Art À POR­TER

Le joaillier Lau­rence Graff vient de pré­sen­ter des pa­rures in­édites ins­pi­rées des ta­bleaux de Cy Twom­bly. L’oc­ca­sion pour ce grand col­lec­tion­neur d’évo­quer ses plus belles trouvailles, ses en­chères lou­pées et sa pas­sion des dia­mants.

Vanity Fair (France) - - Vanity Case - BÉNÉDICTE BURGUET

au­rence Graff a tou­jours eu l’âme d’un col­lec­tion­neur. En­fant, il ac­cu­mu­lait dé­jà des pa­quets de ci­ga­rettes et des mor­ceaux de marbre comme des tré­sors. « J’étais ob­sé­dé à l’idée de réunir la plus belle et la plus com­plète col­lec­tion pos­sible », confie ce self­made-man qui a re­pris la bou­tique lon­do­nienne du dia­man­taire qui l’a for­mé en 1960, et a lan­cé la suc­cess-sto­ry Graff dans la fou­lée. C’est l’ac­qui­si­tion d’un Re­noir au dé­but des an­nées 1970 qui a fait bas­cu­ler le joaillier dans le monde très fer­mé des col­lec­tion­neurs : « Je l’ai d’abord mis sous clé. Puis je l’ai ac­cro­ché et j’ai com­pris que j’ai­mais le voir au mur. Je me suis alors pro­mis d’ache­ter chaque an­née une pein­ture im­pres­sion­niste. » Dès lors, sa col­lec­tion s’étoffe puis glisse pro­gres­si­ve­ment vers l’art contem­po­rain. Mais avant d’ap­pré­cier Bas­quiat, Lich­ten­stein, Ch­ris­to­pher Wool, Ru­scha, Damien Hirst ou Pi­cas­so, dont les oeuvres dé­corent au­jourd’hui son bu­reau à Londres ain­si que ses ré­si­dences à Gs­taad ou en Afrique du Sud, Lau­rence Graff a du tout ap­prendre.

« Il faut d’abord être connais­seur, comme pour les pierres pré­cieuses, sou­ligne- t-il. Ces achats exigent un sa­voir pour les ap­pré­cier plei­ne­ment. J’ai pas­sé des heures dans les ga­le­ries et les mu­sées, à étu­dier et à lire. » Sa plus belle dé­cou­verte ? Il ne sau­rait le dire. Sa plus grande dé­cep­tion ? « Une scène de ca­nal peinte par Claude Mo­net. J’ai été si hyp­no­ti­sé par cette toile que je suis par­ti à New York avec la ferme in­ten­tion de l’ache­ter. Éva­luée à 1 mil­lion de dol­lars elle s’est en­vo­lée à 1,2 mil­lion [970 000 eu­ros]. Je l’ai per­due et je la re­gret­te­rai tou­jours. »

En mars, la mai­son Graff pré­sen­tait ses der­nières créa­tions à la foire de Bâle, dont une ligne in­édite réunis­sant les deux pas­sions de son fon­da­teur : les dia­mants et l’art contem­po­rain. En vi­trine, des ara­besques de pla­tine et dia­mants di­rec­te­ment ins­pi­rées des ta­bleaux de Cy Twom­bly, ar­tiste amé­ri­cain mar­qué 2 1 3 par le graf­fi­ti et l’écri­ture. « Il y a un sen­ti­ment d’ur­gence dans ses tra­vaux. Cer­tains sont d’une in­ten­si­té à cou­per le souffle. J’ai pen­sé qu’il se­rait beau de cap­ter la spon­ta­néi­té des lignes de l’ar­tiste avec des pierres pré­cieuses. » Des oeuvres d’art à por­ter sur soi. — 4

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