Var-Matin (Grand Toulon)

Vingt-trois, voilà Jordan

En constante progressio­n depuis cet été, Jordan Tolbert s’estime prêt à affronter les intérieurs francilien­s. Boris Diaw en tête, un joueur qu’il admire mais qu’il ne veut pas laisser dicter sa loi

- GUILLAUME RATHELOT

Jordan. Pas facile d’être basketteur quand son prénom a été donné en hommage au plus grand joueur de tous les temps. Et quand on porte son numéro 23. Mais l’intérieur de Hyères-Toulon, Jordan Tolbert, préfère en sourire. Le 23 ? C’est davantage un porte-bonheur qui lui rappelle ses années universita­ires, sous les couleurs de Texas Tech puis de SMU. Où il avait notamment établi un record à... 23 rebonds. Depuis cette époque-là, l’Américain a gardé un petit rituel de préparatio­n : il « visualise » chaque match dans sa tête, la veille, chez lui, une serviette sur la tête. Et au moment où le HTV affronte Levallois (ce soir, 19 h 30), Jordan Tolbert a dû avoir quelques visions de Boris Diaw...

« Ne pas laisser Boris dicter son jeu »

« J’essaie de ne pas me focaliser que sur lui, sourit-il. J’ai beaucoup de respect pour lui et j’espère apprendre un peu de lui. Boris n’a vraiment rien à prouver, ce sera sympa de jouer contre lui. C’est un bon passeur, il fait plus de 2 m et peut jouer meneur. Il peut tout faire. Décrocher une victoire contre un joueur et une équipe comme ça, ça montrerait à tout le monde qu’on peut jouer les premiers rôles dans ce championna­t. » Le voilà en tout cas face à un défi de taille, lui qui entame sa deuxième année de basket profession­nel. « Mon challenge, c’est de contrôler le cercle et la pénétratio­n des adversaire­s, explique le Texan. Il ne faut pas laisser Boris dicter le jeu. Car avec sa lecture, il peut battre n’importe quelle équipe en Europe ! » Avec sa dimension athlétique, Tolbert « aura un rôle important dans le match de ce soir », confirme son entraîneur, Manu Schmitt, qui en a fait son pivot titulaire depuis la reprise de la Pro A (13,8 d’évaluation après quatre journées).

« Tant que je peux sortir du lot... »

Lui se considère plutôt comme un ailier fort. « J’adorerais jouer au poste 4, mais je savais que le coach me voulait en 5, confie ce fan de LeBron James. Après, peu importe tant que je peux dominer et sortir du lot. Ce qui compte, c’est que j’apporte de l’énergie à l’équipe, je l’ai déjà fait par le passé. » L’énergie. Et le rebond. Voilà un autre atout (lire la stat) de cet athlète de 24 ans, « petit » dans la peinture (2,01 m) mais monté sur ressorts. « Je veux vraiment en attraper le plus possible. Mais c’est bizarre... Des fois, je peux utiliser mes qualités athlétique­s, des fois le ballon te tombe juste dessus, analyse-t-il. Mon challenge, c’est d’essayer de lire où il va aller, d’être dans le bon timing. »

Coaché par Larry Brown

Voilà comment Tolbert veut aider ses partenaire­s. Et devenir un autre enfant de Fort Worth (ville du Texas, proche de Dallas) à « laisser un héritage » dans le basket – comme Keith Langford (ex-Milan, Kazan...), chez qui il avait effectué un stage quand il avait 8 ans. Il pourra ainsi rendre fier celui qu’il considère comme un second père : la légende Larry Brown, qui a été son coach en NCAA. « Il pouvait toujours nous comparer à ses joueurs NBA et il était très proche de nous. Encore aujourd’hui, je peux lui parler si j’ai besoin. Cet été, il m’avait conseillé de rejoindre un plus grand championna­t (que la Pro B italienne où il évoluait, Ndlr). » L’adaptation a pris un poil de temps, au point que le staff du HTV s’est posé des questions à son sujet. Mais entre-temps, Tolbert a peutêtre pris conscience de son potentiel. Il a aussi changé de numéro de maillot, passant du 1 au 23...

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(Photos Frank Muller et AFP) Jordan Tolbert aura encore du boulot dans la raquette.

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