Var-Matin (Fréjus / Saint-Raphaël)

L’Ukraine officielle­ment candidate à l’entrée dans l’UE

Réunis en sommet à Bruxelles, les 27 ont donné leur feu vert hier en début de soirée. C’est aussi le cas pour la Moldavie, potentiell­ement menacée par Moscou. Les pays des Balkans en colère

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C’était attendu, c’est fait. Les dirigeants des Vingt-Sept ont reconnu à l’Ukraine et à la Moldavie le statut de candidat à l’Union européenne, a annoncé hier soir le président du Conseil européen Charles Michel. Emmanuel Macron, présent sur place, a estimé qu’il s’agissait d’un « signal très fort vis-à-vis de la Russie ».

Cette décision aussitôt saluée par Kiev, prise lors d’un sommet des chefs d’État et de gouverneme­nt des pays de l’UE à Bruxelles, marque le début d’un processus long et complexe en vue d’une adhésion. Cette journée « marque une étape cruciale sur votre chemin vers l’UE », a déclaré Charles Michel, félicitant le président ukrainien Volodymyr Zelensky et la présidente moldave Maïa Sandu, ainsi que leurs peuples. « Nous avons un avenir ensemble » , at-il dit, en tweetant également dans les langues de ces pays.

De nombres étapes encore à franchir

La Géorgie, qui aspire également à rejoindre l’UE, devra encore faire des réformes pour obtenir ce statut. Les Vingt-Sept lui ont néanmoins reconnu la « perspectiv­e » de rejoindre un jour l’Union. « L’avenir de la Géorgie est au sein de l’UE », a affirmé Charles Michel. L’Ukraine, la Moldavie et la Géorgie avaient déposé leur candidatur­e peu après le déclenchem­ent de la guerre menée par Moscou en Ukraine. Jamais l’UE n’a été aussi prompte à accorder ce statut, nouvelle illustrati­on de sa solidarité envers Kiev et Chisinau.

Plusieurs représenta­nts des États membres ont néanmoins averti que les Ukrainiens ne devaient «passe faire d’illusions » sur une adhésion rapide. Emmanuel Macron avait estimé en mai qu’une adhésion de Kiev prendrait « des décennies ».

La Commission doit faire un premier bilan à la fin de l’année sur les réformes demandées aux deux pays, qui concernent notamment la lutte contre la corruption et l’indépendan­ce de la justice.

La prochaine étape, l’ouverture de négociatio­ns officielle­s, nécessiter­a à nouveau l’unanimité des VingtSept.

Ces négociatio­ns ne sont toujours pas ouvertes pour la Macédoine du Nord et l’Albanie, candidates respective­ment depuis 2005 et 2014. Les pays des Balkans occidentau­x ont d’ailleurs exprimé hier leur frustratio­n sur la lenteur de leur processus d’adhésion (lire ci-contre).

Bloqués depuis des années dans l’antichambr­e européenne, plusieurs dirigeants des pays des Balkans occidentau­x candidats à l’adhésion ont dit hier leur

« mécontente­ment ». « Nous n’avons rien obtenu », a résumé sèchement le président serbe Aleksandar Vucic lors d’une conférence de presse commune à Bruxelles avec ses homologues albanais et macédonien.

Le veto opposé par la Bulgarie à l’ouverture des négociatio­ns d’adhésion avec la Macédoine du Nord pour cause de contentieu­x historique­s a ulcéré les dirigeants des Balkans. Car cela bloque aussi les négociatio­ns avec l’Albanie, dont la candidatur­e est liée à celle de la Macédoine du Nord. Le Premier ministre albanais, Edi Rama, a dénoncé le fait que les autres membres de l’UE « restent assis et offrent un spectacle effrayant d’impuissanc­e ». La Macédoine du Nord est candidate depuis 2005, le Monténégro depuis 2010, la Serbie depuis 2012 et l’Albanie depuis 2014. La BosnieHerz­égovine et le Kosovo ne sont encore que « candidats potentiels ».

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(Photo AFP) Emmanuel Macron (ici hier soir aux côtés de Charles Michel et Ursula von der Leyen) s’est félicité d’un « signal très fort vis-à-vis de la Russie ».

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