Var-Matin (Grand Toulon)

Balade au bout du monde du 7e art à Saint-Tropez

Rencontres avec trois jurés porteurs de trois riches univers au Festival des Antipodes, qui propose gratuiteme­nt jusqu’à dimanche soir un panorama du meilleur en matière de cinéma venu d’ailleurs

- TEXTES : LAURENT AMALRIC PHOTOS : PHILIPPE ARNASSAN

Parisien, Sagamore Stévenin n’en connaît pas moins bien la presqu’île. Ne serait-ce que pour sa relation avec feu Pierre Grimblat, jadis résident ramatuello­is, pour lequel il tourna Lisa... Indirectem­ent un autre personnage lie le fils de Jean-François Stévenin au décor tropézien au sein duquel il prend place cet après-midi-là, juché sur le rooftop de l’Hôtel de Paris…

Étant donné les lieux, impossible de ne pas commencer par Roger Vadim… Oui, c’est un peu Et Vadim… créa Saint-Tropez, non ? (rire) J’ai tourné deux fois sous sa direction (en  et , Ndlr). J’avais - ans… Il était dans la transmissi­on. J’étais impression­né par sa culture, ce mélange de vies, l’époque qu’il représenta­it…

La vôtre au sein de la série Falco est-elle terminée? Oui. J’ai appris beaucoup de choses sauf qu’à un moment donné j’ai estimé que je n’avais plus ma place. Je regrette que la série n’ait pas continué sans moi mais je devais partir pour prendre d’autres risques.

Quel genre de risques ? Écrire et monter mon propre film. Là, je cherche l’oseille ! J’admire le cinéma de Verneuil, Melville… J’imagine un western moderne, un thriller familial… Ça s’appellera La Danse de l’ours en hommage à James Crumley (auteur U.S qui a signé un livre du même nom, Ndlr).

Renfiler la combinaiso­n de Michel Vaillant, mission impossible ? Je suis de la génération Besson (scénariste et producteur du film, Ndlr) qui a mis fin à la Nouvelle Vague et je m’en réjouis, mais là on était typiquemen­t dans le film qui avait le cul entre deux chaises... Un gros budget qui visait à la fois les fans d’une série BD très rétro tout en cassant sa structure pour l’adapter au public d’aujourd’hui. À l’arrivée, on obtient un produit tiède… Ce n’est pas non plus le tournage qui m’a rendu le plus heureux…

Vous avez tourné entre autres Errance avec Benoît Magimel. Ce titre résume-t-il ce qu’il traverse ? Nous étions à la maternelle ensemble... Je ne me permets pas de porter un jugement sur ce qu’il traverse mais je sais que gérer la notoriété peut être compliqué. Passer des extrêmes sollicitat­ions à une solitude extrême… Être sans cesse scruté… Comme dirait Joey Starr : « On peut faire des conneries, il faut juste que ça ne se retrouve pas dans les journaux ! » (sourire). Après, les acteurs ne sont que des êtres humains comme les autres... Même Jeanne Moreau ? Si j’avais un souvenir, ce serait celui de sa main dans ma nuque qui me secoue la tête en me disant «Je suis ta maman chat !» sur le tournage de Lisa. Elle aussi, était dans la transmissi­on.

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Sagamore Stévenin a quitté la série Falco pour tenter de nouvelles aventures.

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