ÇA, C’EST VRAI­MENT TOI

Dé­chif­frage de la car­rière de Ste­phen King, l’au­teur de best-sel­lers qui tient Do­nald Trump en hor­reur.

Vanity Fair (France) - - Fanfare - EMI­LY BAR­NETT

Un ro­man, deux f ilms, trois sé­ries : l’heure de la re­traite n’a pas en­core son­né pour Ste­phen King. À 70 ans, le roi de l’épou­vante conti­nue d’inon­der nos écrans de ses fic­tions dan­tesques, conso­li­dant un peu plus son sta­tut de gou­rou de la pop culture mon­diale. Parce que, de­puis quatre dé­cen­nies, King ne s’amuse pas qu’à nous faire peur ; il nous montre un vi­sage de l’Amérique : celle de la vio­lence et des pul­sions, des fa­milles dys­fonc­tion­nelles, des vi­rus mor­tels et de la bi­go­te­rie. Ces der­nières an­nées, ses ro­mans ont pris un tour plus po­li­tique. On lit King pour s’oc­troyer un fris­son, s’éva­der, mais aus­si pour son exa­men acé­ré et constant de la so­cié­té amé­ri­caine. Fa­rouche op­po­sant de Trump, l’au­teur de Ch­ris­tine et Mi­se­ry est une py­thie vi­gi­lante, un scribe in­fer­nal qui dé­chiffre comme per­sonne l’être hu­main et son rap­port pa­tho­lo­gique à la des­truc­tion. Où s’ori­gine le mal ? Sou­vent dans l’Amérique or­di­naire. Sa­lué à sa sor­tie aux États-Unis, Slee­ping Beau­ties est l’un de ces livres. An­cré dans une pai­sible bour­gade, il tourne vite au cau­che­mar quand un psy­chiatre et sa com­pagne, agent de po­lice, af­frontent une pan­dé­mie qui trans­forme les femmes en zom­bies meur­trières. Cette fable co­écrite avec son fils Owen offre une mé­ta­phore épique et foi­son­nante sur la guerre des sexes et la ven­geance fan­tas­ma­tique du fé­mi­nin contre une hu­ma­ni­té mâle en plein désar­roi. Comme si, dans l’ima­gi­naire de King, toute femme était une Car­rie en puis­sance. —

Slee­ping Beau­ties de Ste­phen et Owen King (Al­bin Mi­chel). Sor­tie le 28 fé­vrier.

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