Il faut se rendre à l’évi­dence

Au ni­veau où il évo­lue au­jourd’hui, le RCT n’est plus in­vi­té par­mi les grands du rug­by eu­ro­péen. Il doit, pour l’ins­tant, faire le deuil de sa gran­deur pas­sée et se concen­trer sur le main­tien

Var-Matin (Brignoles / Le Luc / Saint-Maximin) - - Sports - PHI­LIPPE BERSIA

Les matches se suivent et se res­semblent. Ils confirment que Tou­lon n’est pas en­core ca­pable de jouer dans la cour des grands. Après Tou­louse en mode rou­leau com­pres­seur, le Ra­cing 92 et Edim­bourg ont sur­clas­sé le RCT tech­ni­que­ment et l’ont clai­re­ment pris de vi­tesse. Au point qu’on a eu à plu­sieurs re­prises l’im­pres­sion que les Va­rois évo­luaient dé­sor­mais très loin du haut ni­veau... Après ce nou­vel échec à Mayol, les voi­là tou­jours au point mort. Plom­bés par un bi­lan eu­ro­péen fa­mé­lique là où ils es­pé­raient re­trou­ver un peu de fraî­cheur et d’en­thou­siasme. Tou­jours in­ca­pables d’en­clen­cher une dy­na­mique qui les ai­de­rait à re­mon­ter bien­tôt la pente du Top 14.

Pro­fon­deur, vi­tesse

Pro­fon­deur, vi­tesse, sa­me­di soir, les at­taques tran­chantes des Ecos­sais ont mis en évi­dence les la­cunes dé­fen­sives tou­lon­naises mais aus­si un manque criard d’ins­pi­ra­tion of­fen­sive. Certes, le RCT peut par­ve­nir de ma­nière ex­cep­tion­nelle à tou­cher ses ailes, ce que Pa­trice Col­la­zo a évi­dem­ment sou­hai­té mettre en avant pour main­te­nir un mi­ni­mum de confiance, mais son faible taux de réus­site et sa fé­bri­li­té ré­cur­rente ne lui per­met pas en­core de ga­gner contre les meilleurs clubs eu­ro­péens. Edim­bourg dé­montre de match en match s’ap­pro­cher du go­tha. Et il n’y a au­cune honte à avoir bais­sé pa­villon face à cette équipe en pleine confiance. Mais il y a sans doute quelques le­çons à en ti­rer... Mou­rad Boud­jel­lal a dé­gai­né le pre­mier « Ré­su­mé du match, il faut pas­ser de Hulk à Flash, j’ai com­pris tant pis pour mes co­mics… » a twee­té le pré­sident. Tra­duire, il faut dé­sor­mais se tour­ner vers des joueurs plus ra­pides plu­tôt que des joueurs bo­dy­buil­dés. Pour­quoi pas ! Pa­trice Col­la­zo ne jure d’ailleurs que par des trois­quarts de moins de 90 kg. Mais quid alors de Ma­thieu Bas­ta­reaud ? Im­pos­sible à notre avis de se pas­ser de Su­per Ma­thieu. Et l’ex­pli­ca­tion de tous les pro­blèmes tou­lon­nais ré­su­mée par cette ré­flexion à chaud pa­raît quand même un peu courte. « C’est men­tal » es­time de son cô­té le ca­pi­taine de l’équipe de France pen­dant que Pa­trice Col­la­zo évoque plu­tôt un pro­blème d’ordre col­lec­tif. Ef­fec­ti­ve­ment, à quelques ex­cep­tions près, cha­cun semble don­ner tout ce qu’il peut don­ner, mais cha­cun le fait sou­vent dans son coin et per­sonne ne semble avoir vrai­ment pris le lea­der­ship dans ce groupe trop sou­vent épar­pillé. Pour être tout à fait hon­nête, il faut aus­si pré­ci­ser que les jeunes, en­core en plein ap­pren­tis­sage, ne lui per­mettent pas non plus d’évo­luer en toute sé­ré­ni­té. Loin de nous l’idée de les ac­ca­bler bien sûr. Comme n’a pas man­qué de le pré­ci­ser Ma­thieu Bas­ta­reaud, « ce n’est pas à eux de sau­ver l’équipe ». Mais il faut voir les choses telles qu’elles sont vrai­ment. Cer­tai­ne­ment gages d’un meilleur ave­nir, les jeunes ne sont pas des as­su­rances tous risques pour le pré­sent...

Der­nière ren­contre casse-gueule

« Je pré­fère tra­vailler pour l’ave­nir en fai­sant jouer les jeunes plu­tôt que de prendre un mec qui n’ap­porte pas de réelle plus-va­lue » ré­pète à l’en­vi Pa­trice Col­la­zo. Certes, sa po­si­tion est louable, mais gare à ne pas ou­blier le pré­sent et ses exi­gences im­mé­diates non plus... Et l’on ne parle pas là d’une der­nière ren­contre casse-gueule à New­castle où il va bien fal­loir al­ler jouer, mais bien des ren­dez-vous cru­ciaux qui at­ten­dant le RCT en Top 14. Entre le be­soin de se ras­su­rer un peu et de se prou­ver des choses et la né­ces­si­té de pré­ser­ver des forces vives pour la suite, l’ar­bi­trage pour New­castle s’an­nonce d’au­tant plus dé­li­cat que l’ef­fec­tif tou­lon­nais est très li­mi­té. À l’image hé­las de ses ré­centes pres­ta­tions où il a en­core man­qué un peu, beau­coup, de tout, par­tout ! Mais n’estce pas fi­na­le­ment nor­mal en pleine sai­son de tran­si­tion ?

(Pho­to Frank Mul­ler)

À l’image de Ma­thieu Bas­ta­reaud , les Tou­lon­nais ont pris un nou­veau coup sur la tête. Ils doivent main­te­nant très vite se la re­mettre à l’en­droit pour sau­ver ce qu’il reste de leur sai­son.

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