Var-Matin (Fréjus / Saint-Raphaël)

Griezmann, grise mine

Les Bleus font d’habitude son « bonheur », mais pas cette fois. Demain contre la Croatie, Antoine Griezmann espère effacer l’amertume d’une reprise ratée samedi en Suède

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C’est le revers de la médaille pour le champion du monde : indispensa­ble aux yeux de Didier Deschamps, qui l’a aligné pour la 36e fois d’affilée, l’attaquant de 29 ans enchaîne les matches plus que tout autre et, forcément, ça coince parfois. En Suède samedi, le chef d’orchestre des lignes offensives est allé crescendo, mais sans panache ni inspiratio­n, et sa partition finale s’est close sur un penalty manqué dans le temps additionne­l, son troisième échec d’affilée dans cet exercice en sélection. Difficile de ne pas y voir les signes d’une crise de confiance pour « Grizou » qui sort d’une première saison compliquée avec Barcelone : pas toujours titulaire, rarement trouvé par Lionel Messi et sonné par le naufrage 8-2 en Ligue des champions contre le Bayern. « Lui comme d’autres, quand la situation est moins bonne en club ça fait du bien d’être en équipe de France » ,son « bonheur » permanent, avait souligné Deschamps à la veille d’affronter la Suède.

Capitaine Lloris à la rescousse

La parenthèse bleue n’a pour l’heure pas apporté tout le réconfort souhaité au maître à jouer des Bleus, impérial lors du match précédent contre l’Albanie (2-0) en novembre 2019, dans un système taillé sur mesure pour lui.

« Ce n’est pas la même période. On peut regarder tous les joueurs offensifs : pour faire la différence ils ont besoin de peps », a relevé le sélectionn­eur après la courte victoire en Suède. « Lui aussi fait partie de ces joueurs qui ont coupé depuis un peu plus de 15 jours. Il faut remettre la machine en route ».

En bons camarades, le capitaine Hugo Lloris et le défenseur Léo Dubois ont aussi pris la défense du soldat

Griezmann.

« Je n’ai pas envie de dire ‘’en difficulté’’, il a fait le travail, il a été au service de l’équipe », a remarqué le gardien. Pas question de « s’arrêter sur les penalties loupés, parce qu’Antoine en a mis des bien plus importants pour l’équipe de France, c’est ça qu’il faut retenir », a prolongé Dubois.

« Force de caractère »

« Tout le monde sait, nous les attaquants les premiers, qu’il y a des périodes où il faut faire le dos rond, se réfugier dans le travail, mais je ne suis pas inquiet pour lui car il a la force de caractère pour marquer à nouveau des ‘’pénos’’ et ces frappes dont il a le secret assez rapidement », s’est avancé Olivier Giroud.

A propos du troisième penalty d’affilée manqué, après ceux contre l’Albanie et Andorre en septembre 2019, l’attaquant de Chelsea reconnaît qu’il faut que Griezmann «reprenne confiance » dans l’exercice, où il n’excelle pas forcément (9 ratés sur 26 tentés dans sa carrière).

« Des fois tu tires sans regarder ça va au fond, et d’autres fois, t’as l’impression que la cage est un peu plus petite » ,anoté

Giroud, qui avait parfaiteme­nt assuré l’intérim à l’automne dernier en réussissan­t deux penalties en Bleu. Deschamps fera en sorte que la malédictio­n se brise le plus vite possible. « A partir du moment où il se sent et qu’il a envie de les tirer, il les tirera. Le problème, c’est qu’il ne se retrouve plus dans cette situation en club, parce qu’il ne les tire pas », a affirmé le sélectionn­eur dans l’émission Téléfoot hier.

Il ne risque pas d’en tirer beaucoup plus en club cette saison, Messi ayant décidé de rester au Barça... Quoi de mieux que la Croatie pour briser le sort, deux ans après son penalty réussi en finale de Coupe du monde ? S’il devait marquer, Griezmann entrerait dans le top-5 des meilleurs buteurs de l’histoire des Bleus, à hauteur de la légende Zinédine Zidane et ses 31 unités.

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(Photo Epa/Maxppp) Grizou hier avec Didier Deschamps au Stade de France lors de la séance d’entraîneme­nt avec les Bleus.

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