SCA­NIA MUSCLE SON JEU

Trucks Mag - - Sommaire - Texte : Etienne Bayon.

Un an après le lan­ce­ment des vé­hi­cules long-cour­rier, Sca­nia re­vient sur le de­vant de la scène et pré­sente la gamme XT pour ses mo­dèles tout-ter­rain. Do­pée grâce aux der­nières évo­lu­tions mo­teurs de la marque, cette fa­mille of­fi­cia­lise l’ar­ri­vée des ca­bines P et G dé­voi­lées à cette oc­ca­sion. Le nou­veau bloc V8 sans EGR et le re­tour de la pé­dale d’em­brayage sont aus­si par­mi les so­lu­tions tech­nique re­te­nues. Une prise en main dans la fo­rêt sué­doise tom­bait à point nom­mé pour faire connais­sance avec cette nou­velle sé­rie.

Un an après le lan­ce­ment des vé­hi­cules long-cour­rier, Sca­nia re­vient sur le de­vant de la scène et pré­sente la gamme XT pour ses mo­dèles tout-ter­rain. Do­pée grâce aux der­nières évo­lu­tions mo­teurs de la marque, cette fa­mille of­fi­cia­lise l’ar­ri­vée des ca­bines P et G dé­voi­lées à cette oc­ca­sion. Le nou­veau bloc V8 sans EGR et le re­tour de la pé­dale d’em­brayage sont aus­si par­mi les so­lu­tions tech­nique re­te­nues. Une prise en main dans la fo­rêt sué­doise tom­bait à point nom­mé pour faire connais­sance avec cette nou­velle sé­rie.

Lan­cé en 1980, le concept des ca­bines G, P, R et au­jourd’hui S se pour­suit. Cette mo­du­la­ri­té per­met au construc­teur d’of­frir des mo­dèles de dif­fé­rentes tailles tout en conser­vant une mul­ti­tude de pièces com­munes. Le pare-brise de taille unique en est le par­fait exemple. Ce choix donne à l’ache­teur un grand nombre de pos­si­bi­li­tés se­lon ses en­vies. At­ten­tion, le V8 ne peut tou­te­fois être ins­tal­lé que sous la pres­ti­gieuse ca­bine R. Cô­té mo­to­ri­sa­tion, la plage dé­marre à 280 ch et se ter­mine à 730 ch. Il y a donc de quoi conten­ter tous les clients. En ce qui concerne les vé­hi­cules de type por­teur, les ca­bines Pet G de­vraient concen­trer l’es­sen­tiel des confi­gu­ra­tions fran­çaises se­lon les ton­nages et les types de car­ros­se­rie. Le 8x4 benne est très ré­pan­du dans l’Hexa­gone. Ce­la tombe bien : il y en a plu­sieurs face à moi.

8x4 G 500 bi-benne

Pre­mier constat, l’es­thé­tique est plu­tôt sym­pa. La face plate de la ver­sion route, par­fois raillée, est ici moins per­cep­tible. Le style ba­rou­deur est fran­che­ment réus­si. L’équi­pe­ment dé­dié aux vé­hi­cules de chan­tier lui va comme un gant. Le pare-chocs acier « fran­chis­seur » et l’im­por­tante garde au sol qu’il li­bère ac­cen­tuent cet ef­fet de « ré­sis­tance ». Sur le flanc gauche est in­té­grée une marche à la place du coffre ex­té­rieur pour sur­veiller (en se main­te­nant aux barres fixées sur le toit) le bon dé­rou­le­ment du char­ge­ment. Mais c’est à bord que le charme agit le plus. Di­rec­te­ment im­por­té du vais­seau ami­ral, l’in­té­rieur est aus­si beau et agréable. L’es­pace est lar­ge­ment suf­fi­sant pour une uti­li­sa­tion quo­ti­dienne avec une hau­teur de pla­fond im­por­tante pour cette ver­sion in­ter­mé­diaire. Je re­trouve tout ce qui m’a tant sé­duit lors des es­sais pré­cé­dents : R 500 et S 730 (cf.

