Sé­bas­tien, 40 ans

Trucks Mag - - Enquete -

Les étran­gers nous piquent nos bou­lots et cassent les prix » re­grette Sé­bas­tien qui es­time qu’en plus, ils ne sont pas trai­tés de la même ma­nière. « Quand on se fait fla­sher pour de lé­gers dé­pas­se­ments de la vi­tesse au­to­ri­sée, on est ver­ba­li­sé, mais sur­tout on perd des points alors que les étran­gers, qui n’ont pas de per­mis à points, ne risquent pas de perdre leur outil de tra­vail. Les conduc­teurs fran­çais se sentent per­sé­cu­tés et c’est à se de­man­der si on ne cherche pas à nous re­ti­rer de la route. » Pour lut­ter contre cette concur­rence low-cost, Sé­bas­tien n’est pas d’ac­cord pour ser­vir de va­riable d’ajus­te­ment en ac­cep­tant la pres­sion de son pa­tron pour ga­gner en pro­duc­ti­vi­té. « Mon em­ployeur ac­tuel ne s’y amuse pas, mais je sais que cer­tains pa­trons ont ten­dance à ti­rer. Dans ce cas-là, c’est aux conduc­teurs de ne pas se lais­ser faire et de sa­voir dire non si la charge de tra­vail qu’on leur donne semble in­com­pa­tible avec la ré­gle­men­ta­tion. Les pa­trons savent ce qu’il est pos­sible de nous de­man­der et nous aus­si. Même si cer­tains confrères sont prêts à leur rendre ser­vice, il ne faut ja­mais perdre de vue que s’il ar­rive quelque chose, ce se­ra tou­jours la faute du chauf­feur. C’est lui qui per­dra son per­mis et donc son tra­vail. Le pa­tron, lui, n’au­ra pas de pro­blème pour lui trou­ver un rem­pla­çant. » Sé­bas­tien re­con­naît que, plus jeune, il était moins scru­pu­leux. « J’ai tra­vaillé trois ans en Ita­lie, et il m’est ar­ri­vé d’uti­li­ser un ai­mant pour ga­gner une de­mi­heure. On li­vrait dans des fermes, et notre pa­tron nous avait don­né pour consigne de ne le faire que sur les che­mins blancs. Ce­la nous per­met­tait de pou­voir ren­trer ou d’al­ler re­char­ger. Et on le faisait parce que de­voir dor­mir à 30 km de chez soi parce qu’on a dé­pas­sé son temps de conduite, c’est ra­geant. Mais cer­tains col­lègues ont abu­sé et se sont fait prendre. Le pa­tron a eu des pro­blèmes avec l’ins­pec­tion du tra­vail et nous a de­man­dé d’ar­rê­ter. » Mais ça c’était avant. « Sur les chro­nos, il y a dé­sor­mais une par­tie en cé­ra­mique pour évi­ter qu’on puisse y faire adhé­rer un ai­mant.

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