« John­ny m’avait dit : “Si un jour tu vends c’est à moi !” »

Var-Matin (Grand Toulon) - - Golfe De Saint-tropez -

Comment se dé­cide-t-on à se sé­pa­rer d’un bien avec une telle va­leur ajou­tée af­fec­tive ? Shah­la : Mon but était de vendre de­puis . J’ai eu une mau­vaise ex­pé­rience en louant la par­tie res­tau­rant du­rant quelques sai­sons (une pro­cé­dure est tou­jours en cours, Ndlr) et j’ai été échau­dée. J’ai sen­ti que j’ar­ri­vais à la fin d’un cycle. Que ce n’était plus ma place... Dans ces cas-là il ne faut pas se cram­pon­ner.

On ima­gine les can­di­dats à la re­prise nom­breux étant don­né l’as­pect unique des lieux. Qu’est ce qui a gui­dé votre choix ? C’est vrai, l’Epi est une pa­ren­thèse. Nous sommes dé­ca­lés par rap­port à ce que l’on trouve sur la plage de Pam­pe­lonne. Je me sou­viens de John­ny qui du temps de la Lo­ra­da m’avait dit : «Si tu vends un jour, c’est à moi !». On en ri­go­lait à l’époque. Rien n’était dans l’air. Puis, le vent a tour­né et cer­tains voi­sins se sont dé­cla­rés in­té­res­sés dès . Mais soit j’ai re­fu­sé car ces gens ne cor­res­pon­daient pas à ma phi­lo­so­phie, soit c’était trop cher pour eux (le bien a été ex­per­ti­sé à  mil­lions, Ndlr). Comment l’offre McCourt a-t-elle fait la dif­fé­rence ? C’est une vieille fa­mille. Pas bling-bling. L’in­ter­mé­diaire n’est autre que l’avo­cat fi­du­ciaire qui a oeu­vré pour la re­prise de l’OM. Le père et ses deux fils sont ve­nus quelques jours l’été der­nier. Le contact a été ex­cellent et ils ont été conquis par l’his­toire et l’au­then­ti­ci­té des lieux qu’ils veulent gar­der tel quel. La pro­messe de vente a été si­gnée ici en jan­vier et l’acte dé­fi­ni­tif ce  avril. Je pense avoir trou­vé le suc­ces­seur dont je rê­vais avec de vraies va­leurs.

Vont-ils faire de l’Epi une ré­si­dence pri­vée ? Non, non, il est ques­tion qu’il pour­suive l’ac­ti­vi­té avec une ou­ver­ture dès mai pour­vue d’une offre res­tau­rant. Pour le lan­ce­ment, Ha­mil­ton Hô­tel Ser­vice pren­dra les choses en main. Peut-être s’orien­te­ront-ils vers le re­tour à la for­mule club, avec carte de membre, etc.

Quels sont les sou­ve­nirs mar­quants ? Ici c’était l’am­biance co­pains. Quand Ken­zo a sor­ti son pre­mier jeans, il a fait le lan­ce­ment pour la presse mon­diale chez nous en . Je me sou­viens aus­si d’un dî­ner avec Syl­ves­ter Stal­lone. Je m’at­ten­dais à re­ce­voir Ro­cky et je suis tom­bée sur quel­qu’un de très humble... Il y a aus­si eu les tour­nages comme La Vieille qui mar­chait dans la mer avec Jeanne Mo­reau et Mi­chel Ser­rault ou la sé­rie d’émis­sions de Mi­reille Du­mas. Les courses de planches de surf dans la pis­cine, Mi­chel Ber­ger qui jouait sur mon Stein­way en­core quelques jours avant sa mort. Les Bruel, Phi­lippe La­vil, Faye Du­na­way...

Ma­don­na n’a pas lais­sé ce sou­ve­nir im­pé­ris­sable... Elle avait pri­va­ti­sé la plage le temps d’une jour­née après son concert ni­çois de  pour fê­ter ça avec son staff de  per­sonnes. J’ai dû per­sua­der les gens de lais­ser leur chambre pour tout ce pe­tit monde ado­rable. Elle, à l’in­verse était très an­ti­pa­thique, pas sou­riante avec une at­ti­tude de di­va...

Cette vente cor­res­pond à votre an­ni­ver­saire... Oui, j’ai  ans le  avril. Nou­velle vie oblige, je les fê­te­rai en­tou­rée de ceux que j’aime à la Colombe d’Or, à St-Paul de Vence.

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