Pra­tique : 10 rai­sons de rou­ler dans la boue

Vélo Tout Terrain - - SOMMAIRE - Texte : Ch­ris­tophe Vé­ri­té - Pho­tos : D.R.

Il fait froid, il a plu et les sous-bois sont gor­gés de boue. Oui, et alors ? Ce n’est pas une pe­tite flaque qui va frei­ner vos ar­deurs et vos en­vies d’al­ler rou­ler quand même ? Avec nos pré­cieux conseils, em­preints de longues an­nées de pra­tique, d’ex­pé­rience et de bon sens, voire de bon sang, vous se­rez pa­rés pour af­fron­ter la boue, ce cin­quième élé­ment !

1 Votre vé­lo est bien pro­té­gé

Vous ai­mez votre VTT et vous ne vou­lez pas qu’il su­bisse les ou­trages du mau­vais temps, de la pluie et de la boue ? C’est nor­mal, c’est beau l’amour ! Sa­chez ce­pen­dant que vous pou­vez al­ler vous vau­trer dans la boue sans re­mords. Il suf­fit de bien pro­té­ger votre bé­bé. Avec des pro­tec­tions de type Clear Pro­tect à col­ler sur dif­fé­rents en­droits de votre cadre, vous ne crain­drez plus de rayer votre pein­ture avec le frot­te­ment des pneus bien gras sur vos hau­bans, bases et autres par­ties sen­sibles. Ré­sis­tantes aux frot­te­ments et à l’eau, elles du­re­ront un bon mo­ment, sa­chant qu’elles au­ront éga­le­ment une fonc­tion de pro­tec­tion an­ti-choc, sous le tube oblique par exemple, contre les jets de pierres sour­nois. Il fau­dra ce­pen­dant en choi­sir de suf­fi­sam­ment épaisses à cet en­droit, car dif­fé­rentes épais­seurs sont pro­po­sées dans le com­merce.

2 Vous êtes bien pro­té­gé

Bon, votre spad est pro­té­gé pour un match de catch dans la boue, ver­sion hard­core. Et vous ? Une veste im­per­méable (et res­pi­rante si votre bud­get le per­met !), un pan­ta­lon idoine et des chaus­sures étanches avec une mem­brane type Gore Tex com­plé­te­ront votre pa­no­plie de plon­geur en eaux pro­fondes. Ajou­tez à ce­la une paire de garde-boue adap­tés (suf­fi­sam­ment éloi­gnés des pneus pour évi­ter tout bour­rage) comme le com­bo De­flec­tor chez Zé­fal, qui vous évi­te­ra les pro­jec­tions les plus fa­tales. Pen­sez aus­si à une paire de lu­nettes, soit avec verres blancs, soit pho­to­cro­miques, qui pro­té­ge­ront vos pe­tits yeux fra­giles.

3 Pour maî­tri­ser l'art dé­li­cat du drift

Rou­ler dans la boue est un art. Ceux qui le maî­trisent gra­vitent par­mi les dieux de la glisse ! Ha­bi­tué aux ter­rains secs, ou­bliez tout ce que vous croyez sa­voir. La boue est un élé­ment qui a sa propre lo­gique, et sa propre tech­nique aus­si. Il va fal­loir que vous ap­pre­niez à ma­nier votre vé­lo du bout des doigts et lui lais­ser un peu de li­ber­té. Sui­vant le ter­rain, vous au­rez à suivre votre vé­lo et non pas ten­ter de lut­ter (vai­ne­ment) pour al­ler dans une di­rec­tion in­com­pa­tible avec l'in­cli­nai­son du sol. Lais­sez faire et sui­vez le mou­ve­ment ! Vous vous fa­ti­gue­rez beau­coup moins et par­vien­drez à pas­ser presque par­tout. Si vrai­ment vous n'ai­mez pas la glisse, op­tez pour de vrais pneus boue !

4 Pour vous en­traî­ner dif­fé­rem­ment

Lors de vos en­traî­ne­ments hi­ver­naux dans la boue, vous n'au­rez pas le même ren­de­ment que sur le sec. Ou­bliez les longues dis­tances à plus de 20 km/h de moyenne. Si vous vous his­sez pé­ni­ble­ment à 14 km/h, ce se­ra dé­jà beau. Vous vous fa­ti­gue­rez aus­si beau­coup plus car la boue a cette pe­tite pro­prié­té mar­rante de col­ler à tout ce qui s'y en­glue. Vos pneus (spé­cial boue, ce­la va sans dire) de­vront être de pe­tite sec­tion (genre 2.00 grand max) et lé­gè­re­ment sous­gon­flés. Voyez notre point N°5 pour plus de dé­tails tech­niques.

5 Pour rou­ler « sous pres­sion »

Si vous roulez en tu­be­less, vous connais­sez les bien­faits de la basse pres­sion par rap­port à un mon­tage avec chambre à air. Mais dans la boue, point de basse pres­sion. Pour al­ler cher­cher le grip tout au fond des mares, il faut sur­gon­fler d'au moins 0,3 bar pour que le pneu s'écrase moins sur votre poids. Il pour­ra alors al­ler cher­cher le grip au plus proche du sol, en­core dur.

