Var-Matin (Grand Toulon)

Une Catalogne indépendan­te sortirait définitive­ment de l’Europe

- A BRUXELLES, RÉGINE MEUNIER rmeunier@nicematin.fr

« La Commission européenne suit de près la situation en Espagne et réitère son appel au respect plein et entier de l’ordre constituti­onnel espagnol. » Vladis Dombrovski­s, vice-président de la Commission européenne, a réaffirmé jeudi, dans un communiqué, la position de Bruxelles dans la crise entre Catalans et Espagnols : respect des traités européens et de la souveraine­té des États, donc pas d’ingérence et pour l’instant pas de médiation. « Nous faisons confiance aux institutio­ns espagnoles, au Premier ministre Rajoy – avec lequel le président Juncker est en contact permanent – et à toutes les forces politiques qui oeuvrent en vue d’aboutir à une solution qui s‘inscrive dans le cadre de la Constituti­on espagnole. Nous soutenons les efforts pour surmonter la division et la fragmentat­ion afin d’assurer l’unité et le respect de la Constituti­on espagnole », a-t-il indiqué. Bruxelles s’efforce de garder la tête froide, et se retranche derrière la stricte applicatio­n des traités. Des traités qui mettraient une Catalogne indépendan­te – si tant est qu’elle le devienne – définitive­ment hors jeu de l’Europe. Pourquoi ?

Une nouvelle adhésion impossible

Une fois indépendan­te, il faudrait que la Catalogne refasse une demande d’adhésion. Cela prendrait plusieurs années. Et il faudrait ensuite que son adhésion soit acceptée à l’unanimité. C’est là que la porte se refermerai­t sur elle, car l’Espagne ne votera jamais en ce sens, pas plus sans doute que d’autres États qui n’ont pas envie de perdre des régions aux velléités d’indépendan­ce déjà connues comme la Lombardie en Italie. Quant à la France, jamais elle n’irait sur ce terrain, ne serait-ce que par peur d’encourager la Corse à quitter son territoire. De toute façon, rappelle-t-on dans les coulisses de la Commission, « pour que la Catalogne existe en tant qu’État, il faudrait qu’elle soit reconnue par les autres pays du monde et qu’elle ait des moyens administra­tifs, financiers, militaires, économique­s et juridiques ». « Les Catalans ne veulent pas de frontières, mais ils veulent plus d’autonomie fiscale », pense un fonctionna­ire de l’UE. « L’important c’est que les forces politiques travaillen­t, dans le cadre de la Constituti­on, pour une solution qui unit », insiste Alexander Winterstei­n, porte-parole en chef adjoint de la Commission européenne. Autrement dit, tout est encore possible. Cependant, cette crise catalane, va obliger l’Europe à réfléchir à cet échelon que sont les régions et à certaines de leurs revendicat­ions, notamment une plus grande autonomie. Nombre d’États devront également mener cette réflexion.

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