Var-Matin (Brignoles / Le Luc / Saint-Maximin)

À Carnoux, les pompiers restent sur le qui-vive

- MARION CAZANOVE

Après l’effort, le réconfort. Aux pompiers adossés à leurs véhicules, sur le parking du village de vacances Odalys, un petit garçon offre des boîtes de bonbons. Un geste de remercieme­nt pour les hommes qui ont travaillé toute la nuit pour maîtriser le feu entre Carnoux et Aubagne. En tout, ce sont 240 hectares de pins et de garrigue qui sont partis en fumée. Évacués entre 17 et 18 heures samedi, les 400 vacanciers d’Odalys ont regagné leurs cabanons de bois vers 22 h 30. Hier après-midi, ils vaquaient déjà à leurs occupation­s, alors qu’une odeur de brûlé étreignait encore le nord de Carnoux. Le feu s’est arrêté à quelques mètres du grillage du centre Odalys, avec son décor de désolation : pins calcinés, cendres noires, végétation carbonisée…

Le feu maîtrisé malgré quelques reprises

Du haut d’un vallon, Bruno Marcelle, chef de secteur sur le feu, surplombe Aubagne. Il montre les flancs calcinés. « C’est une zone qui a déjà brûlé », explique-t-il dans son véhicule tout-terrain. La voiture rouge cahote violemment sur les cailloux de la route. Au-dessus, l’hélicoptèr­e déployé pour maîtriser les reprises fait des allers-retours entre les citernes et les foyers de fumée. Une odeur d’ammoniaque pèse sur la garrigue : c’est le “retardant” largué par l’hélicoptèr­e. Mais c’est par voie terrestre, et non aérienne, que l’on éteint un feu. Les aéronefs stabilisen­t, les pompiers au sol éteignent. Régulièrem­ent sur les vallons, de la fumée s’élève, signe d’une reprise – mineure – du feu. « Iln’yapas une zone que l’on ne peut pas couvrir », sourit Bruno Marcelle. Il pointe les longs tuyaux qui montent un flanc de colline. « Ici, le sentier est trop étroit pour les engins, alors on a porté les tuyaux à dos d’homme ». Les pompiers resteront mobilisés encore plusieurs jours, notamment les effectifs d’autres départemen­ts venus en renfort. Environ 500 hommes ont combattu le feu dans la nuit de samedi à dimanche. En contrebas, une dizaine de sapeurs-pompiers se reposent en tenue, à l’ombre des camions. Ils sont prêts à être déployés à tout moment, malgré le manque de sommeil et le peu de nourriture qui leur est parvenue. « Eh, chef!» lance en riant un homme qui repart en patrouille. « Pour moi, fritesketc­hup ! » Tant que l’appétit va… c’est que le moral des troupes n’est pas entamé !

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(Photos M. C.) Bruno Marcelle (à droite) repère les reprises pour mieux les indiquer aux hélicoptèr­es.

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