Une digue im­mer­gée pour pro­té­ger le tom­bo­lo ouest Hyères

Après plu­sieurs études non sui­vies d’ef­fet, un co­mi­té de pi­lo­tage est en passe de va­li­der le pro­jet de digue sous-ma­rine afin de ré­duire l’im­pact à la côte de la houle. Tra­vaux es­pé­rés en 2020

Var-Matin (Brignoles / Le Luc / Saint-Maximin) - - Métropole Toulonnaise - SYL­VAIN MOUHOT

Le tom­bo­lo ouest de la pres­qu’île, fra­gile bras de terre qui sé­pare le golfe de Giens du Sa­lin des Pes­quiers sur 4 km, est en sur­sis. L’élé­va­tion du ni­veau des océans, même si elle est moins mar­quée en Mé­di­ter­ra­née, rend pré­vi­sible sa sub­mer­sion to­tale ou par­tielle d’ici une cen­taine d’an­nées. Chaque hi­ver, les coups de mer érodent un peu plus, dans sa par­tie cen­trale, ce cor­don du­naire qui culmine à 2 m d’al­ti­tude quand le ma­rais, lui, est si­tué sous le ni­veau de la mer. Les en­sa­ble­ments de pro­tec­tion de la route du Sel sont voués à être mille fois re­com­men­cés, ce qui gé­nère des dé­penses par di­zaines de mil­liers d’eu­ros chaque an­née. Une si­tua­tion in­sup­por­table pour les usa­gers contri­buables, mais aus­si pour la mu­ni­ci­pa­li­té d’Hyères qui a dé­ci­dé de prendre le tau­reau par les cornes. Le co­mi­té de pi­lo­tage, au­quel sont as­so­ciés la Dreal (1) et trois co­mi­tés d’in­té­rêt lo­cal, doit dé­ci­der cet au­tomne du mode de dé­fense du tom­bo­lo (lire ci-des­sous).

Un ap­port in­suf­fi­sant de sé­di­ments

Le dé­clen­cheur de l’éro­sion est connu : l’ex­trac­tion de sable au dé­but du XXe siècle pour consti­tuer les digues et ou­vrages du port de Tou­lon. « Ces mil­lions de tonnes de sé­di­ments ont en­traî­né une si­tua­tion de dé­fi­cit ag­gra­vée du fait que le tom­bo­lo n’est plus ali­men­té par des sé­di­ments », ex­pli­quait Ri­chard Ba­ré­ty, char­gé de mis­sion du Conser­va­toire du lit­to­ral, dans un pré­cé­dent ar­ticle. Le phé­no­mène d’éro­sion s’est ac­cen­tué de­puis la construc­tion de la route du sel. « On sait tous au­jourd’hui qu’un cor­don de sable a une cer­taine ré­sis­tance à par­tir du mo­ment où il peut re­cu­ler, flé­chir, bou­ger face à la houle à aux vagues, re­prend M. Ba­ré­ty. La route créée en 1969 a fait en sorte de cor­se­ter le tom­bo­lo, de le fi­ger sur un po­si­tion­ne­ment. Très ra­pi­de­ment s’en sont en­sui­vis des phé­no­mènes d’éro­sion ». Les­quels ont ce­pen­dant pu être contrés par la ges­tion souple du cor­don du­naire, à base de ca­siers de ga­ni­velles, sur la plu­part du li­néaire du tom­bo­lo. Reste que pour pro­té­ger le cor­don et la route du Sel, l’heure est ve­nue de faire un choix d’in­ves­tis­se­ment. Du point de vue de l’ac­ti­vi­té hu­maine éga­le­ment, la route de Giens ne peut de­ve­nir la seule voie d’ac­cès à la pres­qu’île. Fut-ce à l’aune d’une cen­taine d’an­nées. 1. Di­rec­tion ré­gio­nale de l’en­vi­ron­ne­ment, de l’amé­na­ge­ment et du lo­ge­ment.

(Pho­to Laurent Martinat)

La fu­ture digue se­ra im­mer­gée pa­ral­lè­le­ment à la côte, entre le nord et la par­tie cen­trale du tom­bo­lo, où l’hy­dro­dy­na­misme est le plus fort (en bas sur la pho­to).

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