“Nous em­bau­chons une grande par­tie des per­sonnes for­mées”

Le sec­teur du ca­mion souffre d’un dé­fi­cit de main-d’oeuvre dans tous les do­maines. Pour re­mé­dier à cette pé­nu­rie, le loueur Frai­kin a pris le tau­reau par les cornes en créant sa propre école de for­ma­tion.

Trucks Mag - - Actus -

Trucks Mag : Pour­quoi avez-vous créé votre propre école des Mé­tiers en 2005 ?

Alain-Fran­çois Pia­lat : En se fixant comme ob­jec­tif de me­ner 80% d’une gé­né­ra­tion au bac, la France a dé­va­lo­ri­sé le tra­vail ma­nuel. De­puis une di­zaine d’an­nées, nous souf­frons d’une pé­nu­rie de mé­ca­ni­ciens VUL et PL. Ce qui nous a dé­ci­dé à créer notre propre école pour for­mer les ta­lents dont nous avons be­soin. En lien avec l’Edu­ca­tion na­tio­nale, nous avons mis en place sept centres de for­ma­tion en France.

TM : Quels sont vos ob­jec­tifs de re­cru­te­ment pour cette an­née ?

A.-F. P. : Nous avons com­men­cé notre cam­pagne de re­cru­te­ment pour la pro­chaine ren­trée. Nous pro­po­sons de for­mer des bacs pros en mé­ca­nique et de me­ner les meilleurs d’entre eux jus­qu’au BTS. Sui­vant les an­nées, nous for­mons entre cin­quante et cent jeunes. Pour la ren­trée 2017, nous nous sommes fixé comme ob­jec­tif de re­cru­ter qua­tre­vingts ap­pren­tis. Un chiffre dé­ter­mi­né en fonc­tion de nos be­soins de re­nou­vel­le­ment de notre per­son­nel lié au turn-over et aux dé­parts en re­traite, sa­chant que sur chaque pro­mo­tion, nous em­bau­chons une grande par­tie des per­sonnes que nous avons for­mées.

TM : Où vont les autres ?

A.-F. P. : La for­ma­tion de­mande des in­ves­tis­se­ments im­por­tants. Fi­nan­ciers d’abord – des cen­taines de mil­liers d’eu­ros –, mais des in­ves­tis­se­ments hu­mains éga­le­ment, car chaque ap­pren­ti doit être en­ca­dré par un tu­teur dans l’en­tre­prise. Et si nous n’em­bau­chons qu’une par­tie des jeunes ins­crits dans nos for­ma­tions, c’est parce que cer­tains aban­donnent en cours de route, d’autres se font dé­bau­cher par des so­cié­tés, ou parce que nous opé­rons une sé­lec­tion. Nous n’in­té­grons que ceux ayant un état d’es­prit cor­res­pon­dant à nos va­leurs.

TM : Pour­quoi ne re­cru­ter que des jeunes ? A.-F. P. : At­ten­tion, nous ne re­cru­tons pas que des

jeunes, mais en tant qu’en­tre­prise ci­toyenne, nous avons un rôle à jouer en leur met­tant le pied à l’étrier. Nous sommes une so­cié­té de ser­vices et nos mé­ca­ni­ciens ont un contact avec nos clients, leur rôle est donc pri­mor­dial. C’est pour cette rai­son que nous pri­vi­lé­gions la for­ma­tion de jeunes, que nous pou­vons sen­si­bi­li­ser très ra­pi­de­ment à la culture de notre en­tre­prise.

TM : En­vi­sa­gez-vous de faire en­core plus d’ef­forts pour at­ti­rer vers vos for­ma­tions ?

A.-F. P. : En ef­fet. Les ap­pren­tis qui font quinze jours à l’école, quinze jours dans l’en­tre­prise sont ré­mu­né­rés et hé­ber­gés à nos frais, mais pour en at­ti­rer da­van­tage, nous avons le pro­jet de leur of­frir, en plus, une bourse. Pour le faire sa­voir nous avons pré­vu d’al­ler sur les sa­lons d’orien­ta­tion, dans les ly­cées, dans des as­so­cia­tions d’in­ser­tion so­ciale, pour convaincre des jeunes qui n’ima­gi­naient pas de­ve­nir mé­ca­ni­ciens, un mé­tier pas très gla­mour a prio­ri des avan­tages que ce­la pré­sente. Par exemple, le fait qu’un mé­ca­ni­cien trouve du tra­vail du jour au len­de­main. Nous vou­lons aus­si mettre en avant les bien­faits qu’il y aà faire car­rière chez Frai­kin, où les pos­si­bi­li­tés d’évo­lu­tion sont réelles. Nous pri­vi­lé­gions la pro­mo- tion in­terne, c’est un mar­queur de notre en­tre­prise.

TM : Le sa­laire peut aus­si être une source de mo­ti­va­tion, combien gagne un mé­ca­ni­cien chez Frai­kin ?

A.-F. P. : Nous pré­fé­rons res­ter dis­crets sur ce point, mais nous sommes dans le haut de la four­chette et notre en­tre­prise offre, en plus du sa­laire, des avan­tages sur la san­té, la pré­voyance, le so­cial…

TM : Si un jeune est in­té­res­sé par vos for­ma­tions en mé­ca­nique, que doit-il faire ?

A.-F. P. : Il peut pos­tu­ler di­rec­te­ment sur le site www.frai­kin.com. Il peut aus­si nous re­trou­ver sur Fa­ce­book, via notre page Frai­kin­re­crut’. Tous les jeunes mo­ti­vés, qui n’ont pas peur de tra­vailler en équipe pour pro­gres­ser, et qui sont prêts à par­ta­ger la culture et les va­leurs de notre en­tre­prise sont les bien­ve­nus !

En tant qu’en­tre­prise ci­toyenne, nous avons un rôle à jouer en leur met­tant le pied à l’étrier.

Alain-Fran­çois Pia­lat

En­tre­tien réa­li­sé par Va­lé­rie Chr­zav­zez. Pho­tos : DR.

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