Mous­tache Sa­me­di 27

Trail 6

Vélo Tout Terrain - - CONTENTS - Texte : B.L. - Pho­tos : N.LC & B.L.

Rou­ler sur un VTT Mous­tache est tou­jours une belle ex­pé­rience que l’on de­vrait im­po­ser à tous les fu­turs ac­qué­reurs d’un VTT à as­sis­tance élec­trique. La rai­son à ce­la, c’est que cette marque s’est im­po­sée au fil des an­nées comme une ré­fé­rence en la ma­tière en fai­sant en­trer cette ca­té­go­rie de vé­lo dans une ère mo­derne, que ce soit en termes de géo­mé­trie, mais aus­si de sus­pen­sions.

Mous­tache a dès le dé­but su in­té­grer la com­po­sante du poids du mo­teur et de sa bat­te­rie, mais a éga­le­ment com­pris l’en­jeu du train rou­lant avec cet af­flux de couple.

Au­jourd’hui, Mous­tache en est à sa sep­tième sai­son, et force est de consta­ter qu’il faut tou­jours comp­ter sur elle pour être aux avant-postes de l’in­no­va­tion, même si ce­la se fait plus dis­crè­te­ment. Ce Sa­me­di 27 Trail en est une par­faite illus­tra­tion même dans cette ver­sion 6, presque d’en­trée de gamme. Par exemple, on y trouve la nou­velle tige de selle té­les­co­pique do­tée d’une com­mande au gui­don des­si­née par la marque, l’amor­tis­seur dis­pose d’un nou­veau trai­te­ment d’ano­di­sa­tion sur le corps et sur la tige pour ré­duire les fric­tions, on est dé­sor­mais sur une trans­mis­sion en 11/46 à l’ar­rière ou en­core le che­mi­ne­ment des gaines no­tam­ment au ni­veau de la biel­lette a été op­ti­mi­sé pour li­mi­ter les contacts. Au­tant de chan­ge­ments qui montrent que ce vé­lo at­teint une ma­tu­ri­té. Pour ce qui est du vrai­ment vi­sible, le Trail 6 adopte le nou­veau mo­teur Bosch Per­for­mance CX qui a été op­ti­mi­sé pour l’uti­li­sa­tion en VTT avec une meilleure ges­tion du couple et sur­tout beau­coup moins de frot­te­ments au pé­da­lage res­sen­tis à l’ar­ri­vée fa­ti­dique des 25km/h. Dé­sor­mais ce mo­teur se rap­proche du Shi­ma­no, mais sans l’éga­ler, vous per­met­tant de rou­ler au-de­là de l’as­sis­tance sans de­voir vous traî­ner en plus du poids de la bête, les ré­sis­tances du mo­teur mé­ca­nique. Et du coup, mal­gré les 23,55kg de la bête, eh bien elle roule plu­tôt pas mal. D’au­tant que vu l’au­to­no­mie de l’en­gin, le mode Eco (qui donne dé­jà beau­coup de sa puis­sance), voire le mo­teur éteint, se­ront vos al­liés. Et sur­tout ne pen­sez pas dé­pas­ser les 30km d’au­to­no­mie en mode e-MTB, le fa­meux mode pro­po­sé par Bosch qui est cen­sé op­ti­mi­ser son as­sis­tance en fonc­tion de votre ma­nière d’ap­puyer sur les pé­dales. En ef­fet, si comme nous, vous avez le pied lourd, il pas­se­ra son temps à vous pro­pul­ser en mode Tur­bo dans la moindre côte. Du coup, bin... ça tète ! Pour notre part,

nous n’avons ja­mais pu dé­pas­ser les 50km avec 1000m de dé­ni­ve­lé po­si­tif (tem­pé­ra­ture moyenne de 5°C), sur un ter­rain par­fois très gras (éner­gi­vore), et en­core, en ayant op­ti­mi­sé la consom­ma­tion au point de faire plu­sieurs ki­lo­mètres sans as­sis­tance (heu­reu­se­ment que le mo­teur Per­for­mance CX a vu ses frot­te­ments se ré­duire dras­ti­que­ment). Une fois que vous avez pris en compte cette com­po­sante, il ne vous reste plus qu’à pro­fi­ter du spec­tacle.

