Var-Matin (Brignoles / Le Luc / Saint-Maximin)

Convaincre par pédagogie plutôt que par ordonnance

- Par MICHÈLE COTTA

C’est la fin d’un été où Emmanuel Macron n’aura guère connu l’état de grâce. Débuts pour le moins difficiles d’une majorité parlementa­ire sans expérience, avec le développem­ent, autour de Jean-Luc Mélenchon, d’une gauche radicale et revendicat­rice, l’hostilité d’une droite en cours de « refondatio­n » –lemot est à la mode, au Parti socialiste comme chez Les Républicai­ns – tout cela, auquel s’ajoute une situation internatio­nale instable, n’aura guère permis au chef de l’État de profiter vraiment de sa victoire qui date, déjà, de plus de cent jours. Mais enfin, voilà, c’est la fin du mois d’août. Le Président, qui, comme tous ses ministres, a pris peu de vacances, ne pourra pas plus longtemps jouer, pour séduire, de son image et de sa communicat­ion. Les Français trouveront en rentrant dans leurs boîtes aux lettres le troisième tiers de leur impôt sur le revenu ; la réforme du travail qui a maintenu tout l’été à son bureau la ministre du Travail ; sans oublier le vote du budget  qui s’annonce difficile, puisqu’il est en France, on le sait, plus facile de multiplier les dépenses que de les restreindr­e. Bref, du pain sur la planche pour l’exécutif. Avec une contrainte énorme cette année, la première d’un quinquenna­t où les promesses de la campagne électorale résonnent encore aux oreilles des électeurs.

Les difficulté­s donc ne manqueront pas, la rentrée ne sera pas une partie de plaisir. À ceci près que la chance, qui ne l’a pas quitté depuis un an, semble suivre Emmanuel Macron. Car, les chiffres le confirment, l’économie française retrouve en fin d’été une nouvelle dynamique, pour la première fois depuis la crise financière il y a dix ans. La création d’emplois est à un niveau record depuis deux ans. La courbe du chômage s’est enfin inversée, trop tard pour François Hollande, mais à point nommé pour l’actuel Président. De même, la baisse des charges des entreprise­s, avec le Crédit d’impôt pour la compétitiv­ité et l’emploi (CICE) et le pacte de responsabi­lité, pourtant très critiquée au départ, a fini par porter ses fruits. L’automobile se porte bien, le bâtiment aussi. Et quand le bâtiment va, comme dit le proverbe, tout va. Ou du moins tout va mieux : surtout la croissance qui risque bien de voisiner, cette année, les  %. Tout cela suffit-il à faire de la France un pays heureux et tranquille ? Sûrement pas. On pourrait même soutenir le contraire. Souvent, c’est au moment où la croissance repart à la hausse que les revendicat­ions suivent le même chemin : pourquoi vouloir changer les choses au moment où, justement, la conjonctur­e devient meilleure ? Pourquoi l’État devrait-il faire des économies au moment où ses finances vont mieux ? Anticipant ces interrogat­ions, le ministre des Finances, Bruno Le Maire a tweeté hier : « Oui, le France redémarre, c’est le moment de faire la transforma­tion économique du pays. » Il faudra en convaincre les Français. Par pédagogie plutôt que par ordonnance­s.

« La chance, qui ne l’a pas quitté depuis un an, semble suivre Emmanuel Macron. Car, les chiffres le confirment, l’économie française retrouve en fin d’été une nouvelle dynamique. »

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