Ta­ra Llanes

« J’adore le sport et tant que je peux pra­ti­quer, j'ai le sou­rire. »

Vélo Tout Terrain - - RÉTRO -

Dif­fi­cile de res­ter de glace de­vant tant de dé­ter­mi­na­tion : Ta­ra Llanes, pi­lote pro­fes­sion­nelle de DH conti­nue de rou­ler, après un grave ac­ci­dent en 2007 qui l'a lais­sée pa­ra­plé­gique. Elle a dé­ve­lop­pé son propre fau­teuil tout-ter­rain et mi­lite pour l'in­té­gra­tion des FTT en Amé­rique du Nord. Mor­ceaux choi­sis de cette ren­contre im­pres­sion­nante.

Vé­lo Tout Ter­rain : Pour ceux qui ne vous connaissent pas, qui êtes-vous Ta­ra ? Ta­ra Llanes : J'ai été pi­lote pro­fes­sion­nelle en DH, dual sla­lom et 4X de 1995 à 2007 pour des marques comme Specialized, Ye­ti ou Giant. J'ai été trois fois cham­pionne na­tio­nale en 2002, 2004 et 2006, mé­daille d'or aux XGames en 99, 2e aux cham­pion­nats du monde de DH en 2000 en Sier­ra Ne­va­da et cham­pionne na­tio­nale Nor­ba en 2007, entre autres. J'ai tou­jours ai­mé rou­ler de­puis toute jeune, j'aime la com­pé­ti­tion et la na­ture. Après mon ac­ci­dent en 2007, ma vie a chan­gé ra­di­ca­le­ment. Ce­la fait main­te­nant neuf ans, avec des hauts et des bas, mais j'ai mo­di­fié ma fa­çon de vivre et dé­sor­mais, je passe mon temps à mi­li­ter pour le dé­ve­lop­pe­ment des FTT ( fau­teuil tout- ter­rain) en Amé­rique du Nord. VTT : Les FTT ne sont pas as­sez in­té­grés dans le sport se­lon vous ? T.L : Je suis per­sua­dée que l'on me re­marque plus parce que je suis en fau­teuil rou­lant. Quand vous évo­luez dans ces condi­tions, vous de­vez vous adap­ter. Je suis as­sez gê­née de dire qu'au dé­but en fau­teuil, c'était dif­fi­cile d'être en­tou­rée par d'autres en fau­teuil éga­le­ment. Je ne vou­lais pas être ca­ta­lo­guée comme dif­fé­rente. Main­te­nant, après avoir re­la­ti­vi­sé, je réa­lise que c'est là que je dois

Magazine VÉ­LO TOUT TER­RAIN être et j'adore la com­pa­gnie d'amis “dif­fé­rents”. S'en­traî­ner comme un va­lide avec une seule jambe ou au­cune, ce­la force le res­pect. VTT : Res­sen­tez-vous des re­la­tions dif­fé­rentes avec les autres spor­tifs de­puis ac­ci­dent ? T.L : J'avais une haute es­time de moi en tant que pi­lote pro, ra­ter une course était im­pen­sable et la peur d'être ou­bliée était très forte. Mais avec les an­nées, ce n'est plus le cas. En mû­ris­sant, vous re­dé­fi­nis­sez vos prio­ri­tés et vous voyez qui sont vos vrais amis, ce sont ceux avec qui je passe le plus de temps. VTT : Rou­lez-vous en­core en com­pa­gnie de pi­lotes va­lides ? Pro­pos re­cueillis par Ch­ris­tophe Vé­ri­té - Pho­to : DR. Da­nielle Bake T.L : Oui, parce que mon fau­teuil Sport-on Ex­plo­rer avec as­sis­tance élec­trique me per­met à nou­veau d'être avec eux sans pro­blème. Sans cette as­sis­tance, je ne peux pas mon­ter aus­si vite qu'eux, ce qui rend toute sor­tie dif­fi­cile. Je pé­dale tou­jours aus­si dur, mais le mo­teur m'aide énor­mé­ment et me per­met à nou­veau de rou­ler avec mes potes. VTT : Jus­te­ment, par­lez-nous de votre fau­teuil. Qu'a-t-il de par­ti­cu­lier ? T.L : Le Sport-on Ex­plo­rer est la rai­son pour la­quelle je suis re­ve­nue dans le VTT. Il y a dix ans, après mon ac­ci­dent, le ma­té­riel en était à ses dé­buts. Il n'y avait pas de vrais FTT, ce qui fait que je n'ai pas rou­lé en tout-ter­rain pen­dant quatre-cinq ans. J'ai fait une le­vée de fonds pour ache­ter mon pre­mier Sport-on bike qui est en­core au­jourd'hui le meilleur pro­duit du mar­ché. L'Ex­plo­rer est fait sur me­sure par rap­port aux autres pro­duits et il est équi­pé de quatre sus­pen­sions quand les autres ne sont sus­pen­dus qu'à l'ar­rière. C'est im­por­tant pour les han­di-sports car se­lon la pa­tho­lo­gie, le fait d'être tout­sus­pen­du peut évi­ter des com­pli­ca­tions. Il y a aus­si des mo­dèles VAE, une ré­vo­lu­tion pour nous ! VTT : Que re­pré­sentent les J.O pour vous ? T.L : J'ai com­men­cé le tennis en fau­teuil il y a quelques an­nées de ça et j'aime au­tant que le VTT ! Mal­heu­reu­se­ment, j'ai quit­té les USA pour le Ca­na­da et pour re­pré­sen­ter son pays, il faut 2 ans de ci­toyen­ne­té. C'est dé­sor­mais chose faite, et mon ob­jec­tif est d'être sé­lec­tion­née pour les JO de 2020 à To­kyo en tennis. VTT : Vous sem­blez tou­jours avoir le sou­rire, com­ment faites-vous ? T.L : J'ai de la chance d'être en vie et d'avoir le sou­tien de ma fa­mille et mes amis et c'est tout ce qui compte. J'aime ce que j'ai trou­vé dans le tennis han­di- sport car j'aime la com­pé­ti­tion et ce­la me per­met d'as­sou­vir mes en­vies de ce cô­té. Je viens juste de com­men­cer le basket aus­si et je suis im­pa­tiente de maî­tri­ser mon fau­teuil pour jouer cor­rec­te­ment. J'adore les sports et tant que je peux pra­ti­quer, j'ai le sou­rire ! VTT : Le mot de la fin ? T.L : Un grand mer­ci au monde du VTT d'avoir été là pour me sou­te­nir à tra­vers cette épreuve, mes spon­sors (Shi­ma­no, Smith Op­tics et TLD), ce­la re­pré­sente beau­coup. Mer­ci aus­si à El­la­dee, ma com­pagne, ma fa­mille et mes amis et à vous, pour l'in­ter­view ! n

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