nos32 et 35). A com­men­cer par la po­si­tion et le même agré­ment de conduite. La fi­ni­tion simple, de base, cor­res­pond à la tâche quo­ti­dienne du vé­hi­cule et semble fa­cile à en­tre­te­nir. D’ailleurs, cô­té en­tre­tien, le construc­teur a pré­vu un équi­pe­ment spé­ci­fique pour un usage en mi­lieu boueux et pous­sié­reux. Ain­si, un ta­pis/bac en ca­ou­tchouc est in­tro­duit par le construc­teur pour ré­duire les in­évi­tables sa­lis­sures. La liste des équi­pe­ments est, comme tou­jours, très com­plète et l’amé­na­ge­ment de cette ca­bine se­mi-pro­fonde peut se faire à la carte. La mise en route confirme mes pre­mières im­pres­sions. Les vé­hi­cules de chan­tier sont de­ve­nus, d’une façon gé­né­rale, confor­tables et fa­ciles à conduire tout en conser­vant des ap­ti­tudes pour les ter­rains dif­fi­ciles. A bord du Sca­nia, c’est une évi­dence, les qua­li­tés rou­tières ont pris le des­sus. La vi­si­bi­li­té sur l’avant et l’ar­rière est idéale dans la cir­cu­la­tion. La di­rec­tion est sur­pre­nante de fa­ci­li­té. Lé­gère, elle ne de­mande au­cun ef­fort pour faire tour­ner les deux es­sieux avant de ce 8x4. Les pistes fo­res­tières que j’em­prunte au­jourd’hui ne com­portent pas de réelles dif­fi­cul­tés de fran­chis­se­ment mais donnent un aper­çu du confort gé­né­ral de rou­lage tou­jours en pro­gres­sion. Il y a bien quelques re­bonds ty­piques des por­teurs à quatre es­sieux, sur­tout avec une sus­pen­sion à lame pa­ra­bo­lique in­té­grale. Car le monde du TP reste fidèle à ses tra­di­tions : les freins à tam­bours, les sus­pen­sions mé­ca­niques et la boîte de vi­tesses ma­nuelle res­tent an­crés dans les cou­tumes pour des rai­sons de fia­bi­li­té ou de coût. Lar­ge­ment sol­li­ci­tés, ces or­ganes ont la ré­pu­ta­tion d’être fiables, ce qui in­cite une par­tie de la clien­tèle à les ré­cla­mer et au construc­teur à les pro­po­ser. En guise de com­pro­mis, la boîte Op­ti­cruise ver­sion XT mixe bien le mo­derne et l’an­cien en pro­po­sant une pé­dale d’em­brayage. Sa pré­sence me sur­prend car les boîtes ro­bo­ti­sées ac­tuelles s’ac­com­modent as­sez bien des dé­mar­rages fré­quents à pleine charge. Elle est pré­vue pour les dé­parts et les très fortes sol­li­ci­ta­tions, et je m’en sers au­jourd’hui pour m’élan­cer sur le par­cours. J’en­fonce la pé­dale de gauche et le ré­gime aug­mente de lui-même. Je re­lâche pro­gres­si­ve­ment de ma­nière tra­di­tion­nelle pour mettre en mou­ve­ment le G 500. C’est très pré­cis et je garde une par­faite maî­trise de la pro­gres­sion du vé­hi­cule, ce qui peut ser­vir. L’exer­cice est concluant. La dou­ceur de fonc­tion­ne­ment en mode au­to est ir­ré­pro­chable sur l’en­semble du tra­cé. Le frein in­ter­mé­diaire ra­jou­té sur cette nou­velle gé­né­ra­tion de GRS905R fait des mer­veilles. Les chan­ge­ments qu’il au­to­rise se font ou­blier, quelle que soit la pres­sion sur l’ac­cé­lé­ra­teur. L’ar­rêt en côte est une for­ma­li­té avec l’as­sis­tance sup­plé­men­taire de l’an­ti-re­cul. C’est une par­tie de plai­sir de cir­cu­ler entre les arbres sur ce tra­cé si­nueux. Dom­mage que la piste soit sèche et por­tante. L’ab­sence de bour­bier ou de rampe ne m’a pas, en ef­fet, per­mis d’ac­ti­ver les blo­cages.

