Var-Matin (Grand Toulon)

Galthié décrypte le jeu des Scarlets

À la veille de ce premier rendez-vous européen, Fabien Galthié dresse un portrait flatteur des Scarlets, une équipe très joueuse dont il faut vraiment se méfier

- PHILIPPE BERSIA

Que ce soit avec Colomiers en finale 1999 (perdue contre l’Ulster) ou avec le Stade Français en 2004 (défaite en finale face à Toulouse), Fabien Galthié n’a jamais gagné la coupe d’Europe. Mais il n’est pas trop tard pour le faire... Son meilleur souvenir malgré ces deux finales perdues n’est-il pas déjà un peu associé au RCT ? « C’était une demi-finale au Parc des Princes où Christophe Dominici avait marqué un essai qui nous donnait la victoire face à Biarritz dans les arrêts de jeu » se souvient très bien le nouveau patron du RCT.

Un objectif évident

Mais n’allez pas lui demander de se projeter plus loin dans la saison, même si la coupe d’Europe est un objectif évident pour Mourad Boudjellal : « Les compétitio­ns viennent les unes après les autres. Depuis 16 semaines, on essaie d’avancer jour après jour... Mon seul objectif aujourd’hui est de bien préparer ce match et d’aligner la meilleure équipe possible. Je ne veux pas voir plus loin. Je ne suis pas un doux rêveur. » Fidèle à ses habitudes, Fabien Galthié a logiquemen­t refusé d’extrapoler au-delà du match de dimanche. Tout juste concède-t-il l’importance de ce premier rendez-vous à Mayol dans une compétitio­n où la moindre faute à domicile peut s’avérer rédhibitoi­re pour la suite : « Plutôt que d’évoquer la pression de ce match comme vous me le demandez, je préfère qu’on prenne conscience qu’on a un rendez-vous de haut niveau contre une équipe qui a gagné le Pro 12 l’an dernier, qui est sur une série de cinq victoires en six matches et qui est quasiment constituée de la moitié du pays de Galles. Dimanche, Mayol sera plein, et je préfère voir ce match comme un rendez-vous à la fois collectif et individuel. On a rendez-vous avec nousmêmes et rendez-vous avec le peuple toulonnais. » L’échec étant quasiment interdit, le moment s’annonce quand même très délicat à négocier, ce dont convient facilement Fabien Galthié qui ne cache pas son respect et presque son admiration pour le champion en titre de Pro 12 : « C’est simple, les Scarlets évoluent à 100-110 mètres par minute, (contre 60 mètres par minute en moyenne dans le Top 14, Ndlr). Ce qui veut dire qu’ils vont nous amener à un bras de fer physique et qu’on va avoir droit à quatre ou cinq séquences de jeu de trois ou quatre minutes. Ils vont chercher à nous faire imploser et c’est là qu’il faudra être solide. Peu de joueurs sortent du cadre car ils jouent déjà depuis deux ou trois ans ensemble, sont très peu pénalisés (6,5 pénalités par match), et disposent en plus d’un grand buteur. C’est une équipe chirurgica­le qui va garder le ballon sur le terrain » avertit Galthié sans avoir besoin d’en rajouter.

Contrer les feux follets écarlates

Faut-il pour autant imaginer le pire demain à Mayol ? Quand même pas, même si pour contrer les feux follets écarlates, le coach aurait aimé pouvoir bénéficier d’un peu plus de puissance devant (lire cidessous) pour mieux les fixer : « Pour notre part, on ne travaille que depuis 16 semaines. On est forcément en retard sur eux. Pour éviter de subir leur vitesse, il va falloir être fort sur les phases statiques pour les épuiser sur les mêlées, les mauls, gérer la vitesse de jeu quand on peut. » Même privés de quelques joueurs majeurs dont l’impression­nant numéro 8, John Barclay, les nouveaux potes de Leigh Halfpenny se présentero­nt à Mayol avec de sérieux arguments. Ils ne seront du reste pas en terre inconnue puisque par deux fois déjà ils ont échoué au port dans le cadre de la coupe d’Europe. Mais ceux qui se souviennen­t de leurs prestation­s à Mayol, déjà très généreuses et débridées, savent combien ils seront sans doute dangereux de la première à la 80e minute de jeu...

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 ?? (Photos L. Martinat) ?? Fabien Galthié a bien préparé son affaire. Mais il se méfie particuliè­rement de cette équipe bien en place et aussi joueuse qu’ambitieuse.
(Photos L. Martinat) Fabien Galthié a bien préparé son affaire. Mais il se méfie particuliè­rement de cette équipe bien en place et aussi joueuse qu’ambitieuse.

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