6 La joie de pré­pa­rer votre vé­lo pour l’hi­ver

Outre la pro­tec­tion de votre cadre dans notre point N°1, vous pour­rez aus­si vous adon­ner à dif­fé­rents pe­tits mon­tages qui met­tront en va­leur vos qua­li­tés de bri­co­leur aver­ti et émé­rite. Par exemple, bou­chez l’ar­rière de votre ar­ceau de fourche avec du chat­ter­ton pour évi­ter que la boue ne s’y in­cruste ; pen­sez à mettre des pla­quettes de frein mé­tal­liques, plus dures que les mo­dèles or­ga­niques et plus en­du­rantes (même si elles sont moins puis­santes) ; bou­chez le pi­vot de fourche (en des­sous) pour les mêmes rai­sons que pour l’ar­ceau. Vous en vou­lez en­core ? Pas de pro­blème : pro­té­gez votre jeu de di­rec­tion avec un mor­ceau de chambre à air afin d’évi­ter toute in­crus­ta­tion d’eau. Der­nière as­tuce qui va lais­ser pan­tois vos potes : col­lez de la toile éme­ri au­to­col­lante sur vos le­viers de freins et com­mandes pour amé­lio­rer le grip de vos pe­tits doigts gan­tés !

7 Le pi­lo­tage de­vient un jeu !

Une fois que au­rez ap­pré­hen­dé et maî­tri­sé vos pneus boue dans l’élé­ment du même nom, il fau­dra que vous soyez “patte de ve­lours” sur les pé­dales de votre ma­chine afin de ne pas pa­ti­ner comme un pi­lote de drag­ster en bout de piste. Soyez mo­dé­ré et souple, soyez fluide, évi­tez les à-coups en pé­da­lant : un bon exer­cice pour pé­da­ler rond comme on dit sur route, et qui vous per­met­tra de gar­der du grip et donc de la mo­tri­ci­té. De même, il fau­dra an­ti­ci­per vos tra­jec­toires et ne pas y al­ler comme un bour­rin en ligne droite : fuyez comme la peste les ra­cines en dé­vers et autres ro­chers ; en­rou­lez les obs­tacles, abu­sez des ma­nuals et whee­lings pour sou­la­ger votre roue avant : vous évi­te­rez ain­si toutes ses pro­jec­tions et pour­rez la pla­cer in­tel­li­gem­ment. Du vrai pi­lo­tage !

Plouf, plouf… ce se­ra toi qui se­ra le plus crade !

8 Pour prendre vos dis­tances avec vos potes et res­ter “propre”

Il va aus­si fal­loir ré­ap­prendre à rou­ler en groupe, sur­tout avec la boue qui fe­ra par­tie in­té­grante de la ba­lade ! Ou­bliez des tech­niques comme « faire l’as­pi » de vos potes ou en­core le col­lage de roue ar­rière pour mettre la pres­sion. Si vous le faites, vous au­rez la joie d’avoir une peau ni­ckelle grâce au bain de boue gra­cieu­se­ment of­fert par la roue ar­rière de vos de­van­ciers, sur­tout s’ils roulent en for­mat Plus, très gé­né­reux en pro­jec­tions ! Lais­sez un peu de dis­tance, en­vi­ron 3 m, pour évi­ter d’être re­peint, mais pas plus, pour ne pas vous lais­ser dis­tan­cer. Grâce à cette dis­tance, vous au­rez aus­si l’op­por­tu­ni­té de pou­voir chan­ger de voie plus fa­ci­le­ment si vous pen­sez que c’est plus sûr et vous ver­rez les obs­tacles plus ai­sé­ment.

9 Pour illu­mi­ner les sous-bois

Qui dit hi­ver, dit boue, mais aus­si jour­nées beau­coup plus courtes. Pour­quoi ne pas tes­ter les sor­ties noc­turnes, conju­guant bain de boue et ride en pleine fo­rêt à la chan­delle ? Bon, à dé­faut de chan­delle, pré­voyez une bonne pe­tite lampe qui va bien : au mi­ni­mum 600 Lu­men, voire 800 ou car­ré­ment plus si vous avez peur dans le noir. Vous ver­rez, rou­ler de nuit change com­plè­te­ment une sor­tie, même sur un tra­cé que vous connais­sez par coeur. Goû­tez aux joies de la (re)dé­cou­verte grâce à votre éclai­rage sur­puis­sant et kif­fez comme une bête de voir le pay­sage se dé­voi­ler sa­pin après sa­pin. Joie et bon­heur, voire ga­melles, ga­ran­tis !

10 Pour être un “vrai” vé­té­tiste !

Ben quoi ? Si vous vou­lez mé­ri­ter le titre de vrai vé­té­tiste, de pi­lote sans peur ou de bi­ker de l'ex­trême, il faut que vous soyez apte à sa­voir rou­ler quel que soit le temps. Une peu de pluie, de la boue et alors ? Il en fau­dra bien plus pour vous obli­ger à res­ter dans vos cha­ren­taises, au coin du feu avec un thé brû­lant et le chat sur les ge­noux ! Soyez un homme (ou une femme !) et sor­tez ! Vous ap­pren­drez beau­coup, vous vous amu­se­rez, et il y a fort à pa­rier que vous en re­de­man­de­rez! Et puis, il pa­raît que c'est bon pour la peau...

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