R 580 6x4 trans­port de bois

Mo­dèle em­blé­ma­tique de la marque, le por­teur re­mor­queur est très cou­rant en Suède. Ce­lui-ci pos­sède un dis­po­si­tif an­ti-en­cas­tre­ment fron­tale sous le pare-chocs et une qua­trième marche souple pour com­pen­ser la hau­teur du plan­cher. C’est la ca­bine avec l’op­tion cuir ra­jou­tée à la fi­ni­tion V8, le grand luxe en somme. Ce por­teur 6x4 re­pose sur un es­sieu avant de 8 t à sus­pen­sion mé­ca­nique, un bog­gie et une ca­bine sus­pen­due par cous­sin d’air. Ce­la fait une vraie dif­fé­rence. Les os­cil­la­tions sont bien plus onc­tueuses, la sou­plesse vrai­ment ap­pré­ciable. Le confort dé­li­vré par ce R 580 est au sum­mum. Il n’y a pas de bruit, au­cune vi­bra­tion, c’est le pied. Le tou­cher du vo­lant et le ta­bleau de bord de­vant moi semblent être une er­reur dans ce dé­cor fo­res­tier, comme une er­reur de cas­ting. Pour­tant, c’est bien un vé­hi­cule fait pour tra­vailler en fo­rêt que j’ai entre les mains. Le nou­veau bloc de 16 litres qui s’af­fran­chit de l’EGR (sauf pour la ver­sion 730) vient cou­ron­ner le tout. Il tourne tran­quille­ment et se joue des dé­cli­vi­tés en gar­dant son rythme, le pied à peine po­sé sur l’ac­cé­lé­ra­teur. La trans-

mis­sion est aus­si avec pé­dale d’em­brayage et je dé­marre en­core une fois avec le pied gauche. Rien à dire, que du bon­heur. Il me fe­rait presque ou­blier les dif­fi­cul­tés de la spé­cia­li­té.

Bi­lan

En l’es­pace d’une année, Sca­nia a re­mis les comp­teurs à zé­ro. Après le suc­cès de la gamme « Next Gé­né­ra­tion », le construc­teur en­fonce le clou et ar­rive avec une fa­mille de vé­hi­cules dé­diée à la « construc­tion ». Vaste ap­pel­la­tion qui re­groupe les vé­hi­cules confi­gu­rés pour s’aven­tu­rer aus­si hors du bi­tume. Do­tés de dix-neuf ca­bines dif­fé­rentes et de trois ni­veaux de mo­to­ri­sa­tion, le choix est vaste. Avec un mo­teur de 16 litres qui dé­marre à 520 ch, l’écart est mince avec les 500 ch du mo­teur 13 litres. Beau­coup de ques­tions vont se po­ser pour les ache­teurs qui de­vront se pen­cher sur toutes les confi­gu­ra­tions en­vi­sa­geables. Le confort rou­tier vient de mon­ter d’un cran et la dif­fé­rence avec les long-cour­riers s’an­nonce in­fime. Rou­ler avec un V8 in­té­rieur cuir dans la boue n’est plus for­cé­ment un rêve, mais bel et bien la réa­li­té !

Rou­ler avec un V8 in­té­rieur cuir dans la boue est dé­sor­mais un rêve ac­ces­sible.

Sur ce R 580, le bloc tourne tran­quille­ment et se joue des dé­cli­vi­tés alors que l’on garde le pied à peine po­sé sur l’ac­cé­lé­ra­teur.

Sca­nia, avec son ap­pel­la­tion XT, re­fait une en­trée re­mar­quée et « mar­ke­tée » sur le sec­teur tout ter­rain.

Pho­tos : DR.

an­cé en 1980, le concept des ca­bines G, P, R et au­jourd’hui S se pour­suit. Cette mo­du­la­ri­té per­met au construc­teur de pou­voir of­frir des mo­dèles de dif­fé­rentes tailles tout en conser­vant une mul­ti­tude de pièces com­munes. Le pare brise de taille unique...

Di­rec­te­ment im­por­té des gammes longue dis­tance, l’in­té­rieur est beau et agréable. Un vrai plai­sir.

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