Une di­rec­tion vive

Pour être tout à fait hon­nête, les pre­miers ki­lo­mètres en selle ne nous ont pas bou­le­ver­sés, en tout cas, pas plus que sur les nou­velles gé­né­ra­tions comme le Pi­vot Shut­tle. Il faut dire que le ter­rain est plu­tôt rou­lant et peu ac­ci­den­té. Certes la dif­fé­rence avec le Sa­me­di 27 Trail car­bon, au-de­là du poids, se fait res­sen­tir au ni­veau du com­por­te­ment du vé­lo. La ver­sion alu semble plus to­lé­rante, même si les ré­so­nances dans le cadre sont plus aigües avec l’alu, donc plus fa­ti­gantes. Heu­reu­se­ment, à ce ni­veau, les sus­pen­sions tra­vaillent plu­tôt bien, no­tam­ment à l’avant où la Sun­tour ab­sorbe tel­le­ment bien qu’elle donne l’im­pres­sion d’avoir tout le temps du jeu dans la di­rec­tion. Elle amor­tit ab­so­lu­ment tout. Elle lit le ter­rain de ma­nière in­croyable. C’est simple, on a l’im­pres­sion de ne rien avoir sous le cintre. Par contre, elle a ten­dance à al­ler un peu vite en dé­bat­te­ment sur la ré­cep­tion de sauts.

SÉ­RIEU­SE­MENT, IL FAUT VIVRE CE­LA UNE FOIS DANS SA VIE : QUELLE FLUI­DI­TÉ DANS LA PENTE ! LA GES­TION DE LA COM­PRES­SION HAUTE VI­TESSE EST SCAN­DA­LEUSE TANT LE VÉ­LO EST D’UNE STA­BI­LI­TÉ EXEM­PLAIRE

Il fau­dra obli­ga­toi­re­ment mettre des cales de­dans pour rendre le res­sort plus pro­gres­sif. Autre point mar­quant, l’im­pres­sion de vi­va­ci­té. La di­rec­tion est très souple sur peu d’angle, ce qui est plu­tôt pas mal pour la maniabilité à faible vi­tesse. Pas­sé ce point, la di­rec­tion tombe com­plè­te­ment, il faut donc faire at­ten­tion dans ses mou­ve­ments de bras pour ne pas se re­trou­ver à l’équerre avant la fin du vi­rage. D’au­tant que si vous haus­sez le ton dans les suc­ces­sions de vi­rages, il va fal­loir agir avec dé­li­ca­tesse. Le Trail n’est plus aus­si fa­cile. La di­rec­tion se fait plus dure, et la ri­gi­di­té du châs­sis im­pose de for­cer le trait pour ins­crire le vé­lo. Tout ce­la se fait à coups de dé­han­chés et de mou­ve­ments d’épaules qui im­posent une bonne condi­tion phy­sique. Dans les grandes courbes prises à Mach12, c’est en­core une autre his­toire…

Le se­cond ef­fet Kiss Co­ol

On re­con­naît un bon VTTAE à sa ca­pa­ci­té à grim­per l’im­pos­sible. Le Trail 6 est de ceux-là. Là où les concur­rents ont ten­dance à dé­les­ter de la roue avant, ici même si la di­rec­tion se fait (en­core) plus souple, la roue avant ne s’en­vole pas. Le se­cret ré­side dans l’amor­tis­seur ar­rière. En ef­fet, il est un peu plus char­gé en com­pres­sion hy­drau­lique basse vi­tesse de sorte que mal­gré le poids du pi­lote qui a ten­dance en mon­tée à al­ler vers l’ar­rière, et donc s’ap­puyer plus sur la sus­pen­sion, celle-si ne s’en­fonce pas. Ce qui per­met au vé­lo de conser­ver une bonne as­siette et donc de grim­per mieux. Sans comp­ter que si le pneu manque d’ac­croche la­té­rale mon­té à l’avant quand le ter­rain se fait glis­sant, à l’ar­rière, il fait des mi­racles.

