleures, « parce qu’on travaille un peu moins, mais mieux et qu’on a moins de litiges ». Doté d’un bâtiment flambant neuf, le dirigeant souhaite poursuivre son développem­ent en allant chercher de nouveaux clients. Car Nicolas Brevet est persuadé que, face aux géants du transport frigorifiq­ue, il reste de la place pour les PME comme la sienne. « Parce qu’un petit chargeur est mieux considéré dans une petite structure, qu’en s’adressant aux leaders du marché qui bossent très bien, mais qui lui coûteront très cher, sans forcément lui proposer des solutions adaptées à ses besoins. Je peux proposer du sur-mesure à des prix acceptable­s, tandis que les gros faiseurs imposent des solutions modélisées. »

«NOUS SOMMES PASSÉS DE 6 MILLIONS DE CA EN 2006 2017.» À 16 EN

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Nicolas Brevet
Transports Brevet (71) Nicolas Brevet
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Les transports Brevet disposent de 105 camions.

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