DES TRA­VAUX AN­NON­CÉS POUR TAMARIS

Évo­qués de­puis des an­nées, d’im­por­tants tra­vaux ont été pla­ni­fiés par la Métropole TPM sur la su­perbe route du lit­to­ral qui re­lie le centre aux Sa­blettes. Voi­ci ce que l’on sait

Var-Matin (Grand Toulon) - - La Une - MA. D. mda­[email protected]­ce­ma­tin.fr

At­ten­due de­puis des dé­cen­nies, la ré­fec­tion com­plète de la cor­niche qui borde la rade cô­té sey­nois, se­ra lan­cée d’ici deux à trois ans. La Métropole nous dé­voile son plan chif­fré à  mil­lions d’eu­ros.

C’est l’his­toire d’une route qui offre à la fois l’une des plus belles ba­lades de l’aire toulonnais­e et le pire vi­sage d’une voi­rie peu en­tre­te­nue, qui plus est mal­me­née par les coups de mer. La cor­niche de Tamaris, coin qua­li­fié ja­dis par George Sand de « pa­ra­dis ter­restre », est au­jourd’hui dans un état tel qu’on y risque au­tant sa mé­ca­nique en voi­ture que sa vie à vé­lo. Tout le monde le sait, tout le monde s’en plaint mais rien ne se fait. Il sem­ble­rait tou­te­fois que les choses soient en train de bou­ger. Ces der­niers mois, le maire Marc Vuille­mot ré­pète à qui veut l’en­tendre que TPM a pris connais­sance des études réa­li­sées par la Ville en 2013, que des tra­vaux vont être lan­cés et que ce­la va coû­ter cher, très cher. « Il ne faut pas juste re­faire le gou­dron, ex­pose l’édile. Sous la route, avec les lar­gades, c’est du gruyère. Tout doit être re­pris avec, en plus, une voie pour les pié­tons et les vé­los ».

« C’est bud­gé­ti­sé »

Au siège de la Métropole, on confirme que le dos­sier de la ré­fec­tion est sur la table, en haut de la pile même, de­puis que les tra­vaux de la Grande je­tée, sorte de bou­clier pour la cor­niche, ont dé­mar­ré. « C’est bud­gé­ti­sé, as­sure Va­lé­rie Paecht, di­rec­trice gé­né­rale des ser­vices qui connaît bien le pro­blème. Avec la mai­rie de La Seyne, on en est à la phase d’études. Pour que les tra­vaux dé­butent, il faut un peu pa­tien­ter… » Jus­qu’à quand ? Nul be­soin d’être de­vin pour com­prendre que les plans ne se­ront peau­fi­nés qu’après les élec­tions, et qu’une en­quête pu­blique se­ra sans doute né­ces­saire avant de pou­voir lan­cer les mar­chés. Bref, la pre­mière pel­le­teuse ne de­vrait pas faire son ap­pa­ri­tion avant deux ou trois ans. Pa­tience tou­jours, les tra­vaux se dé­rou­le­ront en­suite « par phases », eu égard à la com­plexi­té du chan­tier, à la fré­quen­ta­tion de la chaus­sée et à sa lon­gueur : 4,7 km des Ate­liers mé­ca­niques (cor­niche Gio­van­ni­ni) aux Sa­blettes, en pas­sant par Ba­la­guier (cor­niche Bo­na­parte), le port du Man­teau (cor­niche Mi­chel Pa­cha) et Tamaris (cor­niche Pom­pi­dou). Bref, un chan­tier de plu­sieurs an­nées. Reste la ques­tion cru­ciale : à quoi va res­sem­bler cette fu­ture voie lit­to­rale ? Pour les as­so­cia­tions d’usa­gers du

(1) vé­lo, cet axe doit faire la part belle aux modes de dé­pla­ce­ment doux, tel qu’ils l’ont rap­pe­lé en pri­va­ti­sant l’as­phalte lors de l’opé­ra­tion « Tamaris pour tous » le mois der­nier. Et ils sont nombreux à rê­ver d’un « sens unique pour les voi­tures », lais­sant la place à de larges bandes cy­clables et pié­tonnes.

L’AVAP a dé­jà tout « pré­vu »

Inen­vi­sa­geable pour la conseillèr­e mu­ni­ci­pale (et riveraine) Flo­rence Cy­rul­nik. « Moi, ça fait trente ans que je me bats pour qu’on puisse pé­da­ler en toute sé­cu­ri­té sur la cor­niche, s’énerve celle qui a aus­si pré­si­dé le CIL du sec­teur en 1985. Mais pas n’im­porte com­ment et pas en em­pê­chant les ha­bi­tants de cir­cu­ler. » Et de bran­dir « son » AVAP. L’Aire de mise en va­leur de l’ar­chi­tec­ture et du pa­tri­moine est une ser­vi­tude d’uti­li­té pu­blique va­li­dée sous son im­pul­sion en 2016. Elle pro­tège le pay­sage et s’im­pose à tous les do­cu­ments d’ur­ba­nisme. En clair, au­cun chan­tier d’en­ver­gure ne peut se faire dans le sec­teur sans res­pec­ter ses pres­crip­tions. Et que dit l’AVAP ? Entre autres que les pon­tons doivent être pré­ser­vés voire re­mis en état, les pa­ra­pets re­faits, le mo­bi­lier ur­bain ôté cô­té mer, que la route doit res­ter sur deux voies et les modes doux se par­ta­ger un ac­co­te­ment « cou­leur sable ».« Je se­rais très vi­gi­lante sur le pro­jet… » lâche Flo­rence Cy­rul­nik, avant de rap­pe­ler qu’il y a quelques an­nées, elle avait « rou­lé sur les pieds d’un po­li­cier mu­ni­ci­pal » qui vou­lait l’em­pê­cher de faire du vé­lo sur le trot­toir. TPM est pré­ve­nu ! 1. La Masse cri­tique,TVD,Vé­lo pour tous…

(Pho­tos Va­lé­rie Le Parc)

« Créée » à la fin du XIXe siècle par Mi­chel Pa­cha, la cor­niche de Tamaris est une route qui offre des pa­no­ra­mas im­pre­nables sur les monts tou­lon­nais, la rade, ses pon­tons, ses fermes aqua­coles… en même temps qu’un par­cours du com­bat­tant pour les au­to­mo­bi­listes et les cy­clistes.

La cor­niche de Tamaris fait , km de long des Mouis­sèques aux Sa­blettes.

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