Tou­lon veut man­ger du Lyon en bar­rage

À 80 mi­nutes d’une nou­velle de­mi-fi­nale, il n’est sur­tout plus ques­tion de ter­gi­ver­ser. Les Rouge et Noir n’ont plus qu’une en­vie : se re­trou­ver sur le pré pour com­mu­nier et ga­gner

Var-Matin (Grand Toulon) - - La Une -

Tout ça pour en être là ! Vingt­six jour­nées de com­bats achar­nés émaillées de grandes souf­frances et for­cé­ment de quelques grosses dés­illu­sions, par­fois de doutes même, mais fi­na­le­ment cou­ron­nées de suf­fi­sam­ment de suc­cès pour as­su­rer le mi­ni­mum tou­lon­nais. Mal­gré le grand cham­bar­de­ment de l’in­ter­sai­son, au ni­veau du staff, de la mé­thode et de l’ef­fec­tif, une fois en­core, les Tou­lon­nais se sont in­vi­tés à la table des phases fi­nales. Et elle se­ra dres­sée dans leur jar­din... Au­tant dire que les agapes du week-end s’an­noncent sous les meilleurs aus­pices du cô­té de Mayol, même si l’ad­ver­saire lyon­nais - et même tou­lyon­nais compte bien les per­tur­ber un peu. Le LOU, qui a ar­ra­ché son in­vi­ta­tion à dis­pu­ter ces bar­rages au terme d’une sai­son dé­sor­mais his­to­rique, n’a certes plus rien à perdre, ce qui le ren­dra d’au­tant plus dan­ge­reux. Mais n’en dé­plaise à tous les grands ob­ser­va­teurs du rug­by fran­çais qui rêvent pour lui d’un ex­ploit, pri­vé de Fearns, Couilloux, Beauxis et De­lon Ar­mi­tage, il se­ra sans doute trop di­mi­nué pour faire vrai­ment le poids face à des Tou­lon­nais sur­mo­ti­vés.

« On a juste en­vie de jouer »

In­ter­ro­gé en conférence de presse, Fa­bien Gal­thié s’est tout à la fois gar­dé de le sous-es­ti­mer mais aus­si d’en faire le pa­né­gy­rique : « Je n’ai pas en­vie d’en ra­jou­ter sur le LOU. On a juste en­vie de jouer, quel que soit l’ad­ver­saire, c’est tout » a ain­si cou­pé, court, le ma­na­ger tou­lon­nais. « Je sens qu’on est tous prêts, On a tous en­vie. Je pense qu’on a tous conscience de l’im­por­tance de ce match. Les pa­roles, les com­men­taires, c’est bien, mais ce qui compte, c’est ce qu’on va don­ner de­main soir (ce soir, Ndlr)... Main­te­nant, il faut pas­ser à l’ac­tion. » Vite tra­duire les bonnes sen­sa­tions de ces der­nières se­maines en points son­nants et tré­bu­chants pour pou­voir se pro­je­ter un peu plus loin. Un peu plus près d’un 5e bou­clier... De­puis le 5 mai qui a si­gni­fié la fin de la sai­son ré­gu­lière, pas un jour n’est pas­sé sans que les Rouge et Noir ne pensent à leur ob­jec­tif : « Je crois que de­puis la fin de la sai­son ré­gu­lière, on a ap­pré­cié chaque jour qui nous ame­nait vers l’échéance. C’est une autre sai­son qui a dé­jà com­men­cé. On re­garde l’ad­ver­saire, on se re­garde, on a conscience de la chance qu’on a de jouer de­vant notre pu­blic, à Tou­lon.Tout ce­la nous ha­bite de­puis trois se­maines, le reste ne compte pas », confirme Gal­thié en mar­te­lant à l’en­vi: « Main­te­nant il faut jouer ! » Rem­pli de confiance et de bonnes sen­sa­tions, le ma­na­ger gé­né­ral a hâte d’y être. Mais il n’en de­meure pas moins pru­dent, dans l’at­tente de voir la tour­nure des évé­ne­ments : « Je pense qu’on a tra­vaillé comme on le sou­hai­tait, on a pla­ni­fié comme on le sou­hai­tait, on va être en­core mieux qu’on ne l’a été au­pa­ra­vant. Mais ce ne sont que des pen­sées. Main­te­nant, il faut jouer... Et l’on sait qu’on n’est à l’abri de rien, c’est pour ça qu’on joue au rug­by et qu’on veut vivre ça...»

« Il faut qu’ils chassent en meute »

Pas de sur­prise dans le quinze de dé­part cô­té tou­lon­nais : « Il y a une forme de lo­gique par rap­port au tra­vail des trois der­nières se­maines et au tra­vail de la sai­son. On n’a pris au­cun risque avec des joueurs qui n’au­raient pas été à 100 %. Même si, dans cette 46e se­maine de tra­vail, on se pré­pare à tout, no­tam­ment à l’aléas qu’on ren­contre sou­vent dans ces matches, ce n’est plus le mo­ment de ter­gi­ver­ser...» Une fois en­core, l’en­tame se­ra pri­mor­diale et il s’agi­ra d’al­ler droit au but pour ébran­ler très vite la foi de la bande à Pier­rot, avant d’es­sayer de l’épar­piller aux quatre coins du ter­rain. Mais si les Va­rois, por­tés par un stade qu’on an­nonce à bloc et en fu­sion, sont aus­si concen­trés et dé­ter­mi­nés qu’ils semblent l’être au­jourd’hui, on ne voit vrai­ment pas ce qui pour­rait contra­rier leur des­tin. Dé­sor­mais en mode phase fi­nale, les Gui­ra­do, Bas­ta­reaud, Ver­meu­len, Ash­ton, No­nu, Tui­so­va et autre Ra­dra­dra piaffent d’im­pa­tience : « Ils me font un peu pen­ser à des fauves, mais il faut qu’ils chassent en meute. C’est ce que je leur ai dit toute la sai­son » rap­pelle Gal­thié, vrai­ment pres­sé d’en­tendre son­ner les cloches de l’en­fer...

(Pho­to Pa­trick Blan­chard)

À la veille de ce match de bar­rage, les Rouge et Noir sont ap­pa­rus par­ti­cu­liè­re­ment concen­trés et dé­ter­mi­nés.

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