N. Hu­lot en am­bas­sa­deur du gou­ver­ne­ment

Le mi­nistre de la Tran­si­tion éco­lo­gique et so­li­daire a ten­té hier d’ex­pli­quer la po­li­tique du gou­ver­ne­ment sur le loup, l’agri­cul­ture, la ges­tion des dé­chets ou en­core la ré­forme de la SNCF

Var-Matin (Fréjus / Saint-Raphaël) - - La Une -

Ni­co­las Hu­lot a par­ti­ci­pé hier dans le Var aux Ren­contres du gou­ver­ne­ment. Un exer­cice que tous les mi­nistres et se­cré­taires d’État – à quelques rares ex­cep­tions – de­vaient ac­com­plir et même réus­sir, alors que la France est plon­gée dans un cli­mat de contes­ta­tion so­ciale. Le mi­nistre de la Tran­si­tion éco­lo­gique et so­li­daire sa­vait que le pu­blic l’at­ten­dait sur la pol­lu­tion de l’air, la ré­forme de la SNCF, les dif­fi­cul­tés des agri­cul­teurs et des éle­veurs, la co­ha­bi­ta­tion avec le loup, les tor­tues d’Her­mann… «Si cer­tains pro­blèmes n’ont pas été ré­glés de­puis des an­nées, le but de ce dia­logue est de faire re­mon­ter les choses», a-t-il pré­ci­sé, avant de lais­ser les mi­cros cir­cu­ler dans le pu­blic qui n’a pas rem­pli toute la salle. Plu­sieurs per­sonnes qui avaient de­man­dé une in­vi­ta­tion ne sont pas ve­nues, se­lon la pré­fec­ture.

Ba­lan­çan : « Non à sa pro­lon­ga­tion ! »

« Ai­mez-vous les agri­cul­teurs ? » l’in­ter­roge, un brin pro­vo­ca­teur, Max Bauer, pré­sident de la Co­or­di­na­tion ru­rale du Var et de Paca, évoquant le pro­blème du loup et de la Po­li­tique agri­cole com­mune (Pac) qui en­traîne une concur­rence dé­loyale. « Oui, j’aime les agri­cul­teurs, a ré­pon­du le mi­nistre, mais si on vous payait pour pro­té­ger la bio­di­ver­si­té ! En 2050, entre 40 et 50 % du vi­vant peut avoir dis­pa­ru de la pla­nète : les singes, mais éga­le­ment cette bio­di­ver­si­té que vous avez sous les pieds. C’est un en­jeu uni­ver­sel. » La pré­ser­va­tion de la bio­di­ver­si­té est aus­si un en­jeu de la po­li­tique de Ni­co­las Hu­lot. Il pré­sente au­jourd’hui à Mar­seille « sa stra­té­gie de mo­bi­li­sa­tion » en la ma­tière. Il se donne jus­qu’à l’été pour éva­luer s’il peut réus­sir ou pas, si on lui en donne les moyens et s’il reste au gou­ver­ne­ment. Le pré­sident de la com­mu­nau­té d’ag­glo­mé­ra­tion dra­cé­noise, Oli­vier Au­di­bertT­roin, a fait part de l’in­quié­tude de cer­taines col­lec­ti­vi­tés à pro­pos de la fermeture du site d’en­fouis­se­ment des or­dures mé­na­gères du Ba­lan­çan au Can­net-des-Maures, d’ici quelques mois, et du coût fi­nan­cier et éco­lo­gique qu’elle en­gen­dre­ra pour leur trans­port très loin du dé­par­te­ment. «Je ne suis pas très à l’aise sur ce su­jet. Il n’y a pas grand­chose qui a été fait pour trou­ver une so­lu­tion de­puis des an­nées, on a lais­sé faire les choses, a consta­té Ni­co­las Hu­lot. Le tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif a de­man­dé la fermeture du site. Ici, on sou­hai­te­rait une pro­lon­ga­tion, qui obli­ge­rait à cer­taines ha­bi­le­tés ju­ri­diques, et je n’aime pas ça. » Pour le mi­nistre, la so­lu­tion est ailleurs : « Il faut tra­vailler sur l’amont, les fi­lières, s’at­ta­quer aux vo­lumes et à la va­lo­ri­sa­tion des dé­chets.» Ila conclu : «Je ne suis pas fa­vo­rable à la pro­lon­ga­tion de ce site », sous les ap­plau­dis­se­ments d’une grande par­tie du pu­blic.

Le couac avec Ma­zaugues

Le mi­nistre a eu plus de mal à ap­por­ter une ré­ponse au maire de Ma­zaugues, De­nis La­vi­gogne, contre la car­rière de gra­nu­lats qui veut s’ins­tal­ler sur sa com­mune, me­na­çant une ré­serve d’eau

stra­té­gique pour le Var. La mu­ni­ci­pa­li­té et la Con­fé­dé­ra­tion En­vi­ron­ne­ment Mé­di­ter­ra­née viennent de perdre en ap­pel. Ap­pel fait par le mi­nis­tère de l’Eco­lo­gie et le car­rier, ex­plique un Va­rois. « Je vais voir ce que l’on peut faire à ce stade du dos­sier »a ré­pon­du Ni­co­las Hu­lot, pro­vo­quant la ré­ac­tion im­mé­diate de la dé­pu­tée LREM de la 6è cir­cons­crip­tion, Va­lé­rie-Go­mez Bas­sac : « Je suis fière d’être de la ma­jo­ri­té, mais j’ai trans­mis le dos­sier à vos ser­vices il y a huit mois et j’ai vu vos conseillers il y a quinze jours», lâche-t-elle, quelque peu aga­cée, évoquant aus­si les dé­charges sauvages no­tam­ment au Castellet, ou l’usine d’en­ro­bés à Signes. Deux dos­siers sus­ci­tant de fortes pro­tes­ta­tions. Le mi­nistre n’a pu que ré­pondre qu’il al­lait re­gar­der, dès mar­di, le dos­sier de cette car­rière de Ma­zaugues. De nom­breuses per­sonnes sont re­par­ties frus­trées de ne pas avoir pu po­ser leurs ques­tions, no­tam­ment sur la qua­li­té de l’air. Deux heures après son ar­ri­vée, Ni­co­las Hu­lot avait ex­pé­dié son de­voir mi­nis­té­riel.

« J’ai une vi­sion que je n’ar­rive pas tou­jours à par­ta­ger » a confié Ni­co­las Hu­lot en fai­sant al­lu­sion à ses col­lègues du gou­ver­ne­ment.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.