Le troi­sième ef­fet Kiss Co­ol

Le Sa­me­di 27 Trail 6 est un bon VTTAE, vrai­ment, mais la concur­rence a fait des pro­grès, du coup, c’est vrai que jus­qu’à ce mo­ment de fo­lie, à part le des­sin très pur, il est loin de faire la dif­fé­rence. Mais quel est ce mo­ment de fo­lie? C’est ce­lui où vous vous lan­cez sans re­te­nue dans la pre­mière des­cente dé­fon­cée. Pierres acé­rées im­po­sant des chan­ge­ments de lignes ra­pides, un champ de mine où le moindre frei­nage est sy­no­nyme de tan­quage, voi­là où le Mous­tache s’ex­prime à sa juste va­leur. Mal­gré ses 140 mm de dé­bat­te­ment, et ses 67,5° d’angle avant (en sta­tique, il dé­vale à la ma­nière d’un vé­lo de des­cente, 25% de pré­con­trainte à l’ar­rière et 30% à l’avant). C’est hal­lu­ci­nant de voir comme le vé­lo filtre tout. La ges­tion des sus­pen­sions est tout bon­ne­ment ma­gis­trale avec un ac­cord avan­tar­rière qui im­pres­sionne. Et ça se lit ins­tan­ta­né­ment sur le vi­sage du pi­lote qui es­quisse un sou­rire de bon­heur. Sé­rieu­se­ment, il faut vivre ça une fois dans sa vie, quelle flui­di­té dans la pente! La ges­tion de la com­pres­sion haute vi­tesse est scan­da­leuse tant le vé­lo est d’une sta­bi­li­té exem­plaire. Mais plus en­core, la ges­tion de la dé­tente haute vi­tesse à l’ar­rière est ma­gis­trale ! Ja­mais vous ne se­rez sur­pris par un coup de ra­quette, et tout ça parce que de­puis tou­jours Em­ma­nuel An­ton­not, l’homme der­rière cette réus­site, mi­lite pour la sé­pa­ra­tion des cir­cuits de dé­tente. Il doit y avoir les basses vi­tesses, pour l’usage nor­mal que l’on peut même se per­mettre de mettre trop ra­pide, et les hautes vi­tesses qui sont ré­glées d’ori­gine plus lentes grâce à l’ex­pé­rience de l’in­gé­nieur, pour gar­der un contrôle du vé­lo dans le vif de l’ac­tion. Evi­dem­ment ce­la ne fait pas tout, la géo­mé­trie est aus­si là, avec une grosse sta­bi­li­té gé­né­rale du vé­lo, sans par­ler de la ri­gi­di­té im­por­tante du train ar­rière (peut-être d’ailleurs un peu trop car nous avons eu des sur­sauts sur les gros ap­puis en la­té­ral) qui per­met d’être sur un rail. Par contre, re­vers de la mé­daille, plus on va vite, plus le vé­lo se dur­cit, et la di­rec­tion a sa part du lot puis­qu’il de­vient de plus en plus dure au fur et à me­sure que vous pre­nez de la vi­tesse. Il faut des bras pour te­nir la bête. At­ten­dez-vous à avoir des cour­ba­tures dans les tra­pèzes et les bras lourds après une sor­tie spor­tive. Mous­tache montre une fois en­core qu’il est res­té aux avant-postes, et ce Sa­me­di 27 Trail 6, mal­gré un équi­pe­ment qui pour­rait faire croire à un en­trée de gamme, est com­plè­te­ment fonc­tion­nel, at­ta­chant et sur­tout donne la ba­nane dès que la pente se fait dé­fer­lante.

4 599 € │ 23,55 kg en taille M sans pé­dales │ Dé­bat­te­ment : 140 mm av. ;140 mm ar. │ Mo­teur : Bosch Per­for­mance CX Pra­tique : val­lon­né, mon­tagne, ran­do-spor­tive, com­pé­ti­tion

Une bat­te­rie se­mie in­té­grée, qui peut être re­ti­rée pour être char­gée à son do­mi­cile, un porte-bi­don uti­li­sable, au­tant de dé­tails pra­tiques pour ce VTTAE !

L’amor­tis­seur mai­son a en­core été op­ti­mi­sé pour une ges­tion en­core plus fine des hautes vi­tesses en dé­tente et en com­pres­sion.

Le per­fec­tion­nisme passe par ce pe­tit an­ti­dé­raille­ment en des­sous du pé­da­lier qui évite les re­mon­tées de chaîne qui mettent en dé­faut le mo­teur. Ici, rien de tout ça grâce à cette as­tuce.

La proue du vé­lo offre une très bonne ri­gi­di­té, ce qui per­met à ce vé­lo d’être pré­cis dans ses tra­jec­toires, même avec son gros pneu à l’